
Les deux plus grandes compagnies pétrolières des États-Unis, Exxon Mobil et Chevron, ont même connu leurs meilleurs résultats du troisième trimestre depuis des années. Leurs bénéfices ont respectivement doublé et presque triplé au troisième trimestre. xEricxKaynex
En grands profiteurs de guerre, les compagnies pétrolières états-uniennes ont engrangé 130 milliards de dollars de bénéfices depuis le lancement du conflit en Iran, annonce le « New York Times ». Sur la même période, les citoyens états-uniens ont dû débourser 147 milliards de dollars supplémentaires en essence et en diesel.
Par Tom DEMARS-GRANJA
Pris à son propre jeu avec la guerre déclenchée en Iran, Donald Trump tente de se racheter une image auprès de ses électeurs avant les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre. L’ex-magnat de l’immobilier multiplie ainsi, depuis plusieurs semaines, les annonces et déplacements en lien avec la crise énergétique en cours.
Incarnation d’un capitalisme prédateur, le président des États-Unis a noué un accord d’importation de gazole avec la Russie le 9 octobre dernier, lâchant une nouvelle fois l’Ukraine au passage. Le locataire de la Maison Blanche a aussi prévu d’assister, mardi, à l’arrivée au Texas d’un pétrolier venu du Venezuela ; pays dont il a enlevé le dirigeant, avant d’imposer ses conditions au nouveau gouvernement.
Par ces choix, Donald Trump évite surtout de s’attaquer aux compagnies pétrolières états-uniennes, dont les bénéfices explosent avec la guerre en Iran. En six mois, ces dernières ont engrangé plus de 130 milliards de dollars de bénéfices grâce à la forte hausse des prix de l’essence, du diesel et des autres carburants, estime le New York Times, dans un article publié vendredi 30 octobre.
Les performances de 50 compagnies
Le quotidien états-unien s’est basé sur « les performances de plus de cinquante grandes compagnies pétrolières et gazières américaines, pour la plupart des producteurs ou des raffineurs, au cours des six mois allant d’avril à septembre ». Ce total 130 milliards de dollars ne prend donc pas en compte les bénéfices réalisés en mars, premier mois de la guerre en Iran, ni sur les dernières semaines.
À titre de comparaison, ces mêmes entreprises ont engrangé moins de 47 milliards de dollars au cours de la même période en 2025. Les deux plus grandes compagnies pétrolières des États-Unis, Exxon Mobil et Chevron, ont même connu leurs meilleurs résultats du troisième trimestre depuis des années. Leurs bénéfices ont respectivement doublé et presque triplé au troisième trimestre.
Le prix du pétrole s’est établi en moyenne autour de 90 dollars le baril d’avril à septembre de cette année, se rapprochant des 100 dollars sur la même période en 2022, suite au déclenchement de la guerre en Ukraine. Problème : la crise énergétique mondiale héritée de la guerre menée par Washington et Israël n’épargne pas le peuple états-unien.
Selon une analyse du Climate Solutions Lab de l’Université Brown, les citoyens ont « dépensé 147 milliards de dollars supplémentaires en essence et en diesel depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février », résume le New York Times. Ce qui représente plus de 1 100 dollars par foyer.
La différence totale entre le portefeuille des citoyens et les profits toujours plus exorbitants des grands groupes pétroliers pourrait évoluer dans les prochaines semaines, alors que des dizaines d’autres compagnies pétrolières doivent encore publier leurs résultats. Au vu de l’exemple européen – 36 milliards d’euros de superprofits sur le marché de l’Union européenne, selon Greenpeace -, le suspens est quasi nul.
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