
Pour la première fois depuis le début du mouvement, le gouvernement a enfin annoncé des mesures concrètes pour les lycéens, ce lundi 26 octobre. Mais celles-ci restent très loin des attentes de ces derniers, qui continuent d’appeler à la mobilisation.
Par Rachel GARRAT-VALCARCEL
Le gouvernement sort – timidement – le chéquier pour amorcer une réponse au mouvement lycéen, qui réclame des moyens pour étudier dans des conditions dignes depuis des semaines à travers le pays. On y trouve notamment 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur ; un plan de 1 milliard d’euros pluriannuel pour le bâti universitaire ; 4 milliards d’euros sous forme de prêts à taux préférentiel aux collectivités, pour la rénovation du reste du bâti scolaire ; l’indexation des bourses sur l’inflation ; la limitation à 28 élèves maximum par classe en seconde à la rentrée prochaine dans les 50 % des lycées les plus défavorisés ; et quelques adaptations sur Parcoursup, qui serait rendu dès cette année plus transparent (plus de transparence sur les critères, obligation de motiver les refus pour certains établissements). Autre annonce : l’annulation de la suppression de 1 588 postes de professeurs prévue dans le budget 2027 et la création de 500.
On est très loin des 10 milliards d’euros ou 250 000 places supplémentaires à l’université (10 000 avaient été supprimées l’année dernière…) notamment réclamés par les lycéens. Le gouvernement promet un argent qui n’est pas le sien (le prêt aux collectivités) ou sur plusieurs années, ce qui n’engage à rien à six mois de la présidentielle.
Un projet de loi quasi inenvisageable avant la présidentielle
« Nous pouvons dire que nous avons eu quelque chose », a tout de même affirmé à la sortie le vice-président du syndicat les Lycéens !, Louis Letoublon. « Les lycéens peuvent être fiers d’eux car le gouvernement a peur. Cette peur va nous permettre de nous engouffrer dans une brèche pour en tirer un maximum de choses », a-t-il ajouté avant d’appeler à nouveau à la mobilisation les 31 octobre et 5 novembre.
Ces mesures ne nécessitent pas forcément de passer par un texte dédié à faire adopter par le Parlement. C’est différent pour Parcoursup. Or, le calendrier parlementaire est bouché d’ici à la fin de la session, fin février, et une probable dissolution après l’élection du nouveau président de la République. Rédiger, examiner et adopter définitivement un nouveau projet de loi, aussi clé, dans ce laps de temps, paraît impossible. Le gouvernement prétend alors vouloir faire les choses en deux temps : plus de transparence dans les critères de choix dès cette année et début d’un processus de refonte… Mais ça, ce sera au bon vouloir de la prochaine équipe au pouvoir à partir du printemps.
Soucieux de brasser tout de même un peu d’air en attendant, le premier ministre a décidé tout de go d’organiser un débat sur Parcoursup dès mercredi après-midi, à l’Assemblée nationale. Une possibilité offerte par l’article 50.1 de la Constitution : le gouvernement fait une déclaration à laquelle répondent les groupes parlementaires.
Elle ne sera même pas suivie d’un vote, qui de toute façon n’aurait pas été contraignant pour le gouvernement dans ces conditions. Un enfumage, qui, dans le meilleur scénario pour l’exécutif, pousse simplement les oppositions à dévoiler leur jeu sur le sujet de l’orientation et de la sélection à l’université. Un pur coup tactique qui a toutes les chances de faire pschiiiiit.

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