Saint-Nazaire-Il y a un siècle, un été d’après la Grande Guerre (OF.fr-8/08/23)

Après leur création à l’été 1923, les patronages laïcs se réunissent comme ici à La Baule. S’y trouve au centre le fondateur, Pierre Norange, président de l’université populaire, et sa barbe légendaire. | ARCHIVES MUNICIPALES DE SAINT-NAZAIRE

Par Benoit ROBERT.

Ça s’est passé en… 1923. Cet été, la rédaction fait un bond dans le temps pour retrouver l’actualité qui a façonné l’histoire estivale de Saint-Nazaire. Aujourd’hui, retour sur les Années folles.

À la fin de la Première Guerre mondiale, la cité portuaire voit rembarquer les derniers soldats américains stationnés à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Une page se tourne et le front de mer inaugurera en juin 1926 une statue emblématique à la mémoire des combattants et de leurs familles : une haute colonne de pierre portant un soldat venu d’outre-Atlantique. Avant cela, durant l’été 1923, alors que les Chantiers de Penhoët mettent au point un hydravion civil de 40 mètres d’envergure, plusieurs faits divers, rendez-vous festifs, sportifs ou même historiques imprègnent le quotidien des Nazairiens. À l’époque, L’Ouest-Éclair, « journal républicain quotidien », s’en fait l’écho. Tout comme les trésors des fonds qui sont toujours conservés aux archives municipales. Grâce à ces deux précieuses sources, retour sur le quotidien des mois de juillet et d’août.

Un temps superbe

Dans les colonnes de L’Ouest-Éclair daté du mercredi 11 juillet 1923, le vif succès de la fête annuelle du vieux Saint-Nazaire est souligné à de maintes reprises d’autant qu’elle se déroule par « un temps superbe » prend la peine d’évoquer le journaliste. Toute la journée, une foule brillante et animée parcourt les rues décorées du quartier. Des attractions variées sont prévues. Beaucoup choisissent d’aller admirer à la criée l’exposition des petits modèles de bateaux et le plan en relief prêté par la Chambre de commerce. Les régates, qui constituent le principal attrait de la fête, ont lieu l’après-midi avec la présence d’une vingtaine de yachts.

Fête nationale, festivités nazairiennes

Pour les fêtes du 14 Juillet, le programme est affiché. La veille, une « distribution de vivres aux indigents » aura lieu à 8 heures du matin à l’annexe de la mairie, et l’après-midi à Méan-Penhoët. À 20 h 30, place Marceau (actuel Ruban bleu), un tir de 21 coups de canon lancera les festivités, avant un concert de l’harmonie et une retraite aux flambeaux. Le lendemain, une nouvelle salve se fera entendre, à 7 h du matin cette fois. Les gymnastes, l’Harmonie de Saint-Nazaire et la fanfare scolaire se rangeront ensuite dans la rue de l’Hôtel-de-Ville avant le défilé qui réunira les pompiers, la municipalité, les fonctionnaires ou les Anciens combattants. Enfin, à 22 h 30, le moment sera venu des bals publics dans différents quartiers. Sans oublier le traditionnel lâcher de pigeons voyageurs.

Insolite

Toujours en 1923, ce jeudi 19 juillet, Monsieur Poireau, mareyeur à Machecoul, achète à La Turballe un poisson communément appelé chien de mer. Peu de temps après, divine surprise, il trouve dans les tripes de la bête un médaillon en or orné d’une émeraude.

À Saint-Nazaire à vélo

Le mardi 14 août, le Vélo-club nazairien dispute le championnat sur route de 100 kilomètres, un parcours qui relie Saint-Nazaire, Montoir, Savenay, La Roche-Bernard (Morbihan), Herbignac et Guérande. Deux coureurs gagnent rapidement 200 mètres sur le peloton entre Montoir et Savenay. Puis la chasse à l’homme s’organise et l’allure ralentit jusqu’à La Roche-Bernard. Malgré les nombreuses crevaisons, le train s’accélère jusqu’à Guérande. La chaleur est accablante et personne ne prend la décision de démarrer jusqu’à Saint-Nazaire. Finalement, le sprint offre la victoire à un certain Savinat, en 3 h 30.

Ligne de navigation avec le Maroc

Dans l’édition du mercredi 29 août, on apprend que la Chambre de commerce de Saint-Nazaire a mis à l’étude un projet de création, entre Saint-Nazaire et les ports du Maroc, d’une ligne de navigation régulière assurée par des paquebots mixtes de fort tonnage. Ce projet « a pour but de permettre le transport des voyageurs de la région de l’Ouest, et le transit par Saint-Nazaire des produits de la région ». La Chambre de commerce de Saint-Nazaire s’est mise en relation avec les Chambre de commerce des ports marocains de Casablanca, Rabat, Safi et Kenitra et la Résidence générale du Maroc.

Sous la présidence de Pierre Norange, les patronages laïques sont mis en place à Saint-Nazaire en 1923, dans le cadre de l’université populaire. | ARCHIVES MUNICIPALES DE SAINT-NAZAIRE/ COLLECTION QUÉMENEUR-GÉLANOR

Pierre Norange et le patronage laïque

Réunis en session ordinaire du conseil municipal en date du 17 août, les élus et le maire, Vivant Lacour, prédécesseur de son homologue socialiste François Blancho, adopte une décision qui fera date : la création pour la rentrée 1923-1924 d’un patronage laïque, une idée âprement défendue par son initiateur, Pierre Norange, figure de l’Université populaire à Saint-Nazaire. Dans un rapport détaillé, l’homme affine son projet : dès le mois d’octobre, le patronage fonctionnera grâce à une section d’élèves garçons, ouverte les jeudis et dimanches pendant les mois scolaires et tous les jours pendant les vacances. On y trouvera des activités sportives, des jeux, des animations théâtrales, musicales et autres sorties sous le contrôle d’un surveillant général et d’un ou plusieurs bénévoles. « Une œuvre absolument indispensable à une cité laborieuse comme Saint-Nazaire. »

Benoit ROBERT.

Source: https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-nazaire-44600/il-y-a-un-siecle-un-ete-dapres-la-grande-guerre-e738b0a2-352b-11ee-9556-ca39d271d1b5

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