
L’administration Trump a-t-elle demandé aux scientifiques de l’agence américaine pour l’océan de mettre un terme à tous leurs échanges avec leurs homologues à l’étranger, dont l’Ifremer ? Si le P.-D.G de l’institut breton dément, une telle rupture mettrait des projets scientifiques en péril.
Par Nicolas ARZUR.
L’Ifremer blacklistée par Donald Trump ? Son administration aurait explicitement demandé, depuis un mois, aux scientifiques de la NOAA, l’agence nationale pour l’océan et l’atmosphère des États-Unis, d’interrompre leurs échanges avec leurs homologues étrangers. Y compris avec ceux, Français, rassemblés à l’Ifremer. Selon France Info, les scientifiques américains auraient reçu l’ordre de ne plus participer ou organiser de réunion avec leurs confrères internationaux.
Le P.-D.G de l’Ifremer dément
Interrogé par Ouest-France, le P.-D.G de l’Ifremer François Houllier n’a pas pour autant confirmé cette nouvelle donne : « Nous avons échangé la semaine dernière (début mars) avec une équipe de la NOAA concernant l’organisation d’une table ronde au One Ocean Science Congress », coorganisé avec le CNRS avant le sommet des Nations Unies pour l’océan à Nice en juin 2025. « En revanche, et ça c’est nouveau, l’équipe de la NOAA a dû demander, et a obtenu, l’accord de sa hiérarchie pour nous parler », a-t-il toutefois admis.
Cette restriction des échanges vise-t-elle à éviter de dévoiler l’ampleur des licenciements dans l’agence scientifique américaine ? Si le motif de ces évolutions en matière de communication n’est, pour l’heure, pas indiqué, une rupture hypothétique de contact pourrait en tout cas avoir de lourdes conséquences sur l’avenir de plusieurs programmes scientifiques.
Risque de mise en péril de projets scientifiques
À commencer par le programme Argo et ses milliers de bouées qui analysent la température et la salinité des océans dans le monde : faute d’échange avec les Américains, les scientifiques français pourraient ne plus connaître de l’état des océans en temps réel. Il y aurait aussi des conséquences sur les prévisions météo, l’étude des phénomènes extrêmes et du dérèglement climatique .
Selon le média public, l’Ifremer réfléchit actuellement à recruter certains scientifiques américains, alors que près de 800 météorologues et employés du NOAA ont été licenciés fin février. « On établit des listes, des thèmes sur lesquels on pourrait recruter du monde », indique une source sur franceinfo.
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