
Si les autorités avaient interdit toute manifestation dans le centre-ville de Rennes, ce samedi 24 octobre 2026, le cortège, qui a d’abord déambulé dans le calme, a fini sa route, place de la République, où des affrontements ont eu lieu.
Après les heurts du 17 octobre, Rennes s’apprêtait à vivre une nouvelle journée sous tension, ce samedi 24 octobre 2026. Si la manifestation s’est déroulée dans le calme et hors du centre-ville, elle s’est terminée par quelques affrontements avec les forces de l’ordre, déployées en nombre.
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1. Un début de manifestation sous la pluie
Le rendez-vous était donné à 14 h, place de Bretagne. Mais sous une pluie battante, ils ne sont que quelques centaines à répondre présents à l’heure annoncée. Les forces de l’ordre, elles, sont en nombre et effectuent de nombreux contrôles alors que toute manifestation dans le centre-ville est interdite. Vous savez par où il faut aller ?
, interroge une manifestante.
Au bout de quelques minutes, le cortège avance vers le mail François-Mitterrand autour de la voiture de Solidaires, seul syndicat à avoir assumé l’organisation de la manifestation. On est à vos côtés
, lance une représentante du syndicat en direction des lycéens.
2. Un cortège qui se remplit, encadré par les forces de l’ordre
Très vite, le cortège grossit et passe devant les terrasses. Dans la foule de manifestants, des drapeaux anarchistes, du NPA, des Ecologistes ou encore de la CGT mais pas de La France insoumise qui n’a pas pris le risque de s’afficher. Malgré la pluie battante, ce sont entre 11 500 – selon la préfecture – et 20 000 personnes – selon les organisateurs – qui défilent sur un parcours atypique.
En raison de l’interdiction du centre-ville, le cortège traverse la Vilaine, passe par Mabilais, la Courrouze puis traverse un quartier résidentiel pour rejoindre la gare. Le tout sous la haute surveillance des forces de l’ordre qui bloquent toutes les rues perpendiculaires pour empêcher les manifestants de s’éparpiller et qui reçoivent en échange de nombreuses insultes.
3. Un blindé qui ouvre la voie aux manifestants
Peu avant 16 h, le cortège arrive place de la gare, censée être le lieu final du défilé. Alors que les forces de l’ordre barrent l’avenue Jean-Janvier, les manifestants montent sur le parvis qui se retrouve vite envahi. Mais surprise, la police choisit alors de reculer pour laisser les manifestants s’engager. Ces derniers atteignent le pont Pasteur où ils sont à nouveau bloqués.
C’est alors qu’un Centaure, un blindé de la gendarmerie mobilisé spécialement pour la journée, arrive sur le quai Zola. Les manifestants le ciblent de projectiles. Les CRS, protégez-nous
, dit le micro du Centaure avant que le véhicule recule, pourchassé par les manifestants, jusqu’à la place de la République.
4. Des affrontements autour de la place de la République
Alors que les autorités voulaient à tout prix préserver le centre-ville, c’est bien place de la République, où les violences avaient explosé le 17 octobre, que la manifestation s’achève. Tandis que les forces de l’ordre sont postées rue d’Orléans pour empêcher l’accès à la mairie, quelques manifestants viennent les défier. S’ensuivent une charge et des lancers de grenades lacrymogènes. À l’aide du canon à eau, les policiers évacuent la place.
Les manifestants restants se réfugient dans les rues alentour, ripostent et érigent une barricade sous les arcades du Palais du commerce. Déjà touchés il y a une semaine, deux commerces de la rue Jules-Simon sont à nouveau dégradés. Des individus s’en prennent également à la voirie pour faire des projectiles.
5. Jeu du chat et de la souris dans le sud de la ville
Décidément très nombreuses, et soutenues par le Centaure, les forces de l’ordre enchaînent les charges dans le centre-ville pour disperser les manifestants. Un petit groupe finit par se reconstituer, esplanade Charles-de-Gaulle puis se rend dans le sud de la ville, érigeant des barricades et effectuant quelques tirs de mortiers.
Lancé à leur poursuite, le dispositif policier s’engage dans les petites rues du quartier Sainte-Thérèse sous le regard interloqué des habitants. Dans la soirée, les forces de l’ordre étaient encore très présentes dans le centre-ville pour éviter tout débordement et alors que l’arrêté anti attroupement était maintenu. Selon la préfecture, 52 personnes ont été interpellées.
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