
Dans un communiqué, neuf députés du groupe GDR annoncent leur choix de faire campagne auprès de Jean-Luc Mélenchon. Parmi eux, quatre communistes – dont le co-président du groupe Stéphane Peu – qui vont à l’encontre du vote des militants du PCF en faveur d’une candidature de Fabien Roussel.
Par Emilio MESLET
Sous la cendre, le feu couvait déjà depuis plusieurs semaines. Ils n’avaient pas fait mystère de leur désaccord avec le choix des militants du PCF qui ont voté, début septembre, à 72 % en faveur d’une candidature présidentielle de leur secrétaire national, Fabien Roussel. En dépit du vote de leur parti, ils franchissent le pas : neuf députés, dont quatre communistes et cinq Ultramarins, du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) ont annoncé auprès de l’AFP et au Parisien, jeudi 5 novembre, leur soutien à la campagne de Jean-Luc Mélenchon.
« L’expérience avortée du NFP ne nous fait pas renoncer. Nous pensons que l’union la plus large de la gauche doit se réaliser autour d’un programme de rupture, écrivent-ils dans une déclaration commune. À l’approche d’une élection présidentielle aux enjeux immenses, nous prenons nos responsabilités, par-delà nos attaches partisanes. » Dans une déclaration commune où ils motivent leur choix en raison de la montée de l’extrême droite, les élus précisent qu’aucun d’entre eux « n’est insoumis, ni n’envisage de le devenir ».
Parmi les signataires, quatre des huit députés communistes : Stéphane Peu, co-président du groupe, et Soumya Bourouaha (Seine-Saint-Denis), Elsa Faucillon (Hauts-de-Seine) et Nicolas Sansu (Cher). Mais aussi les trois députés de la Réunion Émeline K/Bidi, également co-présidente du groupe, Karine Lebon et Frédéric Maillot ainsi qu’Emmanuel Tjibaou (Kanaky-Nouvelle-Calédonie) et Marcellin Nadeau (Martinique).
« Plus de convergences que de divergences »
Contacté par l’Humanité, l’entourage de Fabien Roussel, dont le prochain meeting se tiendra à Avion (Pas-de-Calais) le 6 décembre, se refuse à commenter : « C’est un choix personnel, pas une décision du groupe. »
Pour Stéphane Peu, cette décision s’« assimile à un acte de désobéissance civile ». « C’est une objection de conscience », assume-t-il. De même que sa collègue Elsa Faucillon justifie ce choix par le fait qu’avec LFI, ils ont « plus de convergences que de divergences » ajoutant respecter la décision des communistes mais considérer « qu’il s’agit d’une erreur à portée historique que de présenter un candidat ».
Cette annonce « contribue à l’union de la gauche de rupture », salue Manuel Bompard, coordinateur de LFI. « Elle est le signe d’une évidence tant nous partageons avec les communistes et le groupe GDR de nombreux combats », ajoute-t-il, alors que plusieurs signataires se rendront, ce samedi, au Bourget, lieu de la convention programmatique de LFI.
Dans les semaines à venir, d’autres ralliements à la candidature insoumise pourraient suivre, notamment celui de Génération.s, le parti fondé par Benoît Hamon, et de L’Après, formation présidée par les députés ex-insoumis Clémentine Autain et Alexis Corbière. Mi-décembre, Les Écologistes trancheront, eux, entre trois options : le maintien de la candidature de Marine Tondelier, un ralliement à Raphaël Glucksmann ou un soutien à Jean-Luc Mélenchon.
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