« Désastre écologique en cours » : en Bretagne, associations et élus pressent l’État d’agir sur le barrage de la Rance (OF.fr-25/10/26)

L’usine marémotrice de la Rance a 60 ans. Cette centrale électrique construite en Ille-et-Vilaine a été mise en service en 1966. | DAVID ADEMAS / OUEST-FRANCE

Fin juin 2026, une loi visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité a été promulguée. En Bretagne, associations et élus appellent l’État à l’appliquer au plus vite pour l’usine marémotrice de la Rance. L’objectif ? Protéger l’estuaire. De son côté, EDF, l’exploitant de l’infrastructure, assure agir à la préservation du site naturel.

Par Camille CHABLE et Eva LERAY

La France compte 2 400 installations hydroélectriques. Parmi celles-ci : l’usine marémotrice de la Rance. Installée entre La Richardais et Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), la centrale permet de produire une énergie hydroélectrique 100 % renouvelable. Cette dernière représente 10 % de l’électricité produite en Bretagne, peut-on lire sur le site d’EDF qui exploite l’ouvrage.

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Mais voilà, l’usine, qui fête ses 60 ans en 2026, fonctionne sous un contrat hérité d’une époque où les enjeux environnementaux n’étaient pas pris en compte, dénoncent Rance environnement, le collectif des maires des communes des bords de Rance et la Fédération des associations des usagers des bassins versants Rance-Frémur, dans un communiqué de presse commun.

Envasement massif, altération du fonctionnement naturel de l’estuaire, perturbations de la faune et de la flore… Selon les signataires, les conséquences de cette réglementation, jugée obsolète, sont nombreuses.

« Cette loi rebat les cartes »

Que faire pour y remédier ? Les associations proposent de s’appuyer sur la loi du 29 juin 2026 visant à relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique. En clair, le texte permet d’ouvrir 40 % des capacités hydroélectriques françaises aux entreprises concurrentes d’EDF, explique l’État sur son site. Cette nouvelle législation concerne les 340 principaux barrages hydroélectriques français (exploités majoritairement par EDF).

La nouvelle réglementation implique un changement de statut qui entraîne des obligations environnementales modernes, estiment les auteurs du communiqué de presse. Cette loi rebat les cartes, se réjouit David Boixière, maire de Pleudihen (Côtes-d’Armor) et président du collectif des maires des communes des bords de Rance.

Comme les autres signataires, l’élu réclame la mise en place d’une tarification verte pour l’usine marémotrice. Ce dispositif permettrait de financer un plan de gestion pérenne des sédiments ». Un enjeu majeur pour l’estuaire, rappelle-t-il, en citant l’avis rendu par le Conseil national de la protection de la nature en 2024. Face au désastre écologique en cours, les associations appellent l’administration à engager la transition vers le nouveau régime d’autorisation, afin de mettre fin à un statu quo qui menace l’avenir de l’estuaire.

« Pas d’impact écologique »

De son côté, EDF se défend de négliger l’aspect environnemental de l’estuaire. L’entreprise assure qu’elle a reconduit sa participation financière pour le plan de gestion des sédiments jusqu’en 2028, à hauteur de 50 %, aux côtés des autres financeurs.

L’exploitant de l’usine marémotrice ajoute qu’en 2025, un conseil scientifique composé d’experts indépendants a rappelé que la sédimentation dans les estuaires était un phénomène naturel et a affirmé que la sur-sédimentation constatée dans celui de la Rance n’avait pas d’impact écologique, mais uniquement sur les usages ».

Néanmoins, EDF expérimente depuis cette année de nouveaux modes de fonctionnement pour limiter la sur-sédimentation, notamment des fermetures partielles de l’usine pendant les tempêtes »

sourc es : https://www.ouest-france.fr/bretagne/dinard-35800/barrage-de-la-rance/desastre-ecologique-en-cours-en-bretagne-associations-et-elus-pressent-letat-dagir-sur-le-barrage-de-la-rance-3f86da00-9d47-11f1-a8ad-3219df531147

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