
Au Jardin de Kerjean, commerce de légumes et de fruits dans la commune de Guilers (Finistère), à proximité de Brest, la période actuelle provoque du travail supplémentaire et un stress conséquent.
Stéphanie Blanchard nous propose de la suivre sur son exploitation maraîchère. L’ambiance décontractée de la boutique Le Jardin de Kerjean, à Guilers (Finistère), contraste avec le travail en serre et en pleine terre. Première constatation, la réserve d’eau pluviale qui sert à l’arrosage des cultures est presque vide. « Dans le puits, ça baisse aussi, s’inquiète la maraîchère, et pourtant, il nous faut arroser. On a la chance d’avoir un système d’arrosage performant. Que se passera-t-il quand nos réserves d’eau seront épuisées ? Dans les quinze jours qui viennent, il n’est pas prévu de précipitations. »
Surcharge de travail
Depuis qu’il ne pleut plus, la surcharge de travail est conséquente, il faut déplacer les systèmes d’arrosage en plein champ, les horaires de travail s’étalent de 6 h 30 à 22 h. Les serres ont été recouvertes à deux reprises de blanc de Meudon, ce qui réduit la chaleur intérieure et évite que le soleil brûle les fruits. À partir de 35 degrés, certaines plantes ne pollinisent plus, comme les tomates, les haricots verts, les poivrons, les concombres, les fraises. Même en ayant blanchi les serres, on a parfois atteint 50 degrés. Depuis des mois, nous passons des heures et des heures à ramasser quelques kilos alors que nous sommes en pleine production. C’est une déception quand on récolte de si petites quantités.
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Des plants de grillés sur place
Dans la serre destinée aux concombres, le constat est édifiant, on peut suivre la succession des périodes caniculaires sur les plants. À certains endroits d’un même plant, plusieurs fleurs séchées se succèdent et ne produiront rien, alors qu’à d’autres, ils grandissent normalement.
Depuis quelques jours, les températures sont moins hautes, la production de haricots verts est repartie, mais les plants de petits pois ont grillé sur place. Pour le moment, on s’en sort financièrement, les cours sont très hauts. Mais à moyen terme, que vont devenir certaines cultures de pleine terre qui auraient dû être arrosées ? Je ne sais pas comment font les producteurs de pommes de terre, est-ce que nous disposerons des plants de pommes de terre nouvelles l’an prochain ?
Les insectes nuisibles plus nombreux
Autre conséquence de la chaleur, des insectes nuisibles se développent en nombre dans les serres et beaucoup plus de chenilles sont constatées sur les parcelles en plein champ. « Mais ce qui m’inquiète le plus, ce sont ces phénomènes météo divers et rapprochés, après un hiver extrêmement pluvieux et là, aujourd’hui, cette sécheresse accompagnée d’une canicule. C’est inquiétant. Aurons-nous une répétition de ces phénomènes météo à l’avenir ? »
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