
Neuf jours après l’hospitalisation de sa compagne au CHU de Brest, le Concarnois Gérard Chatagnon s’indigne d’avoir vu la date de son opération repoussée encore et encore.
« Elle a parfois passé 18 heures sans boire, sans perfusion. Et rebelote chaque jour. C’est de la folie furieuse. » Chaque jour, depuis le lundi 3 août 2026, Gérard Chatagnon fait un aller-retour depuis Concarneau (29) pour rendre visite à sa compagne, hospitalisée en neurochirurgie, au CHU de La Cavale-Blanche, à Brest. Et, chaque jour, il s’indigne « de l’état de cet hôpital. Il y a un réel problème à régler », martèle-t-il. L’homme de 79 ans s’explique ce mardi 11 août : « Ma compagne a été transférée de Quimper car il n’y a pas de neurochirurgiens à l’hôpital public là-bas. On lui a fait miroiter une intervention ici, à Brest, et, finalement, elle a sans cesse été repoussée, jusqu’à la fin du huitième jour. C’était une vraie torture psychologique ».
Une période de « forte activité »
« Lorsqu’un patient est en attente d’une intervention susceptible d’être réalisée dans les heures qui suivent, le maintien à jeun répond à une nécessité médicale liée à l’anesthésie et à la possibilité de l’opérer dès qu’un créneau se libère », répond le CHU, dont le service de neurochirurgie « connaît actuellement une période de forte activité ». D’autant qu’il s’agit d’une spécialité de recours, présente dans le Grand Ouest à Brest, Rennes et Nantes.
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« La tension constatée depuis une quinzaine de jours est principalement liée à une activité d’urgence particulièrement importante (70 %) en cette période estivale, renforcée par l’afflux touristique en Bretagne, précise l’hôpital. Les interventions sont donc priorisées en fonction de leur degré d’urgence. »
« Je m’inquiète pour notre hôpital public »
Des explications qui ne convainquent pas Gérard Chatagnon. « Si on traitait un chien comme ça, on aurait la SPA sur le dos ! Ce n’est pas normal d’empêcher les gens de boire. Et avec sa vertèbre cassée, ma compagne de 75 ans était immobilisée, elle ne pouvait pas aller aux toilettes.… Ce n’est pas humain », avance le retraité.
Le septuagénaire enchaîne : « On sait que ce n’est pas la faute du service. Ce sont de bonnes personnes, très gentilles. Mais il n’y a pas assez de personnel. Et je pense que c’est aussi une question d’aiguillage : on nous a fait quitter Quimper, alors qu’il y avait, là-bas, une clinique avec des neurochirurgiens. »
Soulagé que sa compagne ait finalement été opérée dans la nuit de lundi à mardi, il reste inquiet à l’heure de la retrouver : « Je ne tiens pas à blâmer l’hôpital : il est simplement l’illustration du déclin de notre système de santé, qui suit le modèle anglais. Quand je vois que ma compagne a aussi attendu 18 heures aux urgences, à Quimper, je m’inquiète pour notre hôpital public ».
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