Saint-Raphaël : des centaines de manifestants contre les manœuvres négationnistes et anticommunistes du maire (H.fr-24/08/25)

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies à Saint-Raphaël samedi 23 août à l’appel du PCF pour protester contre le projet du maire LR de la ville, Frédéric Masquelier, d’installer un monument dédié aux victimes du « totalitarisme communiste ». © Laurent Coust / Agence 1H23 pour l’Humanité

Frédéric Masquelier (LR), un proche d’Éric Ciotti, qui avait parrainé la candidature de Marine Le Pen en 2022, a inauguré un monument dédié aux victimes du « totalitarisme communiste ». Une contre-manifestation organisée par le PCF et à laquelle appelait les organisations de gauche est venue rappeler la mémoire des résistants communistes à l’occupation nazie.

Pat Pierre BARBANCEY

Saint-Raphaël (Var), envoyé spécial

Des centaines de personnes ont répondu, samedi 23 août, à l’appel de la Fédération du Var du parti communiste français (PCF) et se sont rassemblées devant la mairie de Saint-Raphaël. Elles entendaient dire leurs oppositions à l’initiative du maire de la ville, Frédéric Masquelier, officiellement LR mais en réalité Ciotti-compatible, qui inaugurait au même moment un monument dédié aux victimes du « totalitarisme communiste ». Rien de vraiment étonnant dans un département où sept des huit députés sont issus du Rassemblement national. D’ailleurs, ce même maire avait parrainé la candidature de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle de 2022.

Pierre Daspre, le secrétaire départemental du PCF avait demandé l’interdiction de « cette inauguration honteuse, insultante non seulement pour les communistes mais pour toute la résistance ». Il avait d’ailleurs écrit en ce sens au préfet du Var, sans succès.

Soutenir l’histoire

Pour cette initiative, le PCF a reçu le soutien du Parti socialiste, d’Europe Écologie-Les Verts, de LFI, de GRS, de la CGT, d’Attac mais également du Mouvement de la Paix et du Forum républicains Fréjus-Saint-Raphaël, presque toutes et tous venu(e) s avec leurs drapeaux. Une diversité à gauche et un même élan pour soutenir une histoire, des valeurs de résistance et un combat pour l’émancipation humaine.

« Nous voulons aussi montrer que la résistance communiste c’est aussi les batailles d’aujourd’hui contre la remise en cause de la loi SRU ou la loi sur les fonctionnaires », soulignait Pierre Barbagellata, de la direction du PCF 83. À l’instar de la représentante du parti socialiste, Magali Brunel, qui sera la tête de liste de la gauche à Toulon lors des prochaines municipales.

Elle a choisi de lire un texte de Louis Aragon, tiré de son ouvrage L’homme communiste, de 1946, dans lequel le poète écrivait : « Mais qui ne voit que le communiste est de nos jours l’héritier, le représentant de toute grandeur humaine, de tout esprit de sacrifice, de tout héroïsme français ? » Il ajoutait également : « L’homme communiste, c’est celui qui met l’homme au-dessus de lui-même. L’homme communiste, c’est celui qui ne demande rien, mais qui veut tout pour l’homme. »

« Une provocation politique »

Des citations longuement applaudies et qui résonnaient fortement devant les portraits de Missak Manouchian, résistant communiste, entré au Panthéon l’an passé ou celui des communistes de la ville qui se sont dressés devant l’occupant nazi dès 1940 comme Roger Landini. Sa mémoire a été évoquée par sa petite-fille via une lettre envoyée aux organisateurs de ce rassemblement. Elle a dénoncé « cette ville de Saint-Raphaël où maintenant l’extrême droite relève la tête ».

La gravité de l’acte de cette droite extrême n’a pas échappé aux organisations communistes régionales. De Marseille, de Nice ou de Gap, ils ont fait le déplacement, conscient que cette tentative est la première mais certainement pas la dernière. « C’est une provocation politique, une falsification de l’histoire, une insulte à celles et ceux qui, communistes, ont donné leur vie pour libérer l’Europe de la barbarie nazie », a dénoncé Julien Picot, responsable du PCF dans les Alpes-Maritimes, venu avec une quarantaine d’autres militantes et militants.

Au-delà de la manœuvre idéologique aux relents nauséabonds, cette attaque de Frédéric Masquelier touche également aux élections municipales. Emmanuelle Cocusse, élue écologiste « Ma vie, ma planète », à Saint-Raphaël (l’une des deux seules opposantes), a rappelé les plaintes déposées contre le maire après des propos misogynes réguliers mais également le rapport de la Chambre régionale des Comptes qui pointe la gestion de la commune, la « bétonnisation galopante » ou encore l’obligation faites aux élèves d’assister à la levée du drapeau chaque matin, ce qui n’est pas sans rappeler les années Pétain. « Ça fait du bien de vous voir là », a lancé Emmanuelle Cocusse aux manifestants parmi lesquels plusieurs ont confié à l’Humanité n’être pas communistes « mais ce que fait le maire est honteux. »

Une « entreprise de falsification historique »

Preuve de la sérieuse prise en considération de ce qui se passe à Saint-Raphaël, le PCF avait délégué sur place l’un de ses porte-paroles, par ailleurs sénateur de Paris, Ian Brossat. Celui-ci, en remerciant toutes les forces de gauche pour leur participation, soulignait qu’il « ne fallait pas laisser passer cette entreprise de falsification historique » et rappelait qu’il y a deux ans déjà, des sénateurs LR de la région Paca avaient tenté de déposer une loi dans ce sens.

« Cette diabolisation du PCF et de la gauche vise à justifier des alliances avec l’extrême droite, avec les descendants de la collaboration dès les municipales de 2026 », a relevé Ian Brossat. « En insultant les communistes, ils veulent remettre en cause les actions menées au lendemain de la guerre avec notamment la création de la sécurité sociale par notre camarade Ambroise Croizat dans un pays ruiné, au sein du gouvernement du général de Gaulle. Ce sont bien toutes ces conquêtes sociales qui sont visées. »

La Marseillaise a ensuite retenti (avant l’Internationale), reprise à pleine voix par les centaines de participants. Ce chant qui était sur les lèvres de tous ceux tombés sous les balles de l’occupant, y compris de ces étrangers « et nos frères pourtant ».

°°°

Source: https://www.humanite.fr/politique/cnr-resistance/saint-raphael-des-centaines-de-manifestants-contre-les-manoeuvres-negationnistes-et-anticommunistes-du-maire

URL de cet article: https://lherminerouge.fr/saint-raphael-des-centaines-de-manifestants-contre-les-manoeuvres-negationnistes-et-anticommunistes-du-maire-h-fr-24-08-25/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *