
Par Philippe ECALLE
La France insoumise devrait maintenir sa liste pour les sénatoriales, en Loire-Atlantique. Aucune raison de renoncer, estime Maxime Viancin, tête de liste.
Rouste, tannée, claque. Appelez ça comme vous voulez. À La France insoumise (LFI), on est prêt à pendre une déculottée aux sénatoriales du 24 septembre, plutôt que de se renier. « On ne va pas toujours à une élection pour gagner », lance même, fataliste, Maxime Viancin, chef de file de la liste LFI en Loire-Atlantique. Pierre de Coubertin et son célèbre « L’important, c’est de participer », version politique. –
La liste LFI n’a été constituée – en Loire-Atlantique comme ailleurs – qu’avec l’espoir de la retirer dans le cadre d’une union de gauche, « comme lors des dernières législatives », rappelle Maxime Viancin. Elle était là pour forcer les partenaires de la Nupes, socialistes, Verts et communistes, à poursuivre l’aventure collective.
« Fort de café »
Le deal était clair : une place de sénateur ou sénatrice, pas une de plus, « et LFI s’effaçait de la course aux sénatoriales », se fondant dans le collectif et mettant toute sa force de frappe militante au service d’une alliance politique.
Les caciques Insoumis imaginaient qu’une ambition aussi raisonnable serait aisément satisfaite. Mais plus les jours passent, moins ils se font d’illusions. « Nos partenaires de la Nupes veulent bien de notre électorat et de nos militants, mais pas de nous sur une liste, c’est un peu fort de café », râle Ségolène Amiot, députée de la 3e circonscription. L’élection sénatoriale, LFI a donc décidé de s’y lancer à corps perdu, sauf coup de théâtre qui paraît très improbable aujourd’hui.
Les Insoumis ont même ficelé leur calendrier des réunions publiques pour les semaines à venir. Machecoul-Saint-Même, vendredi 1er septembre : Guéméné-Penfao, lundi 4 ; Ancenis-Saint-Géréon, mercredi 6, ou encore Bouaye, vendredi 8.
Le parti table sur une centaine de grands électeurs. Sur un corps électoral de plus de 3 000. Faible. Mais assez, peut-être, pour enquiquiner la liste Ronan Dantec et contrecarrer l’espoir d’un troisième sénateur, en l’occurrence Franck Nicolon (EELV), 3e sur la liste du sénateur (Territoires 44) sortant.
Un « procès » que Maxime Viancin réfute. « Si Franck Nicolon n’est pas élu, ceux qui auront refusé la main tendue ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. » En 2017, l’élection de la socialiste Michèle Meunier s’était jouée à six voix près.
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