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Des assemblées générales se sont déjà tenues dans plusieurs universités, et une centaine de lycées étaient bloqués ce lundi 2 novembre. Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union Étudiante fait le point sur les revendications et le mouvement.
Par Caroline CONSTANT
Sabrine Kharbac est porte-parole de l’Union Étudiante, un des syndicats au cœur des actions des lycéens et étudiants. En ce jour de rentrée scolaire, l’étudiante à l’Université d’Aix-Marseille parle des revendications de la jeunesse, et des actions prévues jusqu’à la manifestation intersyndicale du jeudi 5 novembre.
Ce lundi 2 novembre a eu lieu la rentrée des classes. Que s’est-il passé sur les campus ?
Sabrine Kharbach, Porte-parole de l’Union Étudiante
L’Union Syndicale Lycéenne, l’Union Étudiante et l’intersyndicale de la jeunesse ont appelé à reprendre les blocus dès ce mardi et ce jeudi. De grandes assemblées générales se sont déjà tenues dans plusieurs universités parisiennes comme Jussieu, Nanterre, Paris VIII, la Sorbonne, etc, ou en région à Aix-Marseille, ou Lyon.
Une centaine de lycées sont aussi bloqués, alors même qu’il n’y avait pas d’appel national. Notre but, c’est d’éviter les fermetures administratives des campus, comme à chaque fois que nous annonçons de grandes réunions : Ils ferment les universités avant même qu’on ait le temps de s’y rassembler pour discuter de la suite du mouvement.
C’est une forme de répression administrative. Mardi 3 novembre, nous réaliserons un pointage plus précis, heure par heure, pour vérifier le nombre effectif de campus universitaires bloqués.
Quelles sont vos revendications, comment ont-elles évolué, après un mois de mobilisation ?
Nous restons sur la base des dix mesures d’urgence listées par les étudiants et les syndicats : la rénovation du bâti scolaire, l’emploi d’AESH, de personnels, de professeurs, la revalorisation des bourses sur l’inflation, l’abrogation du dispositif « Bienvenue en France », qui instaure des frais différenciés et racistes pour les étudiants étrangers et étrangères. Sans compter la répression policière.
Aujourd’hui, sur toutes ces questions, la réponse du gouvernement est largement insuffisante : le budget qu’ils ont prévu sur le bâti scolaire est bien trop juste, ils se concentrent surtout sur quelques lycées parisiens, alors même que les besoins sont importants partout.
Idem sur la question des bourses, qui n’ont pas été indexées sur l’inflation depuis trois ans. Même sur la question du Parcours Sup, nous demandons avant tout la création de places supplémentaires en licence et en master. En retour, ils nous annoncent la création de 15 000 places, sachant que 10 000 places ont été supprimées l’année précédente.
C’est un peu de l’enfumage. Eux nous répondent que c’est une question de budget. Alors que non, ce n’est pas si compliqué : il est très facile, par exemple, dans le projet de loi de finances, d’annoncer des mesures et des taxes exceptionnelles pour répondre à l’urgence des besoins de la jeunesse.
Beaucoup d’observateurs vont font remarquer qu’il y a trop d’étudiants dans la société, avec plus de 80 % d’une classe d’âge au bac. Vous en pensez quoi ?
Aujourd’hui, nous sommes en pleine logique capitaliste, avec des entreprises qui imposent leurs besoins en termes de compétences aux universités. C’est tout sauf ce qui est censé être le projet émancipateur de l’université, ouvert à toutes et à tous, qui permet d’avoir un niveau de connaissance et de qualification élevé, ce qui souhaitable pour une société.
Sans compter que dans les failles de Parcoursup, le privé se taille une petite part du lion ?
Exactement. C’est pour cette raison que nous parlons aussi d’une université à trois vitesses, en comptant l’université classique, les formations privées et les universités dites d’excellence. La sélection est rude, elle est en plus sociale et raciste : c’est une sélection par l’argent, d’abord.
C’est une sélection raciste, ensuite, d’abord avec le dispositif « Bienvenue en France », qui discrimine par l’argent les étudiants étrangers. Et lorsque vous venez de banlieue, vous avez moins de chances d’être accepté dans une université prestigieuse.
L’Observatoire National de Discrimination dans l’enseignement supérieur montre aussi qu’à dossier égal, quelqu’un qui porte un nom à consonance nord-africaine ou ouest-africaine a dix fois moins de chances au monde d’être accepté sur Parcoursup.
Comment préparez-vous la manifestation du 5 novembre ?
Nous avons appelé au blocage des universités le matin même, afin de pouvoir ensuite effectuer un départ commun vers les cortèges de l’intersyndicale, pour avoir une vraie une convergence des luttes. D’ici là, l’idée c’est de parler à un maximum d’étudiants et de jeunes, pour les convaincre de nous rejoindre.
Nous pensons que le mouvement n’est pas près de s’essouffler, que nous sommes en train de faire trembler ce gouvernement, qu’il commence à lâcher et qu’on peut encore conquérir plus de droits. Ce qui fait la force du mouvement, c’est qu’il est offensif, et surtout, qu’on y croit.
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