
Par Marina CESSA (Presse Océan).
Plus d’habitantes, moins de radiologues. Voilà résumée l’équation qui fait s’arracher les cheveux des femmes quand elles veulent un dépistage du cancer du sein. Pour autant, il n’y a pas de perte de chance.
Il n’y a pas de disponibilités sur cette période
. La réponse écrite en rouge s’affiche invariablement sur la page internet de recherche de créneau horaire pour une mammographie dans les centres de radiologie Imed (Saint-Nazaire, Guérande et Pontchâteau). Sauf à lancer une recherche le jour où ce cabinet de radiologie met en ligne ses plannings. La prochaine fois est prévue pour début septembre 2023 pour des rendez-vous en fin d’année. Aucun rendez-vous n’a été proposé depuis juillet. Les plus soucieuses des femmes peuvent se faire du mouron. Sur le département on sait qu’il y a un délai d’attente de quatre à six mois
, note Anne-Sophie Banaszuck, médecin coordinateur du centre régional de dépistage des cancers (CRCDC). C’est ce centre qui envoie un courrier aux femmes de 50 à 75 ans les invitant à se faire dépister tous les deux ans.
Pas de perte de chance pour les femmes
Même avec ce délai, la Loire-Atlantique est le département le mieux loti en termes de moyens de dépistage comparé au reste des Pays de la Loire. La raison de cette attente c’est encore une fois la pénurie de médecins, en l’occurrence de radiologues. Avant il y avait des cabinets à La Baule, Herbignac et l’hôpital de Redon avait un mammographe
, note le Dr Arnaud Madoz de Ouest Radiologie (Imed) à Saint-Nazaire. Ce groupe va voir partir en retraite trois radiologues dans les prochains mois. Et on en a recruté un pour l’instant… Il y a moins de radiologues, moins de manipulateurs en radiologie et la population croît et vieillit
.
Malgré cette situation, le Dr Madoz insiste sur le fait qu’il n’y a aucune perte de chance pour les femmes. Pour le dépistage systématique ça peut être long pour avoir rendez-vous mais pour les dépistages symptomatiques, c’est-à-dire quand le médecin note quelque chose d’anormal, on les prend tous en urgence. Nous sommes organisés pour ça
.
Le dépistage en baisse
Pour ce qui est du dépistage systématique, le Dr Banaszuck reprend l’expression de la perte de chance. Il y a une perte de chance au sens où les femmes qui ne sont pas persévérantes ou qui ne sont pas à l’aise avec le numérique vont abandonner. Mais ce n’est pas la faute des radiologues
. Les chiffres sont là. En dix ans, le dépistage systématique coordonné par l’institut National du Cancer a perdu dix points passant de 65 % à 55 % des femmes sollicitées. C’est un chiffre national et les Pays de la Loire font partie des bons élèves, malgré tout ça baisse aussi ici. Ce qui est plus que dommage car plus ce cancer est pris tôt, moins lourds sont les traitements. Et le Dr Banaszuck de conclure : Il vaut mieux écarter un doute plutôt que de ne pas savoir
.
A savoir
Le 30 septembre, le Mammotruck s’arrêtera au Pouliguen. Ce camion est équipé pour faire des mammographies : 24 femmes qui auront pris rendez-vous au préalable pourront y accéder. Pour le Centre de dépistage régional, c’est aussi un moyen de communication, un moyen d’attirer l’attention sur la nécessité du dépistage.
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