
Au plus fort de la mobilisation, environ 1 000 personnes se sont rassemblées sur la place de la Résistance, à Quimper (Finistère), samedi 24 octobre 2026, en matinée. Vers 14 h, quelques dizaines de personnes restaient sur place, dans un climat tendu. Les forces de l’ordre tentaient de les disperser avec des gaz lacrymogènes.
Par Camille PINEAU et Hubert MARY
Malgré l’interdiction prononcée par la préfecture, ils étaient plusieurs centaines à se rassembler, samedi 24 octobre 2026, place de la Résistance, à Quimper (Finistère). Vers 10 h, les premiers manifestants rejoignaient le centre-ville, dans le calme. Une heure plus tard, on comptait environ 1 000 personnes regroupées sur la place et l’esplanade de la Sirène, sur le Frugy, un espace non concerné par l’arrêté préfectoral. Je suis en colère et j’ai besoin d’être avec des gens en colère comme moi
, exprime Camille Spinec, Quimpéroise de 35 ans.
Aucun parcours défini à l’avance
Dans la foule, l’interdiction de manifester ne passe pas. Ça n’a aucun sens. Ça va plus envenimer les choses qu’autre chose
, estime Camille, 17 ans, lycéen à Cornouaille. C’est un scandale. Manifester est un droit fondamental. Aujourd’hui, on se retrouve sans personne pour écouter nos revendications
, lance quant à lui, Thomas Roche, originaire du Pays Bigouden.
Rapidement, les policiers ont demandé au groupe de se décaler sur la place de la Sirène, et non plus sur le parking de la Résistance, d’ailleurs toujours occupée par des voitures. Finalement, le cortège s’est mis en marche, sans réelle direction, aucun parcours n’ayant été défini à l’avance. Dans la foule, quelques élus ou anciens élus, comme Marie Lauwers, conseillère municipale La France insoumise, venue à titre personnel
ou encore Daniel Le Bigot, ancien conseiller municipal, Europe Écologie Les Verts (EELV). Je viens parce qu’il y a un vrai malaise social, dit-il. Dans une démocratie, les gens ont le droit de s’exprimer. Ils le feront de toute façon donc il faut les laisser
.
Après un passage sur les quais, au milieu des voitures, puis devant le tribunal, les manifestants ont finalement pris la direction de la place Saint-Corentin, en plein centre-ville. Là, des tensions ont commencé à naître avec les forces de l’ordre, alors que bon nombre de manifestants avaient décidé de quitter le cortège.

Un « climat anxiogène »
Placés rue Kéréon, la rue commerçante de Quimper, les policiers ont lancé des grenades lacrymogènes afin d’empêcher, avec succès, les manifestants de s’y engouffrer. Dans les boutiques aux abords, c’est la deuxième fois en deux semaines qu’une telle situation se produit. Dorothée Le Meur, responsable de la pâtisserie Le Meur, a tout juste eu le temps de fermer ses stores, pour éviter que les gaz n’envahissent trop sa boutique, toujours ouverte. C’est arrivé d’un coup, on ne s’y attendait pas
, assure-t-elle. Pour autant, la commerçante refuse de fermer. Il y a des clients qui doivent venir chercher leur commande
.

Alors qu’une foule clairsemée continuait à défiler vers la place de la Résistance, une ambiance anormalement calme régnait dans les rues de Quimper. Plus loin dans la rue Kéréon, plusieurs commerçants avaient choisi de baisser le rideau ou restaient en alerte. Ce responsable de deux boutiques ne pouvait que le constater : Le climat est anxiogène. Il n’y aura personne aujourd’hui
. Il envisageait de fermer plus tôt, comme la semaine passée.
En début d’après-midi, il restait quelques dizaines de manifestants, dispersés par les forces de l’ordre avec des lacrymogènes. Un petit groupe voulait se rendre à la zone commerciale de Gourvily. Six personnes ont été interpellées.
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