
C’était en 1944. Les Allemands se replient sur Brest (Finistère) venant de côte nord. Près de Saint-Séverin un soldat se fait abattre par un résistant. Aussitôt, les soldats se ruent vers la première maison venue à Kéréozen, et massacrent les habitants. Sept personnes dont plusieurs de la même famille seront exécutés. Quatre-vingt-deux ans plus tard, dimanche 9 août 2026, on s’en souvient encore.
Le 9 août 1944, au lieu-dit de Kéréozen, à Plabennec (Finistère) toute la famille Abiven et quelques réfugiés sont attablés. C’est l’époque de la moisson et les fermes ont besoin de main-d’œuvre. Six hommes sortent de la maison et sont aussitôt fusillés ainsi qu’une autre personne qui passait dans la cour de la ferme.
« Une quinzaine d’heures sous la menace de mitraillettes »
Olivier Abiven, décédé en 2023, habitait tout près. Il était le dernier témoin de ces massacres et avait raconté son histoire.
Avec le reste de la famille, nous nous sommes réfugiés dans un abri qu’on avait construit derrière la maison. Puis, les Allemands nous ont fait sortir pour nous aligner contre le mur de la maison. J’avais 15 ans et je croyais que j’allais mourir. Nous sommes restés dans cette position pendant de longues heures, jusqu’à ce qu’un soldat vienne fouiller la maison… Par bonheur il n’a rien trouvé de suspect.
Peu après, l’aviation alliée intervient pour décimer la colonne. Mais les Allemands se réfugient dans la maison. On y soigne les blessés et on se recueille devant les morts. La mort rôdait partout. Nous sommes restés une quinzaine d’heures sous la menace des mitraillettes. L’armée allemande, vaincue par l’aviation, a détruit son matériel dans un vacarme épouvantable. Puis les Allemands sont sortis de la maison pour se rendre aux Américains… Ils ne voulaient à aucun prix être livrés à la Résistance.
Lors de cette journée apocalyptique, sept civils ont perdu la vie : Yves Marie Abiven, son fils Yves, Constant Marziou, René Marziou Yves Le Roux, Paul Josselin et Jean Marie Guillermou. Par ailleurs, les granges ont été incendiées et les récoltes abîmées.
En 1995, une stèle est érigée à l’initiative de Marianne Abiven et de Claudia Beretta, membre de la famille qui vit en Italie.
Dimanche 9 août 2026, Anne Thérèse Roudaut, maire de Plabennec, a retracé ces journées sinistres en indiquant que Marianne Abiven a voulu vivre dans cette maison témoin du massacre
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C’est le Souvenir français qui a pris la relève des Anciens combattants pour commémorer ces journées de deuil. L’histoire continue. Il y a quelques années, Olivier Abiven a indiqué l’endroit où étaient enterrés deux soldats qui combattaient pour les Allemands. Il voulait leur donner, près de quatre-vingts ans après, une sépulture décente. Ils sont enterrés maintenant au cimetière allemand de Lesneven Ploudaniel qui accueille les dépouilles de plus de 5 800 soldats allemands.
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