« On leur piquait des palettes et des bidons pour aller sur le Steir » : les voisins de Saupiquet à Quimper se souviennent (LT.fr-9/12/24)

C’est la belle-famille d’Éliane (ici entourée de ses petits-enfants) qui a vendu le terrain à l’usine Saupiquet. Forcément, la fermeture prochaine du site fait remonter plein de souvenirs. (Le Télégramme/Victor Bolzer)

Arrivée en 1968, l’usine Saupiquet a bousculé l’aménagement du Moulin-Vert à Quimper. Certains riverains, installés depuis des décennies dans le quartier, s’apprêtent à perdre un vieux voisin.

À l’entrée de l’impasse Nicolas-Appert, la maison d’Éliane est un peu le point de départ de l’histoire de Saupiquet au Moulin-Vert à Quimper. « Tout le terrain appartenait à ma belle-famille. Ce sont eux qui ont vendu à Saupiquet », détaille-t-elle. Debout à côté d’elle, sa fille a grandi à quelques mètres de là et a toujours connu l’entreprise. « Chaque année, notre école organisait une chasse au trésor et l’usine y participait », se souvient-elle.

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Pour Christian, 59 ans et autre gamin du quartier, Saupiquet réveille aussi en lui de joyeux souvenirs de jeunesse. « Quand on était gosse, on leur piquait des palettes et des bidons, et on bricolait des radeaux pour aller sur le Steir. À l’époque, on rentrait dans l’usine comme dans un moulin », rigole-t-il.

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Le bruit et l’odeur

Une centaine de mètres plus bas, un deuxième Christian a une vision un peu plus nuancée de l’arrivée de l’entreprise. Il avait 14 quand il est arrivé dans le quartier. « Et au départ on avait une belle vue sur les champs et une petite colline. Puis l’usine est arrivée… », narre-t-il. En plongeant dans sa mémoire, il se souvient également de cet incendie qui l’a tiré du lit. « Je me suis réveillé en pleine nuit parce que le bruit était plus fort que d’habitude. En fait, les boîtes de conserve explosaient comme des pétards », rembobine-t-il

Malgré l’odeur et le bruit, « surtout au début, dans les années 70 » selon ses voisins, l’usine a accompagné le développement du quartier du Moulin-Vert. Aujourd’hui, tous partagent la même inquiétude face au sort incertain de ce bâtiment et de ses salariés. « J’espère seulement que ça ne va pas devenir une friche », conclut Christian.

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Source: https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper-29000/on-leur-piquait-des-palettes-et-des-bidons-pour-aller-sur-le-steir-les-voisins-de-saupiquet-a-quimper-se-souviennent-6719361.php

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