Marine Le Pen, son « clan des versaillais » et la grande bourgeoisie qui lui ouvre ses portes (LI.fr-14/03/25)

Le Pen. Dans les années 1930, la grande bourgeoisie préférait Hitler au Nouveau Front Populaire. En 2025, les élites économiques et politique sont de plus en plus enclines à se tourner vers le Rassemblement national pour maintenir leurs profits, fermant les yeux ou s’accordant sur le racisme et les violences du Rassemblement National. Cette grande bourgeoisie a dû voir d’un très bon œil les multiples renoncements du RN, à mesure qu’il se rapprochait du pouvoir lors des élections législatives de 2024 : retraite jusqu’à 66 ans, abandon de la réduction de la TVA sur les produits de nécessité.

Au Cercle de l’Union interalliée, grand club parisien très select’, le vice-président du RN Sébastien Chenu se porte bien, bavardant avec l’ancien président du Medef, Pierre Gattaz ou saluant l’ex-ministre de Macron, Muriel Pénicaud, rapportent certains médias. Le lien avec l’évolution de l’entourage de Marine Le Pen, s’accompagnant de l’adoption d’une ligne économique macroniste, devient évident.

Dans une longue enquête, un média détaille l’influence, dans l’ombre du « clan des Versaillais », entourant « la patronne ». Leur objectif : faire en sorte que les leurs, la bourgeoisie, vote pour Marine Le Pen en 2027. Ils sont trois. Renaud Labaye, un catholique traditionaliste opposé au mariage pour tous, François Durvye, proche de l’énarque et partisan de la ré-émigration Jean-Yves Le Gallou ainsi que du milliardaire Pierre-Édouard Stérin et Ambroise de Rancourt, un aristocrate pianiste, techno-libéral. Tous sont des racistes de la première heure. Plongée dans la galaxie lepéniste et autour des nouvelles planètes qui la rejoignent. Notre article.

Pour les élites économiques et politiques, le RN n’est plus un paria mais un allié

Les temps ont changé. Pour les élites économiques et politiques, le parti fondé par Jean-Marie Le Pen n’est plus un paria. Face à un macronisme décrépi et face au reste de la droite incarné par les Républicains, elles se tournent vers un parti puissant dans le pays, annoncé vainqueur lors des dernières élections législatives par 27 sondages sur 27. Entre un RN macronisé, aux idées néolibérales et une gauche radicale, ces élites ont fait leur choix. « Dans les cercles de l’élite parisienne comme chez les notables locaux, on ouvre de nouveaux accès au parti d’extrême droite, jusqu’alors cantonné à la marginalité », peut ainsi écrire L’Express.

En novembre 2025, Sébastien Chenu prend ses aises au Cercle de l’Union Interalliée. Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité de premier plan du RN est invitée. Marine Le Pen avait été invitée en janvier 2022. Sophie de Menthon, membre de club parisien et présidente de l’organisation patronale Ethic a diffusé les invitations et joue de tout son réseau. Le RN aurait fait « des efforts, beaucoup d’efforts sur les sujets économiques », assure-t-elle au plus grand nombre. « Elle fait partie de ces membres du « milieu » qui servent d’entremetteurs aux lepénistes. Leur ouvrent des accès, leur facilitent des rencontres », écrit L’Express.

Les membres du RN sont formels : même au Siècle, sûrement le club parisien le plus connus où se retrouvent patrons, personnalités politiques, médiatiques, figures du monde de la culture, certains assument leur vote pour l’extrême droite. La grande bourgeoisie voit d’un bon oeil ce parti pouvant tout à fait servir ses intérêts de classe. Hors de Paris, les notables de certaines circonscriptions font les yeux doux au parti de Marine Le Pen. Dans le sud de la France, « les barrières ont sauté depuis longtemps ».

Pour aller plus loin : David Rachline, maire de Fréjus et vice-président du RN, soupçonné de corruption et de favoritisme : la mairie perquisitionnée

Dans l’ombre de Marine Le Pen, l’influence du « clan des Versaillais »

Durant l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen est humiliée durant le débat d’entre-deux-tours face à Emmanuel Macron. La candidate du Front National confond Alstom et SFR, s’emmêle dans ses fiches et propose de rétablir l’écu. Sa sortie « ils sont là, dans les campagnes, dans les villes, sur les réseaux sociaux » est largement tournée en dérision par les internautes. « Marine Le Pen pensé à jeter l’éponge », écrit Libération. Par opportunisme ou par conviction profondes, retrouvant les idées néolibérales de son père, Marine Le Pen se sépare du partisan du Frexit, Florian Philippot. C’est pendant cette « traversée du désert », post-présidentielle de 2017, que la rencontre entre elle et ces « Versaillais » se fait.

Leur objectif : faire en sorte que les leurs, la bourgeoisie donc, vote pour Marine Le Pen en 2027. Ainsi commence leur long travail d’influence autour de Marine Le Pen. En grande partie sous leur impulsion, le programme économique du RN devient profondément libéral. « Je n’ai pas changé, simplement les milieux économiques me connaissent mal », déclare Marine Le Pen. À la rigueur, on souffle du nez.

Et pourtant : refus du rétablissement de l’ISF, refus de la hausse du SMIC, du blocage des prix des biens de première nécessité, discours pro-business. Croyant toucher du doigt le pouvoir au moment des élections législatives de 2024, le RN montre son vrai visage. Des dispositifs de justice fiscale ? Renvoyés à un « deuxième temps ». La réduction de la TVA sur les produits de nécessité ? Abandonnée. Sur les retraites, le Jordan Bardella confirme vouloir que les Français travaillent jusqu’à… 66 ans. Il est loin, le soi-disant parti anti-système.

Portrait de trois serviteurs de Marine Le Pen qui s’en remettent « au ciel » en attendant le verdict du procès de Marine Le Pen

Qui sont ces « Versaillais » ? Ils sont trois. Renaud Labaye, d’abord. Un catholique traditionaliste opposé au mariage pour tous. Fils d’un médecin militaire et d’une mère foyer, il est diplômé de Saint-Cyr, mais rate l’ENA. « Je décide de m’engager pour défendre la nation, les valeurs qui font la France », déclare-t-il en référence à son combat aux côtés de la Manif pour tous. Il est proche de David Rachline, maire de Fréjus, actuellement soupçonné de corruption et de favoritisme.

Aujourd’hui, il est à l’influent poste de secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée nationale. Craint par les députés et les collaborateurs parlementaires, il se présente comme le « gardien de la ligne », en lien constant avec « Marine ». Aux obsèques de Jean-Marie Le Pen, Labaye et les autres « encensent désormais la mémoire du diable de la République ». Labaye est chargé en personne de l’organisation de la messe à l’Église Notre-Dame du Val de Grâce et de tenir la frange infréquentable des adorateurs de Jean-Marie Le Pen.

François Durvye est Polytechnicien. Dans les années 2000, il milite avec Philippe de Villiers, soutien de Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022. En 2007, il soutient la candidate Maud de Villèle à Versailles, femme d’Henry de Lesquen. Ce dernier a fondé le « Club de l’Horloge ». Partisan de la re-émigration et de la suppression du Code du Travail, entre autres, ce dernier tentera de participer à l’élection présidentielle de 2017. François Durvye fréquente Pierre-Édouard Stérin, ce milliardaire dont le projet est de porter l’extrême droite au pouvoir grâce à la modique somme de 150 millions d’euros. Avec le même Stérin, Durvye mettra 2,5 millions d’euros sur la table pour acquérir la maison de la famille Le Pen à Rueil-Malmaison.

Enfin, pour compléter la bande versaillaise, l’aristocrate techno-libéral Ambroise de Rancourt. Son objectif : « sauver une France en déliquescence, minée par le communautarisme ». Comme les autres, il point le soi-disant « risque civilisationnel » auquel est confronté le pays. En 2018, au plus fort de la mobilisation des Gilets Jaunes, il peste contre la macronie, parle de la « honteuse suppression » de l’ISF, de la flat tax comme de « neuf milliards d’euros rendus aux plus aisés ». Pour finalement rester dans un parti qui a voté contre le rétablissement de l’ISF. Original.

Entre lui et Marine Le Pen, puis avec les deux autres Versaillais, des coups de foudre intellectuels et entre lesquels règne aujourd’hui, une confiance inébranlable. La possible condamnation de Marine Le Pen pour inéligibilité le 31 mars 2025 ? « Eux s’en remettent au ciel », conclut Libération, les citant : « c’est l’avantage d’être des cathos providentialistes ».

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Source: https://linsoumission.fr/2025/03/14/marine-le-pen-bourgeoisie-versaillais/

URL de cet article: https://lherminerouge.fr/marine-le-pen-son-clan-des-versaillais-et-la-grande-bourgeoisie-qui-lui-ouvre-ses-portes-li-fr-14-03-25/

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