
Arrivée en 1968, l’usine Saupiquet a bousculé l’aménagement du Moulin-Vert à Quimper. Certains riverains, installés depuis des décennies dans le quartier, s’apprêtent à perdre un vieux voisin.
À l’entrée de l’impasse Nicolas-Appert, la maison d’Éliane est un peu le point de départ de l’histoire de Saupiquet au Moulin-Vert à Quimper. « Tout le terrain appartenait à ma belle-famille. Ce sont eux qui ont vendu à Saupiquet », détaille-t-elle. Debout à côté d’elle, sa fille a grandi à quelques mètres de là et a toujours connu l’entreprise. « Chaque année, notre école organisait une chasse au trésor et l’usine y participait », se souvient-elle.
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Pour Christian, 59 ans et autre gamin du quartier, Saupiquet réveille aussi en lui de joyeux souvenirs de jeunesse. « Quand on était gosse, on leur piquait des palettes et des bidons, et on bricolait des radeaux pour aller sur le Steir. À l’époque, on rentrait dans l’usine comme dans un moulin », rigole-t-il.
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Le bruit et l’odeur
Une centaine de mètres plus bas, un deuxième Christian a une vision un peu plus nuancée de l’arrivée de l’entreprise. Il avait 14 quand il est arrivé dans le quartier. « Et au départ on avait une belle vue sur les champs et une petite colline. Puis l’usine est arrivée… », narre-t-il. En plongeant dans sa mémoire, il se souvient également de cet incendie qui l’a tiré du lit. « Je me suis réveillé en pleine nuit parce que le bruit était plus fort que d’habitude. En fait, les boîtes de conserve explosaient comme des pétards », rembobine-t-il
Malgré l’odeur et le bruit, « surtout au début, dans les années 70 » selon ses voisins, l’usine a accompagné le développement du quartier du Moulin-Vert. Aujourd’hui, tous partagent la même inquiétude face au sort incertain de ce bâtiment et de ses salariés. « J’espère seulement que ça ne va pas devenir une friche », conclut Christian.
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