Grève du 5 novembre : 8 400 personnes, des manifestations sans violences… Voici ce qu’il faut retenir en Côtes-d’Armor (OF.fr-5/11/26)

À l’appel de nombreux syndicats du public et du privé, une journée de grève nationale s’est déroulée ce jeudi 5 novembre 2026, pour défendre les salaires, les services publics et l’emploi. Ici, à Saint-Brieuc dans les Côtes-d’Armor | MARC OLLIVIER/OUEST-FRANCE

À l’appel de nombreux syndicats du public et du privé, une journée de grève nationale s’est déroulée jeudi 5 novembre 2026, pour défendre les salaires, les services publics et l’emploi. Selon les chiffres de la préfecture des Côtes-d’Armor, les différentes manifestations ont rassemblé au moins 8 400 personnes. À titre de comparaison, 4 500 personnes avaient défilé dans les Côtes-d’Armor, samedi 17 octobre et environ 3 000, samedi 24 octobre. Voici ce qu’il faut retenir.

À l’appel de nombreux syndicats du public et du privé, une journée de grève nationale s’est déroulée ce jeudi 5 novembre 2026, pour défendre les salaires, les services publics et l’emploi. Selon la préfecture, les différentes manifestations organisées dans les Côtes-d’Armor ont rassemblé au moins 8 400 manifestants.

À titre de comparaison, 4 500 personnes avaient défilé dans les Côtes-d’Armor, samedi 17 octobre et environ 3 000, samedi 24 octobre.

Une forte mobilisation à Saint-Brieuc

Les images de la mobilisation briochine rappellent celles des manifestations de 2023 contre la réforme des retraites. Ils étaient plusieurs milliers à battre le pavé : 5 000 selon l’intersyndicale (réunissant huit organisations) et 3 000 selon les autorités. Les rangs étaient serrés, notamment rue de Gouédic, où une marée humaine s’étirait sur plusieurs dizaines de mètres. Environ 200 lycéens de Rabelais, Renan ou encore Chaptal ont participé au mouvement, qui s’est déroulé dans le calme du début à la fin. La présence des étudiants du campus Mazier a également été remarquée, une première depuis le début de la colère lycéenne. L’antenne universitaire n’a pas été perturbée depuis la rentrée.

Lycéens et étudiants ont aussi défilé pour la manifestation de ce jeudi 5 novembre 2026, à Saint-Brieuc. | MARC OLLIVIER/OUEST-FRANCE

C’est un trop-plein, je sature, s’indigne Pascale, enseignante de 50 ans, qui manifeste pour la première fois cet automne. Mes deux enfants sont au lycée. J’ai entendu leurs revendications. C’est à mon tour de me mobiliser pour les services publics dégradés, soutenir les jeunes, la mauvaise gestion des finances… Jonathan, 41 ans, travaille dans le public. Il manifeste pour l’avenir de (ses) enfants, la planète. Même en gagnant correctement notre vie, on se demande comment faire chaque mois. Je suis là pour l’intérêt commun. Le parcours empruntait les mêmes rues que celles du mouvement contre la réforme des retraites, avec une arrivée place du Général-de-Gaulle, où se trouve la préfecture. Les suites à donner au mouvement seront connues après les échanges menés au sein des instances de l’intersyndicale nationale.

Près de 900 manifestants à Dinan

On est en pleine tempête depuis quarante ans, mais personne ne s’occupe de nous, déclare Élodie Beaupere, secrétaire générale du syndicat Force ouvrière de la Fonction hospitalière de Dinan. Dans la cité médiévale, un cortège de 870 personnes selon la préfecture, 1 500 selon l’intersyndicale, s’est élancé dans le centre-ville dès 12 h. Après un départ de la place Saint-Jean, les manifestants ont pris la direction de la permanence parlementaire de la députée de la 2 e circonscription des Côtes-d’Armor, Chantal Bouloux. En déplacement ce jour, l’élue a annoncé accepter de recevoir une délégation syndicale à sa permanence, lundi 9 novembre 2026.

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Devant la permanence de la députée Chantal Bouloux, à Dinan (Côtes-d’Armor), la mobilisation du 5 novembre 2026, qui comptait près de 900 manifestants, s’est clôturée en musique et en danse. Lundi, une délégation syndicale sera reçue par la députée. | OUEST-FRANCE

Alors que le cortège se dispersait après un moment musical et dansant rue de Brest, Christophe a expliqué avoir manifesté pour la première fois cette année. Il y a un basculement de la société. La montée du fascisme a été un déclic.

2 900 personnes rassemblées à Lannion

Nous sommes nombreux ! Le secrétaire CGT du Trégor avait le sourire ce jeudi 5 novembre. Le rendez-vous de l’intersyndicale a été très suivi à Lannion, où ce sont quelque 2 900 personnes qui ont rejoint le cortège. Dans les rangs, lycéens et étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines. Les revendications sont multiples : pouvoir d’achat, justice sociale, défense des services publics, de l’hôpital public, défense du droit à manifester librement… Autant de motifs de faire le tour des quais, dans une ambiance festive et bon enfant.

Martine et Ghislaine, toutes deux retraitées, sont venues pour plusieurs raisons : On est là pour soutenir les jeunes, mais aussi pour le pouvoir d’achat. Ça devient compliqué pour tout le monde. Comment font les gens au Smic qui ont des enfants ? Le rassemblement s’est conclu en musique après trois heures de mobilisation. Une nouvelle action est annoncée pour samedi, à l’initiative du Collectif du rond-point de Bel-Air, actif depuis le 17 octobre 2026.

1 500 personnes ont défilé à Guingamp

À Guingamp, une vingtaine de manifestants se sont mobilisés dès 6 h 30 pour se rendre dans la zone commerciale et industrielle de Bellevue, à cheval entre Saint-Agathon et Ploumagoar. Le mot d’ordre : distribuer des tracts aux automobilistes sur les ronds-points de cet axe très proche de la RN12, où des ralentissements se sont vite fait sentir. On nous laisse juste assez pour vivre, mais tout juste, et surtout de moins en moins avec l’augmentation du coût de la vie, explique en pleine distribution Éric, 56 ans, gilet jaune sur le dos.

À Guingamp, ils étaient 1 500 à défiler dans les rues ce jeudi. | OUEST-FRANCE

Une première action en avant-goût de la manifestation qui a réuni près de 1 500 manifestants, dans les rues du centre-ville, plus tard dans la matinée. Un défilé qui s’est déroulé dans le calme et sans incident.

300 manifestants à Lamballe

C’est un succès, se réjouit Adrien Pettré, cosecrétaire de l’Union locale CGT à Lamballe-Armor, pour qui il est aussi important de se mobiliser dans les petites villes. Réunis sur le parvis de la Gare, 300 manifestants (selon les syndicats ; 230 selon la préfecture) se sont élancés dans les rues de la capitale du Penthièvre, ce jeudi. À l’image de Marie, retraitée venue de Saint-Cast-Le-Guildo, qui décrit sa revendication comme anticapitaliste et antifasciste. On ne peut plus se soigner ni éduquer nos jeunes, et les loyers sont trop chers. Il y a une exploitation à outrance. C’est une honte absolue, insiste celle qui travaillait dans l’éducation spécialisée.

Trois cents manifestants à Lamballe, à l’occasion de la journée de grève nationale ce jeudi 5 novembre 2026. | OUEST-FRANCE

Dans le cortège, aussi, plusieurs enseignants qui dénoncent le manque de moyens, de non-remplacement ou encore venus porter la voix de nos jeunes, inquiets, comme l’indiquent Marie et Gaëlle.

En parallèle, plusieurs mouvements de grève et de débrayages ont eu lieu dans différentes entreprises du secteur. C’est ça qui est déterminant, reprend le syndicaliste Adrien Pettré. Ce sont les travailleurs qui font tourner le pays et ici, on est dans un territoire qui nourrit le pays.

Source: https://www.ouest-france.fr/economie/greve/greve-du-5-novembre-8-400-personnes-des-manifestations-sans-violences-voici-ce-quil-faut-retenir-en-cotes-darmor-07c63530-d923-11f1-a1e1-ae8104d72c9a

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