
Après plusieurs semaines de sécheresse, le pays de Brest fait face à un risque d’incendie accru. Yannick Godec, adjoint au chef du CSP de Brest, détaille les risques et les moyens mobilisés.
Par Lucas GUEGUEN-ROBET
Après plusieurs semaines de sécheresse et une multiplication des départs de feu, peut-on dire que l’été 2026 est exceptionnel dans le pays de Brest ?
Yannick Godec, adjoint au chef du centre de secours principal (CSP) de Brest et référent technique départemental technique des feux de forêts en Finistère : Il est particulier, notamment par son niveau de sécheresse. L’humidité est absente depuis quasiment début mai et la végétation est extrêmement sèche. Nous sommes en crise sécheresse. Tous les paramètres sont réunis pour favoriser le développement des incendies.
Peut-on déjà parler d’un été historique ?
On est au moins au même niveau que 2022 en matière d’interventions. Depuis le 1er juillet, nous sommes à 264 interventions pour feux de forêt dans le Finistère. À la fin du mois d’août 2025, nous étions à 203. Il faudra attendre le bilan de fin août pour comparer avec 2022.
La situation est-elle particulièrement tendue ?
Le risque est réel : végétation très sèche, hygrométrie inférieure à 30 %, vents proches de 30 km/h et températures supérieures à 30 °C. Tous les paramètres favorisent un développement rapide des feux.
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Les pompiers étaient-ils préparés à un tel été ?
Oui. La préparation a commencé depuis plusieurs années, avec un véritable changement d’échelle après les incendies de 2022, notamment celui des monts d’Arrée, qui avait brûlé plus de 2 000 hectares. Depuis, le SDIS, la préfecture, le Département, l’ONF, le parc naturel régional d’Armorique et les agriculteurs travaillent ensemble.
Quels moyens font aujourd’hui la différence ?
Nous avons notamment bénéficié du pacte capacitaire, avec 15 nouveaux camions-citernes feux de forêt depuis 2022. Nous disposons aussi de la télédétection : neuf points équipés de caméras surveillent les massifs. Cette année, elle a permis de détecter 64 départs de feu avant même qu’un appel ne nous parvienne.
Et l’hélicoptère bombardier d’eau Morane 29 ?
C’est un appui extrêmement important. Depuis le début de la saison, il est intervenu à 49 reprises, pour environ 272 largages. Plus on attaque un feu tôt, moins il prend de surface et moins il devient dangereux.
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Malgré le nombre de départs de feu, les dégâts restent donc contenus ?
Oui. Depuis le début de la saison, environ 194 hectares ont brûlé. C’est important, mais cela aurait pu être beaucoup plus sans l’ensemble des moyens déployés. Nous estimons à plus de 20 millions d’euros la valeur des biens qui ont pu être sauvés grâce aux interventions des sapeurs-pompiers, avec le concours des agriculteurs et de l’ONF.
Faut-il retenir que l’été est exceptionnel par le nombre de feux, mais pas forcément par les surfaces brûlées ?
C’est la nuance à apporter. Nous connaissons une saison particulièrement intense et un niveau d’interventions au moins comparable à 2022. Mais nos moyens permettent aujourd’hui de limiter la propagation. Le nombre de départs de feu ne suffit donc pas, à lui seul, à mesurer la gravité de la saison.
Et pour la suite de l’été ?
Il est impossible de prévoir le nombre de feux à venir. L’essentiel pour tous est de respecter les consignes des autorités, ne jamais se croire à l’abri d’un départ de feu et appeler très rapidement les pompiers en cas de doute.
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