Guémené-Penfao-Au Tahun, les travaux de réouverture de la carrière ont démarré, un collectif manifeste (OF.fr-25/08/23)

Le collectif contre la réouverture de la carrière du Tahun a manifesté pacifiquement ce jeudi 24 août, alors que les travaux du groupe Pigeon ont déjà débuté. | COLLECTIF CARRIÈRE DU TAHUN

Par Pauline BAUMER

Depuis le début de la semaine, au Tahun, lieu-dit de Guémené-Penfao, à Guénouvry, la société Pigeon carrières a démarré le chantier de réouverture d’une carrière de roches massives pour alimenter sa production de granulats. Mais le collectif de riverains s’oppose toujours à cette exploitation. Ce jeudi 24 août, ils étaient plusieurs dizaines à venir défendre le patrimoine naturel.

Le 30 juin dernier, la préfecture de Loire-Atlantique donnait sa décision dans la demande de la société Pigeon carrières de rouvrir l’ancienne carrière du lieu-dit Tahun, à Guénouvry (Guémené-Penfao), en Loire-Atlantique. Depuis la fin de l’exploitation, il y a trente-cinq ans, la nature avait repris ses droits. Un collectif de riverains contre ce projet s’est constitué en 2020 et ne baisse pas les bras depuis, malgré l’autorisation préfectorale.

Au Tahun, la carrière de roches massives va être rouverte par la société Pigeon carrières.

Mardi 22 août, la société Pigeon a démarré les travaux de sécurisation du site et du bornage. En effet, depuis des dizaines d’années, l’endroit est prisé des promeneurs bien que le site soit privé. « La nature est reine, ici, on y trouve d’ailleurs une centaine orchidées sauvages, des spiranthes d’automne qui sont en pleine floraison et en passe d’être rasées, évoque Édouard Jeanloz, l’un des membres du collectif, attristé. L’endroit est magique huit mois sur douze. »

Des nuisances visuelles, sonores…

L’autre point d’achoppement est la préservation de la ressource en eau, l’ancienne carrière se trouvant sur une source qui, selon des souvenirs anciens d’habitants, aurait permis d’alimenter en eau les villages alentour lors d’une forte sécheresse en 1921 qui aurait duré dix-huit mois. « Il y a aussi les nuisances sonores que cela va causer avec le ballet des camions, la pollution et la destruction de la faune et de la flore », note Luc Fortin, conseiller municipal à Conquereuil, commune limitrophe et qui sera traversée par les poids lourds. « Il y a ici quarante personnes qui habitent le hameau, et elles sont inexistantes dans le dossier de l’entreprise Pigeon », ajoute Édouard Jeanloz.

Une destruction d’espèces protégées ?

Le collectif pointe notamment du doigt l’étude d’impact intégrée dans le dossier de demande d’autorisation environnementale livrée en 2017 et qui s’appuierait sur des données de 2013. « La présence de vipères péliades, espèce protégée, n’est pas évoquée », ajoute Édouard Jeanloz.

Des centaines d’orchidées rares, les spiranthes d’automne, sont présentes dans le site de la carrière du Tahun. | EDOUARD JEANLOZ

Aussi, ce jeudi 24 août, les membres de l’association ont décidé de faire une action non violente dans le site, au nom de la préservation de la nature. Ils étaient 90 selon le collectif, une soixantaine selon la gendarmerie.

L’exploitant a déposé plainte, il aurait constaté des dégradations sur la clôture du site.

Source: https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/guemene-penfao-44290/haro-sur-les-travaux-de-reouverture-de-la-carriere-a1b8d356-42ad-11ee-acb5-8662082a4807

URL de cet article: https://lherminerouge.fr/guemene-penfao-au-tahun-les-travaux-de-reouverture-de-la-carriere-ont-demarre-un-collectif-manifeste-of-fr-25-08-23/

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