Guerre en Ukraine : l’Europe sera la première étape de la reprise des négociations pour un nouveau plan de paix (H.fr-3/11/26)

Alors que les puissances européennes et les États-Unis se réuniront à Bruxelles mercredi, l’Ukraine compte encore de nouveaux morts, ici à Zaporijjia, lundi 2 novembre 2026. © Reuters / Stringer

C’est à Bruxelles que vont reprendre les négociations sur l’Ukraine, mercredi 4 novembre. Des représentants de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni (E3) doivent prolonger la discussion commencée en Floride début octobre avec les États-Unis, l’Ukraine, l’Otan et la Banque mondiale sur un nouveau plan de paix, proposé par Washington. Une rencontre trilatérale doit également se tenir à Abou Dhabi, les 10 et 11 novembre.

Par Vadim KAMENKA

La diplomatie reprend timidement pour trouver une issue après cinq ans de guerre en Ukraine. Ces derniers mois ont été surtout propices à une intensification massive des bombardements entre Kiev et Moscou. Cet engrenage a conduit la région ukrainienne de Zaporijjia à subir, lundi 2 novembre, une nouvelle attaque criminelle qui a fait plus de 33 morts.

À Bruxelles, des représentants de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni (E3) vont poursuivre, mercredi 4 novembre, les négociations commencées en Floride, début octobre avec les États-Unis et l’Ukraine, l’Otan et la Banque mondiale. Le format et les participants sont les mêmes. La précédente rencontre menée par Steve Witkoff et Jared Kushner avait été suspendue avec l’annonce d’un accord sur le diesel entre Washington et Moscou.

Une répétition censée garantir la sécurité de l’Ukraine

Les discussions vont porter sur la nouvelle initiative de Donald Trump visant à instaurer un cessez-le-feu en Ukraine. Ce plan, qui a été révélé par le Washington Post et le Financial Times à la mi-octobre, apparaît sans grande surprise. Il reprend les quatre grands axes des divers processus antérieurs. Il s’agit des garanties de sécurité fournies à l’Ukraine, avec l’engagement des États-Unis et des pays européens à réagir militairement si la Russie menait une nouvelle attaque.

C’est dans ce contexte que les alliés de Kiev, qui devront assurer la coopération de défense au sein d’une force multinationale pour l’Ukraine, ont annoncé qu’ils mèneraient du 9 au 22 novembre en Pologne, un exercice grandeur nature. Quelque 2 800 soldats, marins et aviateurs de onze pays seront déployés sous la houlette de la France et du Royaume-Uni pour travailler leur coordination. Il s’agit d’une répétition dans l’hypothèse où si la guerre prenait fin en Ukraine, cette force européenne y serait déployée.

Parmi les autres points en négociation, à Bruxelles, mardi, le second concerne la reconstruction du pays qui ferait intervenir la Banque mondiale et la société d’investissement américaine BlackRock. Le troisième serait l’intégration économique de la Russie, de l’Ukraine et de l’Europe par le biais d’un « accord énergétique ». Le dernier volet demeure le plus instable : la question territoriale. Selon les négociateurs, la Russie devrait accepter « un cessez-le-feu le long de la ligne de front actuelle » et l’Ukraine la perte des territoires occupés.

Une perspective que Volodymyr Zelensky a déjà acceptée dans sa lettre ouverte du 4 juin 2026 adressée à Vladimir Poutine où il juge que « la ligne de front aujourd’hui est la ligne à partir de laquelle la diplomatie doit commencer ».

Washington dissocie accord commercial et processus de paix

Ces échanges ouvrent une phase diplomatique qui aboutira dans une semaine à une rencontre trilatérale à Abou Dhabi, les 10 et 11 novembre. Steve Witkoff a indiqué, lundi, que « les discussions porteront sur les dispositions de sécurité d’après-guerre, la désescalade, les efforts humanitaires et les prochaines étapes vers la paix ». Ce processus a débuté en août avec la visite à Moscou du directeur de la CIA, John Ratcliffe.

« Le gouvernement américain dissocie désormais le règlement du conflit de la conclusion d’accords commerciaux. Ces accords – levée partielle des sanctions, investissements futurs dans les secteurs de l’énergie et des industries extractives – visent, selon cette nouvelle logique, à relancer le dialogue jusqu’alors infructueux avec la Russie et à sortir les négociations de l’impasse. L’administration américaine a utilisé la Biélorussie comme « terrain d’essai » pour cette approche », analyse le directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe, Igor Delanoë dans une note pour le think tank suisse Meis.

Le Kremlin a confirmé mardi qu’une délégation russe se rendra à Abou Dhabi. Après l’accord sur le diesel, qui s’avère surtout symbolique, un nouvel allègement des sanctions serait en discussion visant le principal fonds d’investissement public du pays, RDIF, dirigé par Kirill Dmitriev, l’un des principaux négociateurs russes.

Plusieurs observateurs pointent que Moscou mise néanmoins sur le champ de bataille pour forcer l’Ukraine à capituler en 2027. Depuis Berlin, le président ukrainien a accusé la Russie de vouloir « torpiller la paix » après l’attaque sur la région de Zaporijjia. Volodymyr Zelensky, qui doit participer à une conférence sur la sécurité, a annoncé des discussions autour d’une aide économique et militaire de défense aérienne en Allemagne. Il a également espéré que la réunion des 10 et 11 novembre ouvre « la voie à un format trilatéral au niveau des dirigeants ».

Source: https://www.humanite.fr/monde/bruxelles/guerre-en-ukraine-leurope-sera-la-premiere-etape-de-la-reprise-des-negociations-pour-un-nouveau-plan-de-paix

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