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La droite compte bien garder la majorité au Sénat, à l’issue des scrutins, prévus 27 septembre, malgré une percée attendue du RN. Socialistes, communistes et écologistes serrent les rangs, et la France insoumise présente de nombreux candidats, avec l’espoir d’une élection dans le Rhône.
Par Aurélien SOUCHEYRE
Il existe une chambre législative qui, dans toute l’histoire de la Ve République, n’a été à gauche que pendant trois petites années : le Sénat. Et elle semble partie pour rester bien à droite après les prochaines élections sénatoriales qui se tiendront le 27 septembre. Le suspense, de ce point de vue, est totalement inexistant. « Le corps électoral est issu, à 95 %, des élections municipales, qui ont été un succès pour la droite et le centre. Les grands équilibres devraient donc être respectés », a avancé, début juillet, le président LR du Sénat, Gérard Larcher.
Reste que ces sénatoriales ne seront pas le reflet exact des municipales de 2026, mais plutôt des deux dernières, puisque la chambre haute est renouvelée pour moitié tous les trois ans. En tout, 178 sièges sont ainsi remis en jeu, sur les 348 que compte le Sénat. La campagne se joue donc dans 63 départements (dont 58 en métropole) en plus d’une circonscription des Français de l’étranger.
En l’état, le groupe LR, majoritaire avec 131 sièges, se montre confiant devant ses 77 sièges appelés à être renouvelés. Et ses alliés du groupe de l’Union centriste (59 sièges) espèrent même devenir le deuxième groupe du Sénat devant les socialistes (64 sièges). Mais l’ensemble de la droite, si elle sait qu’elle restera en tête, craint cependant plusieurs défaites face à l’extrême droite. Car le Rassemblement national, passé de 22 à 74 mairies en 2026, ambitionne de dépasser le seuil des dix élus nécessaires afin d’obtenir, pour la toute première fois, un groupe parlementaire au Sénat.
Le RN espère obtenir un groupe pour la première fois
Le parti de Marine Le Pen, qui dispose déjà de trois sénateurs élus jusqu’en 2029, vise des conquêtes dans les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault, le Var, le Vaucluse, et les Alpes-Maritimes, où Éric Ciotti, chef de l’UDR, parti d’extrême droite allié du RN, a été élu maire de Nice. L’ancien président de LR compte prendre deux à trois sièges à son ancien parti, et joue à fond sur les fortes porosités qui existent entre la droite locale et l’extrême droite.
Et ce d’autant plus que chez les 93 469 grands électeurs qui seront appelés à voter (dont 88 937 en tant que délégués des conseils municipaux), la discipline de vote par parti s’effrite. En 2023, le membre du RN Aymeric Durox a été élu sénateur en Seine-et-Marne, alors que ce département ne comptait aucun maire RN…
« Cela joue, mais ce n’est pas seulement au nombre de maires que se fait élire un sénateur. L’implantation a son importance, mais trois ou quatre grandes villes ne suffisent pas à faire des projections mécaniques, dans aucun département », mesure Cécile Cukierman, présidente PCF du groupe CRCE-K, qui insiste sur les luttes et le travail de terrain menés par les élus communistes. Cette année, seuls quatre sièges sur les dix-huit que compte le groupe sont à renouveler.
Cécile Brulin en Seine-Maritime, Marie-Claude Varaillas en Dordogne, Jérémy Bacchi dans les Bouches-du-Rhône et Gérard Lahellec dans les Côtes-d’Armor, identifiés depuis plusieurs années, ont bon espoir d’être réélus. Et le PCF espère également enregistrer quelques conquêtes, potentiellement dans le Gard.
Des listes communes dans plusieurs départements
De façon générale, à gauche, les forces présentes au Sénat (socialistes, communistes et écologistes) semblent bien parties pour s’entendre presque partout sur le territoire. « Nous avons la volonté de préserver les sortants à gauche, avec des stratégies différentes selon les départements, dans le respect des territoires et des traditions politiques, mais avec l’intention de ne pas s’autoéliminer face à la droite et l’extrême droite », souligne Cécile Cukierman.
Des listes communes se dessinent dans plusieurs départements malgré l’épineuse question de savoir qui est premier, deuxième et troisième sur la liste. Et quand il y a des listes séparées, « c’est que c’est parfois la meilleure solution pour obtenir le plus d’élus, avec plusieurs têtes de listes différentes et éligibles à gauche », souligne le groupe CRCE-K. C’est ce qui pourrait amener le communiste Pierre Lacaze à déposer sa propre liste en Haute-Garonne.
Le PS compte lui aussi défendre ses positions, voir progresser, et n’envisage pas plus de cinq pertes. Les écologistes, qui remettent en jeu sept sièges sur un total de seize, jouent en théorie la sauvegarde de leur groupe, mais se montrent sereins malgré la perte de grandes villes en 2026. De son côté, la France insoumise a annoncé ses têtes de listes dans 58 circonscriptions, avec des priorités programmatiques, en plus de dénoncer les « tentatives réitérées de la vieille gauche d’empêcher les insoumis d’entrer au Sénat ».
De fait, Patrick Kanner, président du groupe socialiste, se montre hostile à titre individuel à toute liste commune avec LFI, qui, suite à ses succès de 2026, espère faire élire Gabriel Amard, pilier du mouvement et gendre de Jean-Luc Mélenchon, dans le Rhône. « LFI veut mettre des candidatures individuelles partout, même quand la gauche pourrait être largement rassemblée. Attention : c’est parfois facile de gagner sur la gauche, mais c’est plus compliqué de faire gagner la droite voire l’extrême droite », prévient Cécile Cukierman.
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