
Environ 12 000 personnes ont pris part à la manifestation jeudi 5 novembre 2026, à Brest (Finistère). Ce rassemblement à l’appel d’une intersyndicale constituée à l’échelon nationale n’a pas donné lieu à des débordements importants et violents. Les gendarmes ont rapidement stoppé les tentatives pour forcer leurs barrages, près de la faculté Victor-Ségalen.
Par Ronan LE TELLEC
Il est bientôt midi. Place de la Liberté, une banderole donne le ton : «Société, tu m’auras pas
. Elle est accrochée aux plateaux de bois qui barricadent le rez-de-chaussée de la mairie. Sur le dallage de la place, un feu fait de jolies flammes avec les branches trouvées aux alentours. Des agents de la métropole viennent l’éteindre alors qu’un groupe d’agents du CHU pose pour une photo, l’un d’eux craque un fumigène car c’est encore plus beau. L’ambiance n’est pas tendue en ce début de manifestation.
Il est prévu un grand tour par les avenues Clemenceau, Salaün-Penquer et Roosevelt et retour par le boulevard Jean-Moulin où l’on prendra à droite pour « remonter » vers la rue Fautras et retrouver l’avenue Clemenceau du côté de l’Harteloire. La manifestation est « intersyndicale », les forêts de drapeaux en attestent. L’UDB (Union démocratique bretonne) a aussi ses troupes sous des oriflammes jaunes. Ils sont environ 12 000 à battre le pavé (7 000 selon la police). C’est davantage que le 17 octobre (10 000) mais moins que lors de la manifestation contre la réforme des retraites en avril 2023 (15 000).
Maël, étudiant en lettres âgé de 19 ans, est là pour recruter de nouveaux membres au Parti communiste révolutionnaire (PCR) afin de « mettre fin au capitalisme ». Marion, du café Lucette, à Brest, est venue avec Eneour. Elle liste des revendications et rajoute, peut-être le plus important à ses yeux : Ça me fait du bien de nous voir tous ensemble, de voir des gens qui ont les mêmes valeurs que moi.
Une pancarte dit : Chauffer ou manger, on ne veut pas choisir.
Des Djs jouent des platines sur le plateau d’un camion de location, au micro ils rappellent leurs difficultés.
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Deux cortèges
Boulevard Jean-Moulin, la fin du cortège a envie de prendre un raccourci pour revenir directement vers la fac. Mais rue Traverse, des forces de l’ordre font barrage. Rue Michelet, ça semble possible et aucun service d’ordre n’intervient. La seconde partie du cortège s’y engouffre ainsi, c’est plus court. La marche tombe alors dans une pagaille. En remontant les rues Michelet et Duquesne, des capuches sont alors rabattues, des masques et des lunettes de ski masquent des visages. L’ambiance se tend alors que devant une ligne de gendarmes tente de contenir cette arrivée inattendue du cortège. Mais il n’y aura pas d’affrontements longs.
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À partir de 13 h, le gros des manifestants ne s’attarde pas. Il reste un groupe de quelques centaines de personnes entre la faculté Victor-Segalen et l’hôpital Morvan. Les gendarmes mobiles bloquent les accès vers la place de la Liberté. De 13 h à 14 h 30, plusieurs tentatives de percer ces barrages avenue Clemenceau et rue Morvan s’arrêtent au premier jet de gaz lacrymogène. Les gendarmes gardent leur sang-froid et repoussent la seule tentative un peu musclée sur l’avenue Clemenceau. Une personne est interpellée pour « outrage ».
Le dernier carré de manifestants bloqués devant la faculté va diminuer, jusqu’à ce que la circulation reprenne pleinement ses droits, vers 16 h. C’est à ce moment qu’arrive un violent accident : un homme fonce en trottinette à pleine vitesse dans une voiture. Les gendarmes lui ont porté secours.
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