Afflux record, patients sur des brancards dans les couloirs… Un « week-end d’enfer » aux urgences du CHU de Rennes (OF.fr-12/01/26)

La situation continue à se tendre dans les services des urgences bretonnes. Le week-end des 10 et 11 janvier 2026, celles du CHU de Rennes ont été très difficiles avec un afflux record de patients dont des dizaines sur des brancards dans les couloirs.

Par Samuel NOHRA

«Quand nous sommes venus au service des urgences du CHU de Rennes, dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 janvier 2026, on nous a accueillis par ces mots : bienvenue en enfer , » rapporte une soignante. Le service était déjà en forte tension depuis plusieurs semaines, avec l’arrivée des pathologies hivernales. La situation s’est encore détériorée, depuis le lundi 5 janvier 2026, avec le début de la grève des médecins généralistes.  Ce lundi matin, nous avions encore quarante patients sur brancards qui attendaient des lits d’hospitalisation constate le professeur Louis Soulat, chef des urgences et du Samu 35.  Et près de 250 admissions aux urgences ce week-end.  Pour un service initialement conçu pour 150 admissions par jour.

« Les décès font partie de la réalité hospitalière »

Des chiffres confirmés par la direction du CHU.  »Le service des urgences adultes doit en effet répondre à un afflux exceptionnel de patients pour compenser la forte réduction des prises en charge dans les établissements privés de santé engagés dans la grève, avec dans les dernières 24 h, 250 passages soit + 30 % d’activité et un ensemble de 2 232 appels au Samu-15, contre une moyenne de 1 800 habituellement.  »

Le syndicat CGT du CHU évoquait aussi le décès, toujours aux urgences, de deux patients dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 janvier 2026. Mais selon la direction, il n’y aurait pas de lien avec l’engorgement.  Les décès font partie de la réalité hospitalière en accueillant quotidiennement des patients dans des situations critiques ou en fin de vie.  Et de préciser :  Ces deux événements font néanmoins l’objet d’une analyse approfondie. 

La semaine dernière, le CHU de Rennes, comme la quasi-totalité des établissements de santé bretons, avait déclenché son plan blanc. Une mesure pour accroître les moyens humains et tenter de faire retomber la pression imposée aux équipes médicales.

« On ne peut pas prendre les patients en otage »

 «La situation se complique avec les grèves des médecins généralistes et spécialistes », estime le professeur Louis Soulat en tant que vice-président du syndicat Samu urgences de France. Les appels au Samu-15 explosent sans le renfort des médecins généralistes qui assurent, d’ordinaire, la permanence des soins. Ils prennent tous les appels ne relevant pas de l’urgence médicale à proprement dite.  «Nous sommes aussi confrontés aux établissements privés qui refusent des hospitalisations au prétexte que les spécialistes ne sont pas disponibles, radiologues ou chirurgiens. »

D’où les patients qui attendent sur des brancards aux urgences.  «Ce qui interroge, qu’on soit public ou privé, c’est la mission de service public. On ne peut pas prendre les patients en otage , estime le praticien hospitalier. Tout en rajoutant :  Notre cœur de métier (d’urgentistes) ce n’est pas de gérer des patients sur des brancard.» 

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Source: https://www.ouest-france.fr/bretagne/un-week-end-denfer-aux-urgences-du-chu-de-rennes-0cf17b48-efd4-11f0-ae78-1a0629cc1f87

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