« Mon combat, c’est la protection de l’enfance » – Entretien avec Rodrigo Arenas, député LFI nommé au Conseil supérieur des programmes (LI.fr-30/12/25)

Crédits photo : Claire Jacquin

Le 23 décembre, le député insoumis Rodrigo Arenas a été nommé au Conseil supérieur des programmes (CSP), une instance consultative qui formule des propositions sur le système éducatif, et notamment sur les programmes scolaires. Ancien président de la FCPE, la principale fédération de parents d’élèves, et très engagé pour la protection de l’enfance, Rodrigo Arenas est aussi candidat pour être maire du 14ème arrondissement et membre de l’équipe “Le Nouveau Paris Populaire”, conduit par la députée insoumise Sophia Chikirou. 

Sa nomination au CSP a déclenché les foudres de l’extrême droite et ses relais médiatiques. L’Empire de Bolloré est passé à l’assaut. Le JDD évoque des “controverses qui ont jalonné son parcours”. Sur Europe 1, la rubrique anti-LFI s’agite : ““On peut craindre le pire en matière d’orientation idéologique des programmes scolaires” et parle d’”islamogauchisme”. L’islamophobie chevillée au corps, ces relais du système médiatico-politique n’ont pas supporté la nomination du député insoumis. Le nouveau membre du CSP a répondu à nos questions. Notre entretien.

« La commission des programmes mérite mieux ! »

L’Insoumission : Des élus RN et des médias affiliés à l’extrême droite ont critiqué votre nomination au Conseil supérieur des programmes. Que leur répondez-vous ?

Rodrigo Arenas : Je réponds à ces élus et ces médias qui ont fait du racisme leur fond de commerce qu’ils seraient bien avisés de respecter cet exercice démocratique qui consiste à nommer des parlementaires au sein de cette instance, pour justement garantir une pluralité d’opinions en son sein.

C’est quand même curieux de voir cette chasse aux sorcières qui s’exerce contre la France Insoumise et donc contre les Françaises et les Français qu’elle représente. Je suis pour ma part bien heureux que l’on n’entende pas seulement les voix des députés de droite et d’extrême droite qui siègent déjà dans cette commission et, pour l’une d’entre elle, qui va jusqu’à soutenir les thèses du « grand remplacement ». La commission des programmes mérite mieux !

L’Insoumission : Régulièrement, médias et personnels politiques d’extrême droite insèrent leurs campagnes islamophobes au sujet de l’école. Sous Blanquer, des mères accompagnatrices de sorties scolaires avaient été ciblées parce que voilées. Aujourd’hui, comment combattre ces polémiques islamophobes ?

Rodrigo Arenas : C’est très difficile. D’une part parce qu’une partie de la gauche a choisi le camp du « Printemps républicain » qui lui aussi a peur de ce prétendu « grand remplacement ». Et d’autre part parce que la gauche républicaine, laïque et non islamophobe est mal organisée. Nous n’avons pas de médias de masse (autrement dit ni à la télé ni sur les RSS) qui puisse apporter une réponse aussi massive, justement, que celle véhiculée par les islamophobes qui créent, à dessein, de véritables « paniques morales ».

Cette remarque d’ailleurs vaut autant pour lutter contre l’islamophobie que contre les fake-news en tout genre. Donc il me semble que la première des choses à faire est de mieux nous organiser pour contrer ces attaques malsaines et qui portent atteinte, sur le temps long, à notre démocratie. Parce que quand vous avez un JDD ou une radio très écoutée comme Europe 1 qui contribue à structurer l’opinion à partir de faits non vérifiés, qui ne respectent pas le B.A.-BA des règles de la déontologie tout en se réfugiant derrière la liberté de la presse, vous avez intérêt à vous organiser si vous ne voulez pas être réduit à une victime impuissante qui ne fait plus que se justifier !

« Mon combat, c’est les enfants. »

L’Insoumission : Vous avez présidé pendant trois ans la FCPE, la principale fédération de parents d’élèves. Vous êtes aujourd’hui candidat pour être maire dans le 14ème arrondissement dans l’équipe “Nouveau Paris Populaire” conduite par Sophia Chikirou. Quelles sont les propositions insoumises pour la protection de l’enfance que vous défendez dans le cadre de cette campagne municipale ?

Rodrigo Arenas : Comme vous le faites remarquer, mon combat, c’est les enfants. C’est très exactement pour cette raison que je me suis engagé en politique, que je suis devenu député et qu’aujourd’hui je souhaite mener des actions au niveau municipal. D’ailleurs j’ai écrit il y a maintenant près d’un an un petit bouquin, « Paris à hauteur d’enfant » où j’expliquais que si l’on pense une ville pour les plus vulnérables, alors on la pense pour tout le monde.

Je crois qu’il faut que nous rendions de nouveau Paris désirable par les enfants, qu’ils puissent y trouver leur place en toute sécurité, ce qui veut aussi bien dire qu’ils puissent avoir accès à des soins accessibles facilement qu’à des logements décents et abordables, comme des écoles enfin adaptées au changement climatique (ce qui ne va pas avec les écoles de la fin du 19e), des rues sans voiture avec des espaces de jeux ou de spectacles ouverts ou encore des cantines totalement gratuites. Et puis bien sûr, il faut massivement débloquer des moyens pour former et recruter des animateurs spécialisés qui prennent soin de nos enfants dans les écoles ou encore débloquer aussi moyens et contrôles pour l’ASE.

« L’attaque sur l’abaya est assez symbolique : cela montre à quel point la droite et l’extrême droite déplacent les problèmes. »

L’Insoumission : En quoi votre nomination peut-elle à votre sens apporter quelque chose au fonctionnement du conseil supérieur des programmes ?

Rodrigo Arenas : L’attaque sur l’abaya est assez symbolique : cela montre à quel point la droite et l’extrême droite déplacent les problèmes. L’abaya est interdite à l’école, comme tous les signes ostentatoires religieux, et je respecte la loi. Mais l’abaya, même s’il convient de discuter avec les jeunes du principe de laïcité pour qu’il soit bien compris, est loin d’être un problème majeur à l’Ecole.

Je rappelle juste qu’à la rentrée 2024 on ne dénombrait que 120 cas de port de signes ostentatoires (dont l’abaya) sur 12 millions d’élèves… Quand on parle de ça, on ne parle pas des profs non remplacés, des salaires indécents, des classes fermées, un manque d’AESH…

Et on ne parle pas non plus des offensives menées par la droite pour déconstruire l’École inclusive et solidaire que la gauche a tant bien que mal mise en place : pour construire une société apaisée, fraternelle, égalitaire, il est essentiel d’avoir des programmes pour parler d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, et cela même si le rassemblement national n’en veut pas. Je suis bien décidé à mener ces combats au sein de cette commission, comme le souhaite la FI, n’en déplaise aux aboyeurs d’extrême droite qui pullulent sur les réseaux sociaux. La meute, ce sont eux !

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Source: https://linsoumission.fr/2025/12/30/rodrigo-arenas-lfi-programme/

URL de cet article: https://lherminerouge.fr/mon-combat-cest-la-protection-de-lenfance-entretien-avec-rodrigo-arenas-depute-lfi-nomme-au-conseil-superieur-des-programmes-li-fr-30-12-25/

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