« C’est un mal-être généralisé » : les personnels de la piscine Aquarive à Quimper ont débrayé (LT.fr-23/09/24)

Des personnels d’Aquarive font grève devant la piscine, à Quimper, lundi 23 septembre. (Le Télégramme/Jerome Le Boursicot)

En grève, la trentaine d’agents de la piscine Aquarive, à Quimper, a débrayé, lundi 23 septembre au matin. En cause, notamment : les méthodes de l’encadrement.

Par Jérôme LE BOURSICOT.

Nouvel épisode de la crise sociale qui ébranle Aquarive, à Quimper. Lundi 23 septembre, la trentaine d’employés de la piscine a débrayé, entre 10 h et 11 h. « Trois créneaux pour des élèves ont dû être annulés. On ne se satisfait pas de ça. Mais c’est le seul moyen d’attirer l’attention de la direction », déplore Clément Marcadet, du Syndicat national professionnel des maîtres-nageurs sauveteurs (SNPMNS).

« Je suis prêt à avoir une réunion de travail pour évoquer les points d’achoppement et avancer. C’est dans l’intérêt de la collectivité et des enfants », répond Daniel Le Bigot, vice-président de QBO notamment en charge des piscines de QBO (Kerlan Vian et Aquarive à Quimper et Aquacove à Briec).

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Le conflit avec la collectivité a démarré au printemps 2022. Sauf que cette fois, « tous les agents, dans tous les services, technique, accueil, maîtres-nageurs, sont grévistes, une première depuis l’ouverture de la piscine en 1991 », soulignent les délégués syndicaux présents.

Ce conflit larvé a connu une accélération ces derniers mois. Au passage, le directeur des piscines, Sylvain Crespin, a démissionné. « La direction de QBO essaie de mettre ce départ sur le dos des agents des piscines », dénonce Didier Corbonnois, délégué syndical CFTC.

« Épuisement »

« Pressions », « épuisement », « souffrance », « problèmes de management »… Voilà, pour les syndicalistes, les causes de la démission de l’ancien directeur des piscines. « Il a été poussé à sanctionner les agents », ajoute Didier Corbonnois, qui pointe aussi les « problèmes managériaux et techniques » touchant ses collègues.

« Il n’y a eu aucune pression au niveau de la collectivité », rétorque Daniel Le Bigot, qui reconnaît que « la situation, socialement, est compliquée ». Il précise que Sylvain Crespin a lui-même évoqué auprès de lui, un mois avant sa démission « une situation extrêmement tendue dans le cadre de ses fonctions, avec des grèves successives, un climat de travail très délicat ».

Points de vue divergents

Pour sortir de l’impasse, les grévistes estiment avoir proposé des solutions adéquates, à l’issue d’un protocole d’enquête concernant les risques psychosociaux lancé à l’initiative de QBO. « Un travail réalisé par un bureau d’études a en effet abouti à des conclusions, explique le vice-président de QBO. Mais ce bureau d’études n’a pas émis de propositions d’axes de travail ». Pour l’élu, à l’heure actuelle, il manque un « diagnostic et des propositions de résolution partagées. La collectivité souhaite ce travail conjoint entre tous les partenaires ».

Les grévistes accusent par ailleurs la direction de ne pas avoir participé aux réunions d’étape de ce travail sur les risques psychosociaux. « Ce n’est pas notre rôle », réplique Daniel Le Bigot.

J’ai garanti aux directeurs d’école qu’il n’y aura aucune coupe budgétaire. Les cours seront assurés pour les élèves de la même manière qu’avant, même avec une piscine en moins.

Enfin, les syndicats évoquent des coupes budgétaires affectant l’accueil des élèves des écoles. « C’est faux !, s’insurge Daniel Le Bigot. Ce sont des bruits. J’ai garanti aux directeurs d’école qu’il n’y aura aucune coupe. C’est un service public. Les cours seront assurés pour les élèves de la même manière qu’avant, même avec une piscine en moins à cause des travaux à Kerlan Vian. Nous allons même plus loin que l’obligation légale de l’apprentissage du CP à la 6e en proposant des prestations pour des grandes sections d’écoles maternelles ».

Un nouveau débrayage à venir

Reste que « les agents sont psychologiquement atteints, c’est un mal-être généralisé, indique Johan Fertil, du SNPMNS. Trois d’entre eux ont porté l’affaire devant le tribunal administratif ».

Les personnels de la piscine envisagent un nouveau débrayage dans la semaine. Disant respecter le droit de grève, Daniel Le Bigot souhaite cependant que « le service public soit honoré ». Tout en assurant être « dans un état d’esprit d’apaisement ».

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Source: https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper-29000/cest-un-mal-etre-generalise-les-personnels-de-la-piscine-aquarive-a-quimper-ont-debraye-6668409.php

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