Interdiction des pesticides, « 100 % Sécu », fin des monopoles privés locaux… Les mesures de LFI en matière de santé (H.fr-3/11/26)

L’Humanité dévoile les principales mesures de LFI en matière de santé.
© Leo VIGNAL / AFP

La France insoumise place la santé au cœur de son projet pour 2027. Son plan, dévoilé en exclusivité par l’Humanité, entend réduire les inégalités d’accès aux soins et limiter la place des intérêts privés, avec une question centrale : comment soigner tout le monde ?

Par Emilio MESLET

C’est un invariable des enquêtes d’opinion : les années passent et la santé figure systématiquement parmi les premières préoccupations des Français. Hormis les sympathisants LR, tous les électorats placent, d’après un sondage Toluna Harris Interactive publié fin septembre, cette thématique dans leurs cinq priorités de l’élection présidentielle.

« C’est le sujet numéro un, avance même le député LFI Hadrien Clouet, qui a coordonné le programme de Jean-Luc Mélenchon avec sa collègue Clémence Guetté. En quelques années, les gens ont pu observer des ruptures brutales que ce soit la disparition des médecins généralistes ou l’allongement des files d’attente aux urgences. »

La santé, particulièrement sous ses aspects environnementaux, sera donc l’un des axes majeurs de campagne du candidat LFI. D’autant plus après les récentes mobilisations citoyennes d’ampleur contre les polluants éternels, le cadmium ou encore la réintroduction de l’acétamipride. « On sait qu’on aura un appui populaire car c’est grâce à cette mobilisation qu’on peut obtenir des avancées », justifie Hadrien Clouet.

À quelques jours de la publication de la cinquième édition de l’Avenir en commun, prévue le 6 novembre, l’Humanité dévoile en exclusivité les principales mesures insoumises en matière de santé. Un livret d’une quarantaine de pages pour qu’enfin, après dix années de macronisme, « la santé ne soit plus considérée comme une marchandise mais comme un droit », résume le député de Haute-Garonne.

« Assurer un service de santé public à moins de 30 minutes » pour chaque habitant

La proposition est construite autour de quatre piliers : reconstruire un service de proximité, « faire le 100 % Sécu » avec l’intégration des complémentaires santé privées au système public et la suppression des dépassements d’honoraires, lutter contre les discriminations dans l’accès aux soins et bâtir un pôle public du médicament pour ne plus dépendre de l’étranger pour les traitements médicaux.

Rien de très surprenant pour un programme se revendiquant de « rupture », dont l’objectif est une réforme structurelle du système telle que l’a déjà développée Jean-Luc Mélenchon lors de ses trois précédentes campagnes.

Mais pour 2027, le volet santé de l’Avenir en commun insiste particulièrement sur la lutte contre la financiarisation des secteurs médicaux et médico-sociaux en interdisant « les monopoles privés locaux » et en limitant le « nombre de structures possédées ». À l’inverse, l’ambition est le développement d’un « réseau de centres de santé publics ou communautaires, pluridisciplinaires (…) en priorité dans les territoires où l’accès aux soins est le plus difficile ». Ainsi que des services et des urgences « afin d’assurer un service de santé public à moins de 30 minutes » de chaque habitant.

Aussi promesse est faite de « rouvrir progressivement des lits (…) avec l’objectif de garder un taux de lits vacants disponibles de 20 % » pour faire face à des crises dans un système où la T2A (tarification à l’activité) serait circonscrite « aux actes techniques, standardisés et programmés ». Un système de santé où la prise de rendez-vous en ligne ne s’effectue plus sur Doctolib mais via – c’est une nouveauté – un « service public qui hébergerait les données », question de « souveraineté », argue Hadrien Clouet.

Une revalorisation de 10 % du point d’indice des soignants

Côté rémunération des professionnels, est prévue une revalorisation immédiate des soignants « par une hausse du point d’indice de 10 % » ainsi qu’une réforme de la rémunération de ceux qui exercent en libéral pour que celle-ci ne soit plus uniquement indexée sur le volume de patients. Et une attention particulière vise le système psychiatrique laissé à « l’abandon » par Emmanuel Macron : recrutement de personnels, rénovation des bâtiments vétustes, interdiction de la contention mécanique…

Au-delà des différentes urgences dans un système où 80 % des Français ont renoncé aux soins au moins une fois l’an passé, le programme de Jean-Luc Mélenchon veut mettre l’accent sur la prévention. Une façon de prendre à la racine les problématiques sanitaires : traiter les causes avant les conséquences. « Il n’y a pas de santé humaine qui ne pense pas la santé animale et la préservation de l’environnement », rappelle Hadrien Clouet, qui tire là une des leçons de la crise du Covid.

Parmi les priorités, dans le cadre d’un plan national piloté par les « éco-régions » pour éliminer les maladies chroniques liées à l’exposition aux pollutions, LFI prévoit d’interdire, entre autres, les additifs dangereux en limitant ceux autorisés dans l’agriculture bio comme les pesticides cancérogènes.

« L’Éducation nationale est un pivot de notre action, assure Hadrien Clouet pour qui la prévention démarre dès le plus jeune âge. Les enfants sont des cibles pour l’agroalimentaire. » D’où l’instauration d’une heure hebdomadaire d’éducation à la nutrition entre la maternelle et le collègue, ainsi que l’interdiction de toute publicité alimentaire pour les enfants et les adolescents. Autant de propositions dont le financement sera bientôt détaillé dans le chiffrage de l’Avenir en commun.

Source: https://www.humanite.fr/politique/jean-luc-melenchon/interdiction-des-pesticides-100-secu-fin-des-monopoles-prives-locaux-les-mesures-de-lfi-en-matiere-de-sante

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