
Chaque année le syndicat étudiant UNEF livre une enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante. Selon cette enquête1, le coût de la vie étudiante a augmenté de 4,12%, deux fois plus que l’année dernière. Cela se traduit en moyenne par une hausse des dépenses de 807 euros. Selon cette étude, le niveau de vie des étudiants est particulièrement impacté par l’augmentation des loyers dans le privé (+ 2,46 %) et dans les résidences Crous (+ 3,26 %), ainsi que la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), dont les étudiants boursiers sont exonérés, en hausse constante depuis son apparition en 2018 (+ 16,67 %). Les frais de transports contribuent aussi de manière significative à cette augmentation. Depuis 2017, année de la première élection de Macron la hausse est estimée à 32%.
L’enquête fait le constat que ces hausses touchent en premier lieu les étudiants issus des milieux populaires et beaucoup d’étudiants étrangers et contribue à accroître la précarité : » Cette hausse constante du coût de la vie étudiante s’inscrit dans une tendance lourde qui, année après année, contraint les étudiant·e·s à faire des choix entre leurs besoins fondamentaux : se loger, se nourrir, se déplacer, ou encore accéder aux soins médicaux. Face à cette augmentation continue, les aides disponibles demeurent largement insuffisantes et inadaptées aux besoins réels des étudiant·e·s, laissant une majorité d’entre eux dans une situation de précarité structurelle.«
S’ajoute à cette dégradation des conditions de vie des étudiants celle des Universités elles-mêmes du fait de leur sous-financement : « L’enseignement supérieur public français vit une crise de financement sans précédent. Les universités, chroniquement sous-financées, peinent à assurer leurs missions fondamentales d’enseignement et de recherche. Les conditions d’études se dégradent, les infrastructures vieillissent, les services aux étudiant·e·s se réduisent. «
Ce constat alarmant de la situation de l’enseignement supérieur n’est pas nouveau et les réformes qui touchent l’enseignement supérieur et la recherche loin d’apporter de quelconques améliorations les plongent dans une crise profonde. Le projet de loi Baptiste2, du nom du ministre en charge, va encore aggraver la crise mais elle a un objectif que nous avons qualifié ainsi : « Avec la loi Baptiste, c’en est fini de l’autonomie séculaire des universitaires ! Les enseignants-chercheurs seront dans la même dépendance à l’égard du président- manager que l’est l’employé à l’égard de son patron ! C’en est aussi fini des savoirs universitaires librement développés, la connaissance doit servir le capital tel est bien l’objectif de cette loi !«
Si, le même Baptiste de concert avec les présidents d’Universités du top 100 de ce classement se réjouissent de la place des Universités françaises dans le classement de Shangaï, affirmant qu’il y a là les résultats de leur politique3, c’est que leur vision c’est celle de quelques Universités de prestige, très liées à la stratégie des grands monopoles capitalistes dans un océan d’Universités de statut régional en charge de la formation minimale exigée par le patronat dans les bassins d’emploi.
Dans l’Enseignement supérieur et la recherche, comme dans les autres secteurs d’activité, l’heure n’est pas aux débats polis avec nos ennemis de classe, elle est à la lutte pour les faire reculer dans leurs projets néfastes !
Notes
1 https://unef.fr/wp-content/uploads/2025/08/Enquete-UNEF-2025.pdf
2 https://www.sitecommunistes.org/index.php/france/economie/3487-la-loi-baptiste-sur-lenseignement-superieur-et-la-recherche-ou-la-connaissance-doit-servir-le-capital
3 https://www.info.gouv.fr/actualite/classement-de-shanghai-2025-un-signal-fort-pour-la-recherche-francaise
°°°
URL de cet article:https://lherminerouge.fr/la-rentree-universitaire-approche-les-problemes-saggravent-prc-20-08-25/