
En vigueur depuis 1962, les impacts de l’embargo de Cuba ont atteint un niveau record cette année : le préjudice subi par Cuba l’année écoulée s’affiche au montant faramineux de 8 milliards de dollars. Avec des conséquences délétères à tous les niveaux de l’économie et de la société cubaine.
Par Benjamin KÖNIG
Parfois – pas souvent, il est vrai –, les propos de Donald Trump ne sont pas dénués de vérité. Comme lorsqu’il a déclaré, le 8 janvier 2026, à propos de Cuba : « Je ne pense pas qu’il soit possible d’exercer beaucoup plus de pression, à moins d’envahir le pays et de le détruire. »
Cette phrase, les autorités cubaines l’ont reprise et citée dans le rapport annuel qui documente le montant des préjudices subis par l’île communiste du fait du blocus. Lequel rapport est élaboré à la demande du Secrétaire général des Nations Unies, comme le stipule la résolution adoptée chaque année par l’Assemblée générale, intitulée « Nécessité de mettre fin au blocus économique imposé par les États-Unis à l’encontre de Cuba ». Résolution qui sera de nouveau à l’ordre du jour en octobre prochain.
Le blocus américain ne fait qu’aggraver la crise à Cuba
Le président milliardaire a raison : jamais l’étau yankee sur Cuba n’a été aussi resserré. Entre le 1er mars 2025 et le 28 février 2026, le total des préjudices subis s’élève à un peu plus de 8 milliards de dollars. « Un record, supérieur de 7 % à celui de l’année précédente », a pointé Bruno Rodriguez, le ministre des Affaires étrangères cubain.
Et encore, ce chiffre « n’inclut pas les dommages provoqués par le siège énergétique, ni ceux provoqués par les sanctions secondaires », a-t-il ajouté lors de la présentation du rapport. Le document indique par ailleurs que « sans le blocus, le PIB de Cuba aux prix courants aurait été supérieur de 10,8 % ».
Un véritable étranglement qui, comme l’a rappelé Bruno Rodriguez, « ne punit pas un gouvernement mais la vie quotidienne d’un peuple dans tous les domaines ». Ainsi, la mortalité infantile est passée de 4 pour 1000 en 2018 à 9,9 pour 1000 en 2025.
Paradoxalement, le renforcement du blocus, notamment dans le secteur de l’énergie, a entraîné une hausse sans précédent des importations du secteur privé cubain en provenance des États-Unis, très majoritairement du carburant. Comble de l’ignominie : après le passage de l’ouragan Melissa, le secrétaire d’État Marco Rubio avait promis une aide de 100 millions de dollars. À l’heure actuelle, selon Bruno Rodriguez, « un seul envoi a eu lieu : un lot de denrées alimentaires et de produits d’hygiène pour 700 familles cubaines »
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