
LFI. « le nervi fasciste « Le Jarl » accueilli en grande pompe par les médias réactionnaires pour défendre son agression de jeunes fêtards, déprogrammation d’un documentaire sur les crimes de guerre de l’armée française en Algérie après la polémique autour Jean-Michel Aphatie, milicien fasciste reçu en grande pompe sur les médias d’extrême droite, propagande guerrière des médias dominants, silence et complicité médiatique sur les menaces de mort à l’encontre de la députée LFI Ersilia Soudais, islamophobie ordinaire sur BFMTV. Ce sont tout autant de séquences médiatiques ayant marqué la semaine, et bien d’autres, que l’Insoumission vous décrypte dans sa revue de presse hebdomadaire de critique de l’officialité médiatique.
Des médias de Bolloré aux journaux de Bernard Arnault, de BFMTV aux plateaux de Martin Bouygues, chaque jour est une occasion supplémentaire pour constater la partialité des médias dominants et leur acharnement contre la France insoumise.
Indignations sélectives, censure, criminalisation des voix de la paix, choix partiaux des invités et sujets traités, désinformation, invectives constantes envers le mouvement insoumis… Telle est la réalité du journalisme de cour et d’éditorialistes d’extrême droite prêts à tout pour imposer leur agenda idéologique et conserver une place au chaud. Notre revue de presse.
Emmanuel Macron « chef de guerre ou artisan de la paix ? » : l’émerveillement de l’éditocratie face au pouvoir
L’allocution du 5 mars dernier d’Emmanuel Macron sur la guerre en Ukraine a réveillé de plus belle la capacité des médias à relayer la propagande gouvernementale. En effet, à l’heure où la popularité d’Emmanuel Macron est en chute libre, quoi de mieux que les principales chefferies éditoriales pour raviver la « flamme patriotique» en instrumentalisant le contexte géopolitique actuel ? Comme il y a trois ans, nous avons eu droit à des portraits hagiographiques d’Emmanuel Macron, réhabilité tantôt en « chef de guerre », tantôt en « diplomate hors pair ».
Comme à l’accoutumée, les éléments de langage émanant de la Macronie ont été parfaitement relayés par la fine fleur de l’éditocratie, jouissant d’invitations permanentes dans les médias dominants. Véritables caisses de résonance du gouvernement, journalistes et chroniqueurs ont presque unanimement plaidé en faveur du programme d’Emmanuel Macron, axé sur la rigueur budgétaire pour financer la guerre. Des slogans tels que « pensions ou munitions ? » ou encore « les canons ou les allocations ? » illustrent bien cette dichotomie que les instances médiatiques ont tenté d’imposer à l’opinion publique pour fabriquer le consentement à l’effort de guerre.
Et qui d’autre que la figure d’Emmanuel Macron, dont plus de 60 % des Français souhaitent pourtant le départ, pourrait incarner ce « chef de guerre » ? C’est là l’une des interrogations qui a émergé sur les plateaux télévisés. Entre commentaires futiles, éloges sur la « stature » d’Emmanuel Macron et un militantisme néolibéral prônant une réduction des dépenses sociales au profit de la « défense nationale », les médias dominants seront toujours présents pour nous rappeler de nous ranger sous les drapeaux et de nous prosterner devant celui qu’ils présentent comme l’artisan de la paix à la tête de l’État, même avec le risque de renoncer à de nombreux acquis sociaux.
Ainsi notamment d’un bandeau de BFMTV ce 11 mars posant, tout en sobriété, la question de savoir si Emmanuel Macron est « chef de guerre, ou artisan de la paix ? ». « BFMTV, propagande ou propagande ? » réplique le député de la France insoumise Antoine Léaument.
Déprogrammation d’un documentaire sur l’usage des armes chimiques par l’armée française en Algérie et lapsus raciste : quand les chaînes d’État s’alignent sur le calendrier de l’extrême droite
Alors que la polémique montée de toutes pièces par la droite, l’extrême droite et l’extrême centre sur les déclarations pourtant historiquement correctes de Jean-Michel Apathie au sujet des crimes coloniaux de l’armée française en Algérie – dont nous vous parlions il y a quelques jours dans nos colonnes – occupait environ 90 % du temps d’antenne de certains médias dominants, l’on apprenait dans la foulée que France Télévisions, qui avait initialement prévu de diffuser un documentaire sur l’utilisation d’armes chimiques par la France en Algérie, a retiré ledit documentaire de l’antenne cinq jours avant sa diffusion.
Pour aller plus loin : Jean-Michel Aphatie suspendu de RTL pour avoir rappelé l’Histoire : les médias bourgeois s’agenouillent devant l’extrême droite
Même si France Télévisions est depuis revenue sur sa décision et que le documentaire est disponible en ligne, on est en droit de s’interroger sur cette déprogrammation donc le motif n’a pas été clairement expliqué. Quant à la date de reprogrammation, elle reste à ce jour inconnue.
Et la semaine dernière, le service public audiovisuel n’était pas en reste d’alignement sur le calendrier de l’extrême droite. Ainsi sur France 5 le journaliste Lorrain Sénéchal – dont nous vous parlions déjà il y a quelques jours pour avoir inversé les séquences d’une intervention de Rima Hassan lui faisant dire l’inverse de ce qu’elle avait effectivement dit – s’est fendu d’un lapsus raciste en évoquant l’assassinat de Samuel Paty. Ainsi Lorrain Sénéchal parle de Samuel Paty comme “tué par un arab-… euh un islamiste radicalisé”.
Pour aller plus loin : Appel au meurtre contre des insoumis, cabale médiatique raciste contre R.Hassan et A. Diouara, baroud de déshonneur anti-IVG sur C8 – La revue de presse de l’Insoumission
Ce qui est presque comique, c’est que le service public audiovisuel est régulièrement catalogué par les grands médias privés comme étant de gauche, voire d’extrême gauche. Une « extrême gauche » qui se permet donc de genre de lapsus racistes, sans aucune réaction ni excuse provenant du plateau, de la chaîne, ou du principal intéressé. Cette même « extrême gauche » qui vire des humoristes, invisibilise des artistes et limoge des journalistes sur l’autel d’arguments fallacieux pour protéger le pouvoir et les soutiens du génocide à Gaza.
Menaces de mort contre des parlementaires de LFI : silence et complicité médiatique
Pour bon nombre d’éditorialistes de plateau, une journée passée sans diffamer ou calomnier la France insoumise est une journée de perdue. Pour certains d’entre eux, l’ignominie va même plus loin. Le 14 mars dernier, le journaliste Mourad Guichard a révélé l’existence d’un groupe de discussion Telegram dans lequel se trouvait ni plus ni moins qu’un appel au meurtre visant la députée insoumise Ersilia Soudais.
Pire encore,un second tweet de Mourad Guichard fait état de plusieurs personnalités médiatiques, gravitant pour la plupart autour de la sphère Bolloré, dont l’abonnement ou à minima le soutien est revendiqué par l’administrateur du groupe Telegram en question. Hormis Jacques Cardoze, il est à noter qu’aucune des personnalités citées par l’administrateur de ce groupe n’a démenti son soutien à cette boucle contenant injures sexistes et appels clairs au meurtre. On trouve notamment parmi eux Bernard-Henri Lévy, Jean-Marc Morandini, Laurence Ferrari, l’animateur Arthur ou encore le maire socialiste de Montpellier Michaël Delafosse.
Autant d’habitués des grands médias qui sont pourtant si prompts à se plaindre qu’on leur « colle une cible dans le dos » chaque fois que l’on émet une critique sur leur compassion sélective et le deux poids deux mesures flagrant qu’ils diffusent sur toutes les chaînes dans lesquelles ils interviennent. Vous l’aurez compris, critiquer les méthodes d’un journaliste et sa partialité flagrante en termes d’opinion politique : ça n’est pas bien. En revanche, être abonné à une boucle Telegram au sein de laquelle sont explicitement formulés des appels au meurtre : c’est bien. Cherchez l’erreur.
Ce nouvel appel au meurtre de militants pro-génocide contre les insoumises et les insoumis n’a évidemment pas interessé les médias dominants. Il s’inscrit dans la lignée des menaces de mort quotidiennes reçues par les responsables et militants insoumis, dans le saccage de la maison de Jean-Luc Mélenchon par des militants d’extrême droite il y a quelque semaines, dans les deux projets d’assassinant dont il a été l’objet, dans le harcèlement et les menaces quotidiennes.
Non-contents de faire la sourde-oreille, les médias bourgeois participent à ce climat de menace permanent en calomniant et diffamant chaque jour la France insoumise et ses représentants sur fond de soutien au génocide.
Séquence d’islamophobie ordinaire sur BFMTV
Ce lundi 17 mars sur BFMTV, c’était jour d’islamophobie ordinaire. Ainsi le ramadan serait l’une des causes de la pénurie d’œufs que connaît en ce moment la France. En avril 2022 déjà, BFM Paris imputait une pénurie d’huile de tournesol aux musulmans, ce qui s’est évidemment avéré une fake news grossière.
Cette séquence raciste vise une fois encore à mettre sur le dos des musulmans un problème structurel lié au système économique et politique mondial : l’incapacité du capitalisme à produire conformément aux besoins de toutes et tous.
Si elle peut paraître ridicule, cette séquence n’en est pas moins abjecte.
Le nervi fasciste « Le Jarl » accueilli en grande pompe par les médias réactionnaires pour défendre son agression de jeunes fêtards
Le besoin pour une large mobilisation antiraciste et antifasciste le 22 mars se fait de plus en plus pressant. Ce 9 mars, des images d’une rare violence ont été diffusées sur les réseaux sociaux. On y voit des vêtus de noir plaquer au sol, frapper et agresser des fêtards au gaz lacrymogène dans les rues de Rennes, ce 8 mars au soir. Tous sont masqués… ou presque !
Leur chef est reconnaissable sur les images diffusées. Il est connu sous le pseudonyme de Le Jarl (au Moyen Âge, un « jarl » était l’équivalent d’un seigneur scandinave), très implanté dans le monde de la nuit. Lui-même se présente comme simple « Directeur d’un établissement de nuit ». Dans les faits, Le Jarl est aussi connu pour son engagement à l’extrême droite comme en témoignent les nombreux articles et entretiens à son sujet dans le média d’extrême droite breton Breizh.info.
Pour aller plus loin : Milice d’extrême droite à Rennes, présence du « Jarl » : que fait Retailleau ?
Mais une fois n’est pas coutume, les violences de l’extrême droite n’intéressent pas beaucoup les médias dominants du pays. Pire encore, on lui propose de se défendre sur les plateaux de la presse réactionnaire. Ainsi le Jarl a eu le droit de pleurnicher sur une multitude de plateaux de télévision et de studios de radio, notamment sur Europe 1, Touche Pas à Mon Poste ou Sud Radio.
Cet homme aurait dû être en garde à vue. À la place, il s’est pavané dans les médias et a fait sa promotion.
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Source: https://linsoumission.fr/2025/03/17/lfi-revue-de-presse-lapsus-propagande/