RDC : l’épidémie d’Ebola devient la plus meurtrière de l’histoire du pays avec « un mort toutes les trente minutes » (H.fr-17/08/26)

L’épidémie d’Ebola s’étend à six provinces de la République démocratique du Congo.
© Benediction MURHABAZI / AFP

L’épidémie d’Ebola, qui ravage depuis trois mois la République démocratique du Congo (RDC), a dépassé le stade historique des 2 300 morts comptabilisés lors de la flambée de 2018-2020. La crise actuelle devient donc « la plus rapide jamais enregistrée » à un tel stade, annonce, lundi 17 août, les Nations unies.

Par la rédaction de l’Huma

En à peine trois mois, la République démocratique du Congo (RDC) connaît la pire crise sanitaire de son histoire. L’épidémie d’Ebola actuelle a ainsi été qualifiée, lundi 17 août, de « la plus rapide jamais enregistrée » par l’Organisation des Nations unies (ONU).

Avec un mort enregistré « toutes les trente minutes », l’épidémie a causé 2 325 décès sur 4 945 cas confirmés, selon le dernier bilan des autorités congolaises. De quoi dépasser les 2 299 morts recensés sur 3 381 cas confirmés lors de la flambée de 2018-2020, jusqu’ici considérée comme la plus meurtrière de l’histoire du pays.

La flambée s’est étendue à six provinces

De plus, sept fois plus de cas et cinq fois plus de morts ont été recensés sur le même laps de temps, en RDC, que lors des trois premiers mois de la plus importante épidémie d’Ebola de l’histoire – en Afrique de l’Ouest (2014) -, selon l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC). La flambée actuelle s’est déjà étendue à six provinces de ce vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants, où les flux de population échappent largement à la surveillance.

L’Ouganda, pays voisin de la RDC, a de son côté enregistré vingt contaminations confirmées, dont deux décès, et a annoncé mi-juillet ne compter plus aucun malade contaminé par le virus. Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) espère inverser la tendance d’ici trois mois, « l’engagement de la communauté dans la riposte reste encore trop faible », alerte Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.

« Plus de 70 % des personnes meurent dans la communauté », et non dans les centres de traitement (CTE), résume-t-il. À Bunia, capitale de l’Ituri et l’épicentre de la flambée – avec près de 90 % des cas recensés depuis mi-mai – les mesures contre l’épidémie restent peu visibles, annonce l’Agence France-Presse (AFP).

La mairie a ordonné aux commerçants d’installer des kits de lavage des mains devant leurs boutiques, mais les clients continuent de se presser en nombre dans les marchés, en faisant peu de cas des mesures barrières. Dans le territoire de Djugu, situé dans l’Ituri, « les gens préfèrent se faire soigner à la maison, pensant qu’il s’agit d’un empoisonnement ou d’autres pathologies », déplore Jean-Paul Malo Lotsima, responsable de la société civile locale.

« C’est souvent à la dernière minute, lorsque la famille constate que la situation s’aggrave, que les malades sont amenés à l’hôpital, ajoute-t-il. Et parfois, ils meurent en cours de route. »

Au niveau national, le taux de suivi des cas contacts, annoncé à plus de 80 % par les autorités congolaises, « ne reflète pas la réalité », selon l’Africa CDC, ce nombre correspondant aux contacts déjà identifiés, qui ne représenteraient que 12 % des cas contacts de malades confirmés. Plusieurs vaccins sont à l’essai contre le variant Bundibugyo, en cause dans l’épidémie.

Source: https://www.humanite.fr/monde/crise-sanitaire/rdc-lepidemie-debola-devient-la-plus-meurtriere-de-lhistoire-du-pays-avec-un-mort-toutes-les-trente-minutes

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