À l’hôpital de Digne-les-Bains, la mobilisation des soignants suspend la suppression de 29 postes (H.fr-22/12/25)

La mobilisation des soignants a permis de reporter le plan de suppression de 29 postes.© Dauphine Libere / Maxppp

À la suite de la fronde du personnel et usagers du centre hospitalier de la commune des Alpes-de-Haute-Provence, le plan de 29 suppressions de postes a provisoirement été reporté.

Par Cécile ROUSSEAU

La mobilisation a porté ses fruits. Depuis l’annonce de 29 suppressions de postes à l’hôpital de Digne-Les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), début décembre, les soignants avaient remué ciel et terre pour faire barrage à ces coupes claires justifiées par la direction par un déficit cumulé de 39 millions d’euros.

Le 12 décembre, 250 médecins, infirmiers, aides-soignants, techniciens avaient envahi la salle du conseil de surveillance, ce qui n’avait pas empêché le projet d’être adopté. Jeudi, alors que les représentants syndicaux étaient reçus à l’agence régionale de santé (ARS) en marge d’une nouvelle action, sa suspension a été annoncée pour une durée de trois mois.

Si personne ne crie victoire, les blouses blanches saluent une avancée. « Cette mobilisation massive a permis de mettre un stop à ce plan brutal mais nous restons vigilants », explique Hugues Breton, urgentiste et délégué départemental de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

Des conséquences directes pour les usagers

À Digne, l’ARS et l’hôpital n’avaient pas attendu que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoyant un objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) en hausse de seulement 3 % pour 2026, soit adopté, pour sortir le rabot.

« Tous les trois, quatre ans, nous avons des plans de ce type, mais le déficit ne se réduit jamais, dénonce Cédric Volait, secrétaire de l’union départementale de la santé et action sociale CGT. Ils veulent cibler en premier lieu les contractuels et ne pas remplacer les départs en retraite alors que les conditions de travail se dégradent. C’est aussi une catastrophe pour tous les usagers du département, car ce sont les seules urgences encore ouvertes vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »

Dans un service des urgences qui s’était fortement mobilisé au printemps dernier pour exiger des recrutements, l’annonce de deux postes de brancardier et un poste d’infirmier coordonnateur passant à la trappe avait suscité un tollé. « Ça veut dire que, la nuit, un seul brancardier devrait rester dans le service et partir avec le Smur : il ne pourra jamais se reposer trois minutes. Les patients vont devoir attendre encore plus longtemps avant d’être pris en charge », estime Hugues Breton.

« Nous savons que l’hôpital n’est pas financé à la hauteur de ses besoins, poursuitAnne-Laure Collado, infirmière et secrétaire de la CGT de l’établissement. On voit aussi que l’intérim médical n’a cessé de flamber : ça nous coûte en moyenne 5 millions d’euros par an. Mais on préfère faire des économies sur notre dos. »

En maintenant la pression, les agents souhaitent désormais que la direction accepte de discuter de leurs propositions pour augmenter l’activité hospitalière et les recettes : « Au lieu de se concentrer sur les dépenses, on devrait être en train de jouer les chasseurs de têtes ou de monter des cellules de crise pour trouver du personnel, appuie le médecin urgentiste. L’hôpital a été géré de manière absurde pendant dix ans, il faut, par exemple, revoir la cotation des actes qui est mal faite et pourrait rapporter de l’argent. »

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source: https://www.humanite.fr/social-et-economie/agence-regionale-de-sante/a-lhopital-de-digne-les-bains-la-mobilisation-des-soignants-suspend-la-suppression-de-29-postes

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