
Lors d‘un mariage, vendredi, à l’hôtel de ville de Brest, l’élu d’opposition Glen Dissaux a retourné le portrait officiel du président de la République, à la demande des mariés. Il assume, alors que la majorité fustige « une atteinte aux principes de neutralité du service public ».
Par Jean-Luc PADELLEC
Le vendredi 14 août 2026, lors d‘une union célébrée dans la salle des cérémonies de la mairie de Brest, Glen Dissaux, élu écologiste dans l’opposition municipale, qui officiait, a accédé à la requête des futurs époux en retournant le cadre du portrait officiel d’Emmanuel Macron, pour le masquer aux regards. Cette initiative est arrivée aux oreilles de la majorité municipale. Sur Facebook, ce lundi, Franck Gouriou, 14e adjoint au maire de Brest délégué à l‘administration générale et à l’état civil, exprime son « indignation la plus vive » sans citer nommément l’élu concerné.
« Un devoir de neutralité politique absolue »
« En aucun cas la salle des cérémonies de la mairie ne saurait servir de tribune politique », rappelle-t-il. Pour l’exécutif local, l’élu visé a outrepassé le cadre strict de sa mission : lorsqu’il marie des citoyens au nom du maire, il agit en qualité d’officier d’état civil, représentant de l’État, et « a le devoir d’observer une neutralité politique absolue et de faire respecter les symboles de notre République ».
Quand il agit en qualité d’officier d’état civil, l’élu a le devoir d’observer une neutralité absolue et de faire respecter les symboles de notre République
Au-delà du symbole républicain ainsi masqué, la majorité dénonce l‘impact de ce geste sur les équipes de la mairie. Selon Franck Gouriou, cette décision a placé l’agent du service public chargé d’assister la cérémonie « dans une situation particulièrement délicate et injustifiable ». Rappelant que la tenue des mariages repose sur la confiance et le respect solennel du cadre institutionnel, l‘adjoint, qui travaille actuellement à la rédaction d’une charte de bonne conduite lors des mariages, conclut qu’il « ne saurait être toléré que les symboles républicains soient masqués ou manipulés au gré des convictions des uns ou des autres ».
« Aucun discours, aucune prise de position »
Contacté par Le Télégramme, Glen Dissaux « s’étonne de cette tentative de polémique de la droite brestoise ». Il confirme « avoir retourné le portrait officiel du président de la République, à la demande explicite des mariés, pour la durée de la cérémonie. J’y ai répondu comme je réponds, dans le cadre légal, aux souhaits des mariés que j’ai l’honneur d’unir depuis des années. »
Sur le fond du droit, il rappelle « qu’aucun texte législatif ou réglementaire n’impose la présence du portrait officiel du président de la République dans la salle des mariages. Il s’agit d’une tradition républicaine, et non d’une obligation, comme le confirment de façon constante les réponses ministérielles sur ce sujet depuis 1993. »
Le mariage civil est un moment qui appartient avant tout aux mariés
« Le geste n’a comporté aucun élément de communication politique, aucun discours, aucune prise de position : il s’agissait exclusivement de répondre à la volonté des mariés concernant le décor de leur propre cérémonie. La neutralité du service public, à laquelle je suis particulièrement attaché dans l’exercice de mes fonctions, a été pleinement respectée : ni propos, ni symbole nouveau, ni prise de position n’ont été introduits. » Pour Glen Dissaux, qui revendique une conception du rôle d‘élu à l’écoute des usagers, « dans le strict respect du cadre légal, le mariage civil est un moment qui appartient avant tout aux mariés ».
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