« Il y avait un vrai sens à ce qu’on faisait » : 500 travailleurs sociaux ont défilé à Quimper (OF.fr-1/04/25)

Jean-Jacques Cariou, Samuelle Leray et Katy Soliveres, tous trois éducateurs spécialisés à Quimper (Finistère), manifestaient mardi 1er avril 2025 pour les droits des travailleurs sociaux, et notamment contre la réforme Sérafin-PH, qui doit les obliger à détailler et justifier toutes les activités qui composent leurs journées de travail. | OUEST-FRANCE

Dans le cortège quimpérois (Finistère) des travailleurs sociaux, mardi 1er avril 2025, nombreux sont ceux qui souffraient d’un manque de considération. Rencontre avec trois d’entre eux, Jean-Jacques Cariou, déléguée CGT, Samuelle Leray et Katy Soliveres, qui travaillent au DITEP Marguerite-Le Maître, à Ergué-Gabéric, et au placement familial spécialisé (PFS).

Ils étaient 500 à descendre dans les rues de Quimper (Finistère), mardi 1er avril 2025, à l’appel de la CGT, de la CFDT et de Sud-Solidaires. Ils sont travailleurs sociaux du sanitaire, du social, du médico-social, de l’éducatif du public et du privé non lucratif.

Ils réclament une amélioration de leurs conditions de travail, une meilleure prise en compte de la violence et des risques psychosociaux, au niveau national mais aussi local. Cela représente 25 000 salariés en Finistère, 70 000 en Bretagne.

La difficile quantification de leur travail

Jean-Jacques Cariou est éducateur spécialisé et délégué syndical travail au Ditep (Dispositif de l’institut thérapeutique éducatif pédagogique) Marguerite-Le Maître, à Ergué-Gabéric. « Nous accueillons des enfants qui nécessitent un accompagnement de plus en plus à la carte, cela nécessite des moyens considérables et un engagement politique », raconte-t-il. D’autant que, selon lui, des autocomptages vont leur être imposés, c’est la réforme Sérafin-PH. « Les éducateurs vont devoir noter minute après minute ce qu’ils font, reprend-il. Le risque, c’est qu’ils détricotent nos avancées sociales. »

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Il l’affirme, entre la baisse du pouvoir d’achat et la baisse d’attractivité du métier, les recrutements sont de plus en plus complexes. Au total, la quarantaine d’éducateurs de Marguerite-Le Maître s’occupe de 120 enfants. De 7 h à 22 h 30. « Parfois, être juste à côté d’un enfant, ça lui permet de ne pas s’effondrer. Comment on quantifie ça ?, ajoute Samuelle Leray, elle aussi éducatrice au même Ditep. Il y avait un vrai sens à ce qu’on faisait, c’est là qu’on s’y retrouvait. » Après dix ans d’ancienneté, un éducateur gagne aujourd’hui 1 700 €, 2 400 € en fin de carrière, pour 35 heures par semaine.

Moins de dossiers mais pas moins de travail

« On ne peut pas accueillir la souffrance psychique 10 heures par jour et ne pas avoir d’équilibre », souffle-t-elle, alors que certains n’ont pas les moyens d’avoir des loisirs. Et si aucun enfant ne se ressemble, aucun parcours non plus, ni aucune journée. « On travaille du lever au coucher de l’enfant, reprend Jean-Jacques Cariou. Ce n’est pas un placement, il nous faut l’accord de familles. » Raison pour laquelle, parfois, ils travaillent aussi avec le placement familial spécialisé (PFS).

Et le manque de moyen s’y fait aussi ressentir. « Les tensions budgétaires sont telles que les coupes, on les connaît, on a déjà perdu un demi-poste sur 5,5, abonde Katy Soliveres, éducatrice au PFS. On a moins de dossiers, mais pour autant on n’a pas moins de travail, au vu de la complexité des situations. » Tous les trois dénoncent une paupérisation des travailleurs sociaux. « On ne demande pas la Lune », conclut Jean-Jacques Cariou.

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Source: https://www.ouest-france.fr/societe/manifestation/il-y-avait-un-vrai-sens-a-ce-quon-faisait-500-travailleurs-sociaux-ont-defile-a-quimper-22649378-0ef4-11f0-9328-e5f61e6be38b

URL de cet article: https://lherminerouge.fr/il-y-avait-un-vrai-sens-a-ce-quon-faisait-500-travailleurs-sociaux-ont-defile-a-quimper-of-fr-1-04-25/

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