
AMAZON /SENLIS (OISE) : LA GRÈVE SUR FOND DE NÉGOCIATIONS ANNUELLES PROVOQUE DE GROS BOUCHONS AUX ABORDS DE LA PLATEFORME DE SENLIS !
Un mouvement de grève des employés d’Amazon provoque la pagaille du côté de l’entrepôt de Senlis, au rond-point dit de l’autoroute A1.
Il ne fait pas bon en ce moment circuler aux abords de la plateforme logistique d’Amazon, à Senlis. Les grévistes filtrent les entrées sur le site, ce qui provoque de gros bouchons aux abords de l’entrepôt, notamment du côté du rond-point permettant de rejoindre l’autoroute A1 ou de prendre la direction de Crépy-en-Valois ou d’Ermenonville.
Un désaccord sur la hausse des salaires proposée !
Cette grève a pour toile de fond les négociations salariales annuelles. La direction d’Amazon propose pour l’heure une augmentation du salaire de base de 2% pour ses agents logistiques et une prime de partage de la valeur pouvant atteindre 600 euros bruts. La CGT trouve bien faible «le niveau d’augmentation proposé, bien en dessous de l’inflation» et dénonce une prime de partage de la valeur totalement insuffisante. Le syndicat demande notamment 15% d’augmentation générale, l’intégration des primes dans le salaire et la prise en charge de la journée de solidarité.
CRISE DU LOGEMENT : LES IMPAYÉS DE LOYERS AUGMENTENT ET LES EXPULSIONS EXPLOSENT EN 2024, UNE « TENDANCE TRÈS INQUIÉTANTE » SELON LES ASSOCIATIONS !
L’année dernière, 24 000 procès-verbaux d’expulsion de ménages ont été délivrés, contre 12 825 en 2023, selon des chiffres présentés par la Chambre nationale des commissaires de justice.
Signe de l’aggravation de la crise du logement en France, les commissaires de justice ont constaté en 2024 une explosion des expulsions de locataires, en hausse de 87 % sur un an, et des procédures juridiques pour impayés de loyers toujours plus nombreuses. L’année dernière, 24 000 procès-verbaux d’expulsion de ménages ont été délivrés, contre 12 825 en 2023, selon des chiffres présentés par la Chambre nationale des commissaires de justice
Le vice-président de la Chambre nationale des commissaires de justice, explique cette hausse par « une purge des dossiers bloqués par le Covid » à laquelle s’ajoute une « problématique de pouvoir d’achat et de crise du logement« .
171 000 commandements de payer ont été signifiés à des locataires !
Ces chiffres, publiés à dix jours de la fin de la trêve hivernale et de la reprise des expulsions, montrent « une tendance très inquiétante et de long terme« , selon Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre). La « majorité » des expulsions concernent des logements sociaux, selon Régis Granier. Cette hausse alarmante des expulsions est à nuancer en prenant en compte les autres chiffres rapportés par les commissaires de justice, anciennement huissiers, dont le rôle est d’exécuter les décisions de justice, notamment dans le cadre des procédures d’impayés de loyer.
En 2024, 171 000 commandements de payer ont été signifiés à des locataires, en hausse de 11 % sur un an, ce qui est le premier acte après l’ouverture d’une procédure juridique pour impayé de loyer par un propriétaire.
« Absence de tolérance » !
Les décisions de justice qui résilient un bail et ordonnent l’expulsion du locataire, « commandement de quitter les lieux« , ont progressé de 9,3 % sur un an, à 81 000. « Il y a une augmentation à toutes les étapes » des procédures d’impayés de loyer, souligne Manuel Domergue, ce qui est pour lui « encore plus inquiétant« , car cela va « alimenter les expulsions de 2025 et 2026« . Autres signes de ces difficultés croissantes à joindre les deux bouts, une hausse du nombre d’impayés de charges de copropriété, qui concerne un million de propriétaires et 800 000 copropriétés en difficulté de trésorerie.
Selon la Cour des comptes, il y a eu 19 023 expulsions en présence des forces de l’ordre en France en 2023, soit 17 % de plus que l’année précédente, un chiffre différent de celui pris en compte par les commissaires de justice. Les commissaires de justice estiment que 10 % à 15 % des ménages expulsés sont relogés, mais précisent qu’il n’existe pas de chiffres officiels consolidés. Les commissaires de justice alertent par ailleurs concernant les abandons de logements, le locataire est parti sans donner congé et parfois sans rendre les clefs, dont le nombre de constats officiels a augmenté de 8 % en 2024, à 5 350.
PARIS / LOGEMENT SOCIAL !
Le constat est sans appel. « Les attributions de logements sociaux s’écroulent, le système craque, et, à Paris, la situation se dégrade au point qu’en 2024 nous avions 290 000 demandeurs, mais seuls 9 000 logements HLM ont pu être attribués », reconnaît l’adjoint à la mairie de Paris chargé du logement. Parmi ces demandeurs, 11 000 femmes victimes de violences. « Parfois, en commission d’attribution des logements sociaux, il y a cinq cas terribles, et il faut choisir celui qui est le plus désespéré. Et c’est insupportable », poursuit l’élu, en soulignant que le budget logement de la Ville a pourtant doublé en cinq ans. Habitué à gérer la file d’attente des ménages ayant demandé un logement social, le monde HLM se trouve pourtant désemparé par l’ampleur de la tâche. « Gérer la pénurie, c’est insensé quand elle est paroxysmique comme aujourd’hui, confie Christine Laconde, directrice générale de la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), deuxième bailleur social parisien, avec plus de 60 000 logements sociaux. Quelle est notre participation à la résolution de la crise du logement ? C’est tout petit. Malgré toute la bonne volonté, collectivement, nous ne sommes pas à la hauteur. »
L’observation des courbes, divergentes, des demandes et des attributions de logement social révèle la profondeur de la crise. Fin décembre 2024, 2,8 millions de ménages avaient déposé une demande, contre 1,7 million fin 2013, soit une hausse de 60 % (un tiers de ces demandes émane de ménages déjà locataires du parc social et candidats à une mobilité). Le nombre de ménages ayant emménagé dans un HLM a, dans le même temps, chuté drastiquement : les attributions de logement sont passées d’un pic de 500 000 en 2015 à 380 000 en 2024.
FORVIA / MÉRU (OISE) : TOUJOURS NON AUX LICENCIEMENTS !
Le groupe Forvia, équipementier automobile, vient d’annoncer ses résultats 2024. Pour un chiffre d’affaires à peu près stable à 27 milliards, il affiche une légère perte nette de 185 millions d’euros.
D’après les comptes du groupe, cette perte est liée à des frais de restructuration. Il faut lire « frais de suppression de 10 000 emplois » de 362 millions d’euros, soit le double des pertes. Forvia investit donc dans les licenciements pour assurer de futurs dividendes à ses actionnaires, dont les familles Peugeot et Agnelli.
Après Bains-sur-Oust en Bretagne et Hagenbach en Allemagne, le plan de 110 suppressions d’emploi à Méru, dans l’Oise, est l’une des premières étapes prévues par Forvia pour réduire ses effectifs en Europe de 70 000 à 60 000. C’est un plan à bas coût qui annonce les intentions du groupe pour la suite.
Il se limite à une prime extralégale de 1 400 euros par année d’ancienneté, plafonnée à 40 000 euros (contre les 180 000 qui ont été payés à Hagenbach en Allemagne). Pour les plus anciens, Forvia propose une sorte de préretraite sur 22 mois, avec 85 % du smic brut, soit 1 573 euros par mois. Même pas 85 % de leur salaire actuel ! Une insulte et une aumône.
Les syndicats majoritaires, UNSA et CGC, estimant avoir « mouillé la chemise » comme ils le disent, sont prêts à signer ce plan. Ce que n’admettent ni une minorité de travailleurs, ni les équipes syndicales CGT, CFDT et FO, qui continuent à animer les réunions et rassemblements de protestation de ceux qui restent sur leur position : pas d’accord à moins d’une indemnité de 5.000 euros par année d’ancienneté.
Envers et contre tout, et malgré l’attitude des représentants syndicaux officiellement majoritaires, c’est cette minorité qui a raison.
GOODYEAR / AMIENS (SOMME) : TOUJOURS DEBOUT, UNE NOUVELLE ACTION JUDICIAIRE DES EX-GOODYEAR CONTRE L’ÉTAT !
Près de 550 ex-salariés de l’usine de pneumatiques Goodyear d’Amiens-Nord, fermée avec pertes et fracas en 2014, assignent l’État devant le tribunal judiciaire de Paris pour dysfonctionnement de la justice, en l’occurrence une procédure jugée excessive de leur action menée devant le Conseil de prud’hommes entre 2014 et 2021.
17 400 euros de dommages et intérêts demandés !
L’avocat s’appuie sur la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et le Code de l’organisation judiciaire. Selon lui, les procédures prud’hommales chargées de se prononcer sur l’irrégularité des licenciements des ex-Goodyear ne se sont pas tenues dans un « délai raisonnable (plus de 60 mois entre l’audience de conciliation et l’audience de plaidoirie)« .
L’état a manqué à son devoir !
Aucune mesure particulière n’a été prise par l’état pour rechercher une solution pérenne aux difficultés rencontrées par les demandeurs. « L’état a manqué à son devoir de protection juridique de tout individu » souligne l’avocat.
La date de plaidoirie n’a pas encore été fixée.
KERAGLASS /BAGNEUX-SUR-LOING (SEINE-ET-MARNE) : 77 EMPLOIS DE VERRIERS BIENTÔT SUPPRIMÉS !
Alors que la direction de cette usine située à Bagneaux-sur-Loing et spécialisée dans la fabrication de plaques de cuisson en vitrocéramique prévoit de supprimer 77 postes, les salariés ont lancé une grève. « Le groupe fait des bénéfices« , rappelle la CGT.
Les verriers organisent un « piquet de colère » devant l’entreprise, « 24 heures sur 24« . Chez Keraglass, une entreprise de 240 salariés qui produit des plaques vitrocéramiques près de Nemours, le mouvement de grève a débuté il y a quatre semaines après l’annonce d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), raconte le délégué syndicale CGT Nicolas Bruant. « 77 personnes doivent partir. Ce plan social est un rouleau compresseur, c’est complètement injuste« , dénonce-t-il.
L’usine est dirigée par EuroKera, une filiale du groupe français Saint-Gobain et du groupe américain Corning. « On a 30 ans d’existence et un vrai savoir-faire. Conducteur de four, façonneur… Il y a de nombreux métiers parmi les verriers. Aujourd’hui on nous cache un plan de restructuration qui impose un management au chronomètre et une sous-traitance de plusieurs services. On crache sur notre histoire et on détruit nos métiers pour faire des économies« , alerte le responsable syndical.
Alors que l’usine de Bagneaux-sur-Loing est dédiée à la fabrication du verre, elle travaille avec trois autres usines dédiées respectivement aux marchés européen, étasunien et asiatique. « On n’est pas un cas isolé, l’usine de finition de Château-Thierry (Aisne), dans les Hauts-de-France, est aussi concernée par des suppressions d’emplois« , relève Nicolas Bruant.
Chez Keraglass, le délégué CGT pointe du doigt un plan qui survient alors que « le groupe fait des bénéfices« . « En 30 ans, notre groupe a fait un milliard d’euros de bénéfices. Avant, nos concurrents étaient allemands, c’étaient les années fastes.
« Depuis quelques années, l’utilisation de l’arsenic dans la composition des plaques vitrocéramiques est interdite en Europe, alors que c’est toujours autorisé en Chine. Là-bas, le verre est produit à moindre coût. Les plaques chinoises sont 40 % moins chères, mais elles cassent rapidement et font des milliers de kilomètres. Tout ça pose un problème de salubrité publique, mais aussi des questions économiques, humaines et écologiques« , ajoute Nicolas Bruant. « En France, les verreries disparaissent les unes après les autres« , poursuit le responsable syndical.
Et si la direction promet que le projet « ne porte en aucun cas sur la fermeture de l’usine« , Nicolas Bruant alerte sur l’avenir des verriers à Bagneaux-sur-Loing. « Il reste 39 jours avant la signature de ce plan« , alerte le délégué CGT, qui annonce des actions et de possibles blocages.
RÉPRESSION SYNDICALE À L’ADMR DU LOIR ET CHER !
L’Association ADMR Sud Blaisois a engagé une procédure de licenciement pour faute grave contre notre camarade Ana Fernandes, aide à domicile, élue titulaire au CSE, déléguée syndicale et Secrétaire Générale du syndicat CGT ADMR 41.
Le 13 mars dernier, lors du Comité Social et Économique des associations ADMR de Loir et Cher, Les élues CFTC ont voté pour le licenciement d’Ana mise à pied depuis le 20 février dernier !
L’objectif de l’ADMR est de bâillonner Ana, le syndicat CGT et ses militantes, de faire taire les travailleuses afin de dissimuler ce qu’elles vivent :
– Des conditions de travail calamiteuses,
– L’organisation arbitraire des plannings,
– Les convocations disciplinaires,
– Les sanctions voire les licenciements des salariées les plus en difficulté et/ou les moins dociles,
– Les temps de déplacements non payés,
– La non-reconnaissance des qualifications.
En s’attaquant à Ana, le patronat de l’ADMR 41 et la CFTC s’attaquent non seulement à toute la CGT mais également à toutes celles qui chaque jour aident et accompagnent à leurs domiciles nos pères, nos mères, nos grands-mères et nos grands-pères. Face à la répression contre les élues CGT, les camarades ne reculeront pas. Ana et le syndicat poursuivront la lutte pour défendre les droits et les revendications des travailleuses et des travailleurs de l’aide et de l’accompagnement à domicile dès le 1er avril prochain devant le tribunal correctionnel de Blois où se tiendra le procès de plusieurs associations et de la Fédération ADMR du Loir et Cher pour travail dissimulé par dissimulation d’heures de déplacements professionnels. L’ensemble de la CGT apporte tout son soutien à Ana et à nos camarades du syndicat CGT ADMR Loir et Cher et appelle à la mobilisation le 1er avril à partir de 12h devant le tribunal de Blois pour que l’inspection du travail refuse le licenciement de notre camarade et pour la reconnaissance des droits des aides à domicile et auxiliaires de vie.
FONCTION PUBLIQUE : DÉFENSE DE NOS CONDITIONS DE TRAVAIL ET DE VIE !
Agissons le jeudi 3 avril 2025 ! L’Union fédérale des syndicats de l’État CGT a déposé un préavis de grève du 13 mars au 31 mai 2025.
Les 27 pays membres de l’Union européenne ont annoncé la mobilisation de 800 milliards d’euros au nom d’une prétendue économie de guerre. En ce qui concerne la France, les dépenses militaires seraient doublées et passeraient de 50 à 100 milliards d’euros. Toujours au nom d’une prétendue économie de guerre, celles et ceux qui gouvernent, serviteurs zélés du capital, entendent mener une guerre sociale contre le monde du travail, organiser une purge budgétaire, dégrader nos conditions de travail et de vie. Par une autre appropriation des richesses produites par le monde du travail, par des lois de finances et de financement de la Sécurité sociale construites sur d’autres bases, il est possible de financer les services publics, les politiques publiques et la fonction publique.
Oui, il y a urgence à reconquérir et développer des services publics au service de la mise en œuvre d’une nouvelle logique de développement devant permettre aux générations d’aujourd’hui et de demain de satisfaire leurs besoins. En décrétant l’urgence et au moyen d’une loi de finances rectificative, il est possible de rétablir la rémunération versée aux agent·es qui sont confronté·es à la maladie à une hauteur de 100 % ; de mettre fin au jour de carence ; de rétablir le versement de la Garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA). Comme il est possible de mettre fin au gel interminable de la valeur du point d’indice. L’UFSE-CGT demande qu’il soit immédiatement revalorisé d’au moins 10 %, de l’indexer sur l’inflation, de cesser la smicardisation des grilles indiciaires qui doivent être reconstruites, d’imposer l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes. Force est de constater que l’on veut nous faire travailler toujours plus en nous payant toujours moins. À l’opposé de telles évolutions, l’UFSE-CGT propose une réduction du temps de travail tout au long de la vie devant aussi permettre à toutes et tous de travailler avec :
Les 60 ans et les 32 heures,
Un plan pluriannuel de recrutement d’emplois d’agent·es fonctionnaires,Un plan de titularisation des agent·es non titulaires.
La contre-réforme des régimes de retraite doit être abrogée ! Pour une immense majorité des salarié·es et des citoyen·nes, la retraite à 64 ans et plus, c’est NON !
L’Union fédérale des syndicats de l’État, la fédération des services publics, la fédération de la santé et de l’action sociale ont refusé de siéger lors de la réunion sur la retraite proposée par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique, le mercredi 19 mars dernier. Ce même jour, les organisations de la CGT ont décidé de ne plus participer au « conclave » sur les retraites.
Il y a urgence à agir pour imposer d’autres choix et gagner sur nos revendications alors que le Gouvernement vient d’annuler 9,1 milliards d’euros de crédits pour les dépenses de l’État et de la Sécurité sociale. Un gouvernement qui confirme tout autant sa volonté de poursuivre le gel de la valeur du point d’indice, de ne pas rétablir le versement de la GIPA, de maintenir au moins une journée de carence, de ne pas rétablir le 100 % du congé maladie ordinaire.
Dans un tel contexte, les organisations syndicales CGT, UNSA, FSU, Solidaires de la Fonction publique appellent les agent·es publics à une journée d’actions. L’UFSE-CGT appelle les personnels à s’inscrire, massivement et dans l’unité la plus large, dans cette première journée d’actions et de mobilisations par tout moyen y compris la grève. L’UFSE-CGT apporte son soutien aux mobilisations en cours dans différents secteurs professionnels qu’il s’agisse de la protection judiciaire de la jeunesse, des agent·es de la petite enfance, de l’Office français de la biodiversité, du social, du médico-social, des ATSEM, de France Travail, de l’enseignement supérieur et de la recherche pour ne citer que quelques exemples.
JTEKT (RHÔNE) : CONFIRME LA SUPPRESSION DE 197 POSTES À CHEVIGNY ET IRIGNY !
L’équipementier automobile basé à Chevigny-Saint-Sauveur, filiale de Toyota et spécialiste des systèmes de direction, est en difficulté depuis plusieurs années.
Nous l’avions annoncé en janvier : C’est finalement avec quelques jours d’avance, ce mercredi 26 mars, que la direction a annoncé son projet de réorganisation de ses activités en France, et ses impacts sur les deux sites de production de Chevigny-Saint-Sauveur et Irigny (69).
Restaurer la compétitivité !
Ce projet pourrait se traduire par la suppression de 197 postes sur les deux sites, dont 85 sur les 550 du site côte-d’orien. « Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été présenté aux représentants du personnel le 26 mars. Par ailleurs, 11 emplois pourraient être créés et 32 postes pourraient faire l’objet d’une modification du contrat de travail », assure Jtekt par la voie d’un communiqué de presse.
Réduction de 20 % d’ici 2027 !
Pour mémoire, Jtekt, qui fabrique des systèmes de direction, est confronté depuis plusieurs années à une réduction de ses carnets de commandes couplée à la crise du secteur automobile, démarrée post-covid.
En mars 2023, JTEKT Europe avait alors fusionné ses activités JTEKT Automotive Dijon-Saint-Étienne (JADS) de Chevigny-Saint-Sauveur, JTEKT Lyon (JALY), basé à Irigny, et JTEKT Innovations Hydrauliques (JHPI), basé à Chennevières-sur-Marne.
L’actionnaire annonçant, à l’époque, « qu’il pourrait être contraint de procéder à des fermetures de site, notamment en France, si aucune solution n’est rapidement trouvée ».
Une réduction de 20 % des effectifs d’ici 2027 avait déjà été annoncée lors d’un comité social et économique qui s’est tenu fin janvier Irigny. À noter que JTEKT s’est déjà séparé de sa branche dédiée à la production de pompes hydroélectriques, à Blois, en avril 2024. JTEKT Bearings France, une autre filiale spécialisée dans les roulements, présente à Vierzon (Cher) et Maromme (Seine-Maritime), est, quant à elle, en vente depuis fin 2024.
Les salariés de JTEKT comme les territoires où sont implantés les sites français, ces suppressions d’emplois visent à adapter les effectifs à la logique de la restructuration engagée en 2020 qui a deux piliers : délocaliser les productions des directions automobiles au Maroc et en Europe de l’Est en particulier en Tchéquie quitte ensuite à les réimporter en France pour équiper les voitures françaises (Renault et Stellantis), abaisser le coût du travail en France en pratiquant la casse de l’emploi et une austérité renforcée comme les syndicats le constatent avec les NAO qui se déroulent actuellement.
Quelle que soit la marque d’un véhicule ou le modèle de voiture (Thermique – Hybride -Électrique) il faudra toujours un système de direction sécurisé selon les normes Françaises, Européennes pour chaque voiture. La direction sera hydraulique ou électrique selon les constructeurs, le modèle ou l’équipementier. La nouvelle réorganisation de JTEKT amène une question : si ses établissements français disparaissent, qui réalisera demain, les directions des voitures de Renault et Stellantis ?
Ce sont les établissements de l’Europe de l’Est ou du Maroc qui seront leurs fournisseurs conduisant à aggraver le déficit de la France. Le gouvernement parle de réindustrialisation, mais il ne sera pas crédible tant qu’il continuera de laisser faire les projets destructeurs des groupes et équipementiers automobiles notamment celui de Toyota-JTEKT
LUBRIZOL / SEINE-MARITIME : GRÈVE ILLIMITÉE CONTRE LES LICIENCIEMENTS !
Mécontents des négociations en cours avec la direction de Lubrizol, après l’annonce d’un PSE, les syndicats ont lancé un appel à la grève illimitée à partir du 27 mars 2025.
La grève est de retour chez les salariés de Lubrizol. Et cette fois-ci, elle pourrait durer plus longtemps que celled’une semaine en février dernier, qui faisait suite à l’annonce d’un vaste plan de restructuration des deux sites industriels de Seine-Maritime.
Jusqu’en mai ?
Les trois syndicats, CGT, CFDT et CFE-CGC ont lancé un appel à la grève illimitée sur l’ensemble des sites à partir du 27 mars 2025 12h. « On est partis sur une grève de deux jours (les 27 et 28 mars) à laquelle succédera une grève illimitée où la production sera à l’arrêt », précise un délégué syndical. L’objectif est de tenir la grève jusqu’à fin mai, date prévue de la signature du plan de sauvegarde de l’emploi.
Les syndicats dénoncent le comportement de la direction, alors que quatre réunions de négociations ont eu lieu en mars. « On n’a aucun document, pas d’organigramme futur, on nous donne des raisons économiques mais on n’a le coût de rien. On sait par exemple que des postes à Rouen vont être transférés à Londres, ça va forcément coûter de l’argent. C’est juste effarent. » Les syndicats n’ont toujours pas eu accès à la répartition des postes supprimés.
C’est un PSE au plus bas !
« C’est le pire des plans, on part avec rien, juste le minimum légal, rien de plus, poursuit le syndicaliste. Tout le monde est énervé, c’est un PSE au plus bas. »
Le 6 février, l’entreprise Lubrizol, spécialiste des additifs pour carburants, a dévoilé les grandes lignes de son plan de restructuration des deux sites de Rouen et d’Oudalle. Avec pour principale conséquence, un sabrage important dans les effectifs. 169 suppressions de postes dont 145 à Rouen, au sein d’une entreprise qui compte 665 salariés. L’ampleur du plan social a choqué les salariés. L’entreprise, lors de cette annonce, s’était notamment justifiée par « la baisse que connaît le marché des additifs en Europe depuis dix et sa surcapacité de production ».
THALES ALENIA SPACE A TOULOUSE (HAUTE-GARONNE) : LE CONFLIT S’ENLISE !
Suppression de postes et absence de revalorisation des rémunérations : les salariés du fabricant de satellites étaient rassemblés une nouvelle fois à Toulouse, jeudi 27 mars, pour protester contre ces mesures.
Une grande tente rouge plantée sur la pelouse, des saucisses fumantes sur le gril et une sono posée sur une table servent de décor, jeudi 27 mars, au douzième rassemblement de plusieurs centaines de salariés de Thales Alenia Space (TAS), à Toulouse. Chaque jeudi, depuis le 9 janvier 2025, à l’appel d’une intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, CFDT, ils protestent contre l’absence d’augmentation collective et individuelle des salaires.
Cette décision, prise par la direction dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), est jugée « injuste et inacceptable » par Valérie Puel, une assistante du département électronique, entrée il y a trente-cinq ans dans cette entreprise spécialisée dans la fabrication de satellites et de « segments sol », l’ensemble des moyens et équipements au sol nécessaires à la réalisation d’une mission spatiale, croisée sur le terre-plein devant les grilles de l’usine. « Nous n’obtenons pas un seul centime. Pourtant, nous avons travaillé et nous sommes méritants », grince-t-elle.
Yves Cognieux non plus ne cache pas sa colère. « Zéro pour cent de hausse, c’est indécent et dégradant pour les salariés, qui sont considérés comme un coût [qui doit être] pressuré pour répondre aux exigences financières, fulmine le délégué syndical central CFDT. C’est une insulte au regard des résultats du groupe. » Le 4 mars, le groupe Thales, qui détient cette coentreprise, à hauteur de 67 % , avec l’entreprise industrielle italienne Leonardo, annonçait avoir réalisé, en 2024, 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires et généré plus de 2 milliards d’euros de trésorerie.
Ce bras de fer intervient dans un climat social déjà tendu. Car, le groupe procède, depuis décembre 2024, à la mise en œuvre de l’accord de gestion active de l’emploi (GAE). Celui-ci prévoit de supprimer sur une période de dix-huit mois près de 1 300 emplois en Europe, dont 980 postes en France. Le site de Toulouse, siège social de la branche française, spécialisé dans la fabrication de charges utiles de télécommunication, perd 650 emplois sur un total de 2 700 personnes. Quant à l’usine de Cannes (Alpes-Maritimes), qui œuvre dans l’assemblage, l’intégration et les tests des satellites de télécommunication et d’observation, elle est amputée de 330 emplois.
Si cette procédure est déjà bien avancée, à 60 %, par le non-remplacement des départs à la retraite ou avec l’incitation à la mobilité dans le groupe, les syndicats espèrent toutefois ralentir son exécution. C’est la raison pour laquelle, lundi 24 mars, lors d’une commission centrale anticipée (CCA) qui s’est déroulée au siège de Thales à Meudon (Hauts-de-Seine), ils ont voté à l’unanimité le gel dispositif pour trois mois.
« Cela nous permettrait de conserver les effectifs dans l’entreprise. Car nous avons reçu une pluie de commandes pour un montant de 800 millions d’euros », argumente Thomas Meynadier ; le délégué syndical CGT, élu au comité social et économique (CSE) et au comité social et économique central (CSEC) cite, par exemple, la signature de deux contrats pour la fabrication de deux satellites géostationnaires de télécommunications avec l’opérateur Space Norway en février et avec SKY Perfect JSAT Corporation en mars.
FAIRE PAYER LES RETRAITÉS : LA CFDT S’ALIGNE AVEC LE MEDEF POUR ATTAQUER LES PENSIONS !
Dans une interview, la dirigeante de la CFDT s’est montrée prête à remettre en question « les 10 % d’abattement dont bénéficient les retraités » pour financer les retraites. Une revendication de longue date du MEDEF qui vise une hausse d’impôt généralisée pour des millions de retraités.
Une semaine après l’ultimatum à Bayrou de la CFDT, Marylise Léon confirme ainsi sa disposition à sauver coûte que coûte le « conclave ». La porte-parole de la CFDT affirme ainsi être « d’accord avec l’idée qu’il faut un partage des efforts auprès de tous ceux qui le peuvent, les actifs, mais aussi ceux déjà à la retraite ». Avant d’ajouter : « la question des 10 % d’abattement dont bénéficient les retraités se regarde… Bien entendu, il ne s’agit pas de demander un effort à ceux qui sont au minimum vieillesse ou qui ont du mal à boucler les fins de mois, mais aux pensionnés les plus aisés ».
Une position scandaleuse qui cache en réalité une hausse d’impôts généralisée pour des millions de retraités qui ne sont ni riches ni aisés. En effet, la piste de la suppression de l’abattement de 10% présage que des millions de retraités aux pensions « intermédiaires » seront touchés par des hausses d’impôts. C’est ce que pointe l’économiste de l’OFCE, Pierre Madec qui souligne que, si la mesure n’avait quasi pas d’impact pour les 20% de retraités les plus modestes, elle conduirait à des hausses d’impôts pour les 80% restants, avec une hausse d’impôts allant jusqu’à 700 euros pour les 20% les « plus aisées ». Par ricochet, des hausses d’impôts jusqu’à plusieurs centaines d’euros toucheraient les retraités placés dans les catégories intermédiaires.
La proposition de la CFDT s’aligne ainsi sur le MEDEF !
Ainsi, sans surprise, le dirigeant du Medef, Patrick Martin s’était déjà dit favorable à une telle mesure, affirmant que « poser la question de l’abattement fiscal de 10% sur les retraites ou encore la hausse de la CSG pour les retraités ». Dans le même sens, en janvier dernier, la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, avait affirmé qu’il fallait « arrêter de voir les retraités comme un bloc homogène » et appelait à ce que certains d’entre-eux participent au financement de la Sécurité sociale et du grand âge.
Une proposition qui avait provoqué un tollé tel, que le gouvernement avait été forcé de reculer. En effet, face à l’instabilité politique, mais également à la peur de la Macronie de perdre une partie importante de son socle électoral, les retraités aisés, le gouvernement avait changé de fusil d’épaule, préférant remettre le sujet à plus tard.
Ainsi derrière les apparences d’une mesure de « justice sociale » du type « taxe Zucman », la secrétaire générale de la CFDT se prépare à négocier la régression sociale et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. À la question « Faut-il remettre à plat le financement de toute la protection sociale, comme le suggère le patronat ? », elle a répondu : « Aujourd’hui, la protection sociale repose trop sur le travail. Une remise à plat serait bienvenue. Nous fêtons cette année les 80 ans de la Sécurité sociale. Si on veut l’honorer, il faut accepter de la transformer ». Une position qui ouvre le flanc à un nouveau volet d’attaques visant le salaire indirect et la Sécurité Sociale, contre une hausse des impôts et taxe.
Cette disposition de la CFDT à répondre à des revendications historiques du MEDEF constitue un saut de la CFDT dans la négociation de la régression sociale. L’ensemble des syndicats et fédérations intermédiaires doit dénoncer le positionnement de la direction de la CFDT qui est prête à sacrifier les retraités pour redonner vie à un conclave 2.0 qui présage de futures offensives XXL contre le monde du travail. Il faut exiger une rupture immédiate avec le « dialogue social » et en finir avec cette mascarade qui, en plus de donner de la stabilité au gouvernement Bayrou, prépare de nouvelles offensives anti-sociales.
Face aux attaques contre les travailleurs en poste, les travailleurs à la retraite, il est donc urgent de rompre avec toute forme d’illusion et dénoncer les directions syndicales prêtes aux compromis avec le patronat. Ce n’est ni avec le patronat, ni à l’Élysée que l’on pourra stopper l’offensive patronale. Contre l’offensive militariste qui justifie de nouvelles attaques sociales, nous devons exiger un plan de bataille sérieux s’opposant à la course à la militarisation, aux licenciements, pour les hausses de salaires et pour faire tomber ces plans d’austérité et de casse des services publics !
MONDE
ALLEMAGNE / SIEMENS : 2,1 MILLIARDS DE BÉNÉFICES, MAIS 6.000 LICENCIEMENTS DE PLUS!
La multinationale de la technologie Siemens a annoncé 6.000 licenciements à travers le monde. Cette attaque, qui touche particulièrement les travailleurs allemands, s’inscrit dans une vague massive de licenciements au sein de grands groupes industriels.
Siemens a annoncé mardi 18 mars la suppression de 6.000 postes d’ici 2027 à travers le monde, dont 2850 en Allemagne. Siemens est une vaste entreprise de technologie et comporte de multitudes de branches différentes, allant de la cyber sécurité à la mobilité. Les licenciements concernent principalement la branche de l’industrie numérique.
L’entreprise justifie ces licenciements par le fait que le marché en déclin les obligerait à « adapter leur capacité en Allemagne ». Pourtant, les bénéfices Siemens ne cessent de croître. Siemens a enregistré un profit de 2,1 milliards pour le dernier semestre de 2024, prouvant ainsi que ces licenciements ne sont en réalité qu’un moyen de conserver les profits exorbitants de ses actionnaires.
Siemens avait déjà annoncé4100 suppressions de postes dans la fabrication de turbines en mai 2024 et 5000 postes dans l’automatisation en novembre de la même année. Ces suppressions d’emplois s’inscrivent dans une vague de licenciements plus large en Allemagne, comme c’est le cas avec les 7500 licenciements chez Audi ou avec les 35 000 emplois supprimés chez Volkswagen.
Pour ces grandes entreprises, la vie des travailleurs n’est qu’une variable d’ajustement des taux de profits de ses actionnaires. Pour faire face à ses vagues de licenciements, qui touchent également les travailleurs en France, il est nécessaire de construire une riposte d’ampleur à la base, sur des mots d’ordre clairs : interdiction des licenciements, ouverture des livres de compte et revalorisation des salaires ! Ce n’est pas aux salariés de payer de leurs conditions de vie et de travail pour permettre aux entreprises d’engranger des profits exorbitants pour leurs actionnaires.
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