À Nantes, le garage associatif l’Atelier encourage les femmes à la mécanique ( OF.fr-29/08/23)

Carole Montilly et sa Peugeot 106. Depuis un an et demi, elle bichonne sa voiture à l’Atelier, le garage associatif nantais.

Par Isabelle MOREAU.

À l’Atelier, on répare soi-même sa voiture sans se ruiner. Mercredi 30 août, le garage associatif et solidaire organise pour la première fois un atelier réservé aux adhérentes.

« Changer un joint de culasse, c’est une bonne galère. Mais ça se fait », rigole un homme en tenue de bricolage. Filles et garçons, ils sont quatre, penchés sur les entrailles d’une Mini, à causer soupapes et injecteurs. D’un coup, tout le monde recule. Faut extraire la culasse de la bête. « C’est lourd ! »

Chouette ambiance à l’Atelier. Niché dans une cour de la rue Paul-Bellamy, à Nantes, le garage associatif né en 1981 est un lieu qui met tout de suite à l’aise. Dans le vieux bâtiment au charme fou, on vient apprendre à réparer et à soigner sa voiture. Il n’est pas question de devenir spécialiste. Juste un peu moins dépendant de la ferraille et ses aléas.

On se forme. Et on épaule les autres. « On s’entraide tous », confirme Gauthier Le Chaffotec. Le propriétaire de la Mini dotée d’un moteur BMW est l’un des 290 adhérents de l’association. « J’ai du mal à faire confiance aux garagistes », avoue-t-il. Trop de mauvaises surprises par le passé. « J’ai besoin qu’on m’explique ce qui ne va pas sur mon véhicule. Là, on vous donne plein de conseils, on vous explique tout. C’est gratifiant », apprécie le grand barbu.

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L’Atelier est installé rue Paul-Bellamy, dans un bâtiment historique.

L’Atelier a connu des hauts et des bas. Mais il a toujours su se sortir des ornières. Le garage trace sa route, attentif à n’oublier personne. Car le site est accessible à tous, y compris aux personnes modestes : l’adhésion est indexée sur les ressources. « Moi, je paie 650 € l’année : c’est très vite amorti, observe Gauthier Le Chaffotec. Surtout quand on voit le prix de la main-d’œuvre dans les garages. J’aurais dû au moins débourser 1 000 € pour faire changer le joint de culasse. »

« C’est toujours plus écologique de prolonger la vie d’une bagnole »

Lui, il est partout. Il vole d’un adhérent à l’autre, fouille sous les capots relevés, conseille à tour de bras. Christian (1), l’un des trois salariés des lieux, n’arrête pas. Mais prend quand même le temps d’observer l’oiseau venu se poser sur l’antenne d’une Renault Clio. L’ex serveur-animateur cultive la philosophie de l’Atelier, nourrie d’éducation populaire. « On veut que les gens puissent conserver de la mobilité. Car moins on a les moyens, moins on peut faire rouler son véhicule, moins on a accès au boulot. » Se retrousser les manches pour faire soi-même, apprendre et comprendre, c’est aussi une façon de consommer autrement. « C’est toujours plus écologique de prolonger la vie d’une bagnole que d’en acheter une neuve, pointe le mécano. Quel gâchis de ressources, les voitures neuves… »

Christian, l’un des trois permanents du garage associatif et solidaire.

« Il faut que les femmes s’approprient la mécanique automobile »

Fin août, le garage pas comme les autres s’offre une première. Après un « gros débat » au sein du collectif, la décision a été prise : mercredi 30 août, le garage ouvrira seulement aux adhérentes (30 % actuellement). « On est un peu déçus de ne pas avoir plus de femmes, dit Christian. On œuvre pour que le genre féminin ne soit pas associé à une peur de la mécanique et à un tas de préjugés persistants. Du type : “elles ne savent pas changer une roue”. Il faut que les femmes, entre autres, s’approprient la mécanique automobile. » Pour le sexagénaire, aucun doute, « c’est juste une histoire de motivation ».

Ses mains sont noires de cambouis. « Les filles ne se sentent pas légitimes dans le domaine mécanique, abonde Manon (1). Pourtant, tout le monde peut réparer une voiture », affirme la permanente remplaçante.

Vidanger ? « C’est rien du tout ! » sourit Carole Montilly, qui fréquente le garage depuis un an et demi. La première fois qu’elle a poussé la porte de l’Atelier, c’était pour un problème d’air-bag. Aujourd’hui, la Nantaise n’hésite plus à changer sa courroie de distribution. Ça la change de son travail de bureau, assise derrière l’écran. Et quelle satisfaction « de voir que ça marche » .

Paul donne un coup de main à Gauthier Le Chaffotec qui inspecte sa Mini.

L’Atelier, garage associatif, 7, rue Paul-Bellamy, Nantes. Ouvert du lundi au samedi, de 9 h à 18 h. Contact : 02 40 20 02 48.

(1) Ils ou elles n’ont pas souhaité donner leur nom de famille.

Source: https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/a-nantes-le-garage-associatif-latelier-encourage-les-femmes-a-la-mecanique-5573149e-3852-11ee-bc4d-916a22f0daa3

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