
La Fédération conchylicole a alerté sur la qualité des eaux dans le pays d’Auray, ce jeudi 21 juillet, suite à une pollution récente sur la côte de Saint-Philibert. Elle s’estime « lanceuse d’alerte » dans cette affaire.
Le 26 juin dernier, un ostréiculteur parti faire un footing le long de la côte de Saint-Philibert aperçoit un écoulement se déversant dans la mer. Le ruissellement provient d’une fosse d’assainissement non collectif. Des analyses menées sur place le lendemain, par la Fédération conchylicole et les services d’Auray Quiberon Terre Atlantique, démontrent la présence de trois millions d’Escherichia coli en sortie de la propriété. C’est ce que rapportent, ce vendredi 21 juillet, cinq ostréiculteurs du pays d’Auray, membres de la Fédération conchylicole.
Cinq plaintes déposées
« On parle ici d’une zone de baignade, en pleine saison touristique, mais aussi d’une zone avec de nombreuses exploitations ostréicoles, appuie Samuel Durant, ostréiculteurs et fondateur de la Fédération syndicale. S’il y avait eu un fort coefficient ou des averses ce jour-là, nous aurions été directement impactés ».
Les jours suivant, la Fédération conchylicole, deux syndicats ostréicoles, celui d’Auray et de Locmariaquer, Eau et Rivières de Bretagne, ainsi que François Le Cotillec, maire de Saint-Philibert, portent plainte contre X. « L’écoulement venait d’une propriété louée par une société immobilière parisienne. Le propriétaire a été contacté. Nous lui avons demandé de faire des travaux au plus vite, souligne l’édile. La fosse a depuis été vidée, ce qui lui laisse le temps pour se brancher au réseau collectif ».
« Absence de solutions à long terme »
La Fédération conchylicole estime avoir fait « le boulot de la collectivité » dans cette affaire. « On est des lanceurs d’alerte. Si nous n’avions pas remonté l’information, rien n’aurait été fait ».
Les ostréiculteurs déplorent des contrôles des assainissements non collectifs (ANC) trop rares sur le territoire, et regrettent une absence de « solutions à long terme » de la part d’Aqta. « Il y a un défaut de contrôle et de sensibilisation, en inadéquation avec leur discours », estime Bruno Amossé, ostréiculteur à Locmariaquer. Samuel Durand complète : « Sur les 11 500 ANC, 7 700 ont été contrôlés depuis 2012, et seulement 12 % d’entre eux sont conformes ».
Suivi « complexe »
Annie Audic, déléguée à l‘assainissement non collectif à Aqta tempère : « pas conforme n’induit pas forcément une pollution. Si l’entretien est bien fait, il n’y a pas de pollution ». L’élue reconnaît toutefois que même si des contrôles doivent avoir lieu « tous les six ans », c’est « assez complexe à suivre », notamment avec les résidences secondaires et des propriétaires « pas toujours joignables ». « Il fut un temps où 30 % des rendez-vous pour des contrôles n’étaient pas honorés », souligne-t-elle. Rolland Gastine, délégué à l‘eau potable et à l’assainissement collectif, poursuit : « Aqta fait de la qualité de l’eau sa priorité, mais il en va aussi de la responsabilité de chaque citoyen ».
Avec l’arrivée du nouveau préfet le 10 août, la Fédération espère « une reprise du dossier ». « Maintenant qu’un signalement a été fait, cela devrait donner lieu à une enquête, affirme Bruno Amossé. Ce qu’on veut, c’est du concret. Pas des réponses politiques ».