Après la rencontre entre Jared Kushner et le chef du Hamas, Netanyahou poursuit la guerre au Moyen-Orient (H.fr-17/08/26)

Une famille palestinienne marche au milieu des décombres à Gaza, le 15 août 2026.

Jared Kushner, gendre de Donald Trump, a rencontré Khalil Al Hayya, chef du Hamas, au Caire, puis le chef du gouvernement israélien, à Jérusalem. Le premier accepte le plan des États-Unis, le second le rejette tout en poursuivant ses attaques contre les Palestiniens, sans aucune sanction.

Par Pierre BARBANCEY

Donald Trump l’avait juré : la deuxième phase de son « plan de paix » serait mise en œuvre par étapes. « L’accord sera mis en œuvre en phases soigneusement structurées », avait insisté le président états-unien sur les réseaux sociaux. « Une fois le désarmement achevé, les forces israéliennes se retireront et la Force internationale de stabilisation travaillera avec une nouvelle force de police palestinienne pour assumer la responsabilité de garantir que Gaza soit sûre pour ses habitants et ses voisins », avait-il poursuivi.

Nickolay Mladenov, un haut responsable des pourparlers, directeur du Conseil pour la paix mis en place par Donald Trump, se voulait résolument optimiste : « Ce que dit l’accord compte. Ce qui se passera ensuite compte encore plus. La mise en œuvre et la vérification doivent être réelles. Le retrait doit aller de pair avec le désarmement. » Simple. Trop simple.

La preuve par le déplacement de Jared Kushner, le gendre du président, dans la région. Lundi 17 août, il a rencontré Benyamin Netanyahou, en présence de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair et de Nickolay Mladenov. Rien n’a vraiment filtré mais il est peu probable qu’Israël fasse des concessions majeures concernant l’enclave palestinienne avant les élections du 27 octobre.

Sans pression, Netanyahou joue la montre

Au moins 1 260 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par Tel-Aviv depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en 2025. Pour le premier ministre israélien, jouer la montre suffit. Il sait que les États-Unis ne prendront aucune mesure coercitive et l’Union européenne encore moins, incapable même de suspendre le traité de libre-échange avec Israël qui viole le droit international et les droits humains.

Les semaines précédentes, Benyamin Netanyahou, tout en faisant mine d’accepter les déclarations de Donald Trump, martelait que ses troupes (qui occupent près de 60 % du territoire palestinien et entendent prendre le contrôle de 70 %), ne se retireraient qu’une fois le Hamas et les autres groupes armés de Gaza totalement désarmés. Le 9 août, le premier ministre israélien levait le masque en rejetant la dernière feuille de route américaine.

Le Hamas, lui, rendait public son acceptation des 15 points du plan, affirmant, par la voix de l’un de ses négociateurs, Ghazi Hamad : « La question n’est pas simplement, comme certains le croient, une affaire d’armes. Il s’agit d’un cadre complet. » Il liait le dossier des armes à « un processus politique palestinien » conduisant à « la fin de l’occupation », à l’établissement d’un État palestinien et à la réalisation de l’autodétermination palestinienne.

Pour les États-Unis, le rejet public du plan découle du rendez-vous électoral israélien de la fin octobre. Netanyahou, à la traîne dans les sondages, a besoin de se montrer intransigeant pour réussir à se maintenir au pouvoir. Trump a le problème inverse. Il doit apparaître comme un homme de paix avant les élections de mi-mandat, en novembre.

La Maison-Blanche a donc envoyé Jared Kushner, le gendre du président, dans la région. Le 16 août, il a rencontré une délégation du Hamas conduite par le nouveau numéro un, Khalil Al Hayya. Une délégation représentant l’ensemble des tendances du mouvement. Des représentants des pays médiateurs – l’Égypte, le Qatar et la Turquie – étaient également présents.

Le Hamas réclame l’arrêt des frappes à Gaza

L’organisation islamique palestinienne a exigé qu’Israël cesse ses attaques sur Gaza et se retire jusqu’à la « ligne jaune » – qui divise le territoire – avant le début de la mise en œuvre de l’accord. Le Hamas semble déterminé à maintenir cette orientation avec une délégation au Caire qui comprend l’ensemble des sensibilités existantes, du chef du Conseil de la Choura, Mohammed Darwish, au responsable de l’organisation à l’étranger, Khaled Meshaal, celui de la Cisjordanie, Zaher Jabarin et celui du bureau des relations arabes et islamiques, Bassem Naim.

Le mouvement, qui a procédé à des élections pour renouveler sa direction il y a quelques semaines à peine, et dont le résultat entre Khalil Al Hayya et Khamed Meshaal a été très serré, veut ainsi montrer un front uni. La pression des pays musulmans, mais également de l’Iran – qui lie maintenant tout accord avec les États-Unis à la paix au Liban et à Gaza – n’y est pas pour rien.

Difficile pour autant d’être optimiste alors qu’Israël bloque tout avenir pour les Gazaouis, et n’a pas même abdiqué ses velléités génocidaires. En Cisjordanie, selon les chiffres du Bureau de l’ONU de la coordination des affaires humanitaires (Ocha), « le nombre d’attaques de colons ayant causé des victimes ou endommagé des biens cette année en Cisjordanie a désormais dépassé les 1 000 ».

Source: https://www.humanite.fr/monde/benyamin-netanyahou/apres-la-rencontre-entre-jared-kushner-et-le-chef-du-hamas-netanyahou-poursuit-la-guerre-au-moyen-orient

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