
L’étang de Kerescar, à Ploumoguer, alimente l’usine de Kermorvan, à Trébabu. Pourtant, dans une semaine, l’activité de l’usine va être fortement réduite. Les élus demandent une mobilisation citoyenne pour économiser l’eau.
Par Chloé CROCHU
« Il est important de dire qu’il n’y a pas tout le temps de l’eau, que chaque petit geste compte », lance en préambule David Carrega, maire de Ploudalmézeau et vice-président en charge de l’eau et l’assainissement de Pays d’Iroise Communauté (Pic), ce lundi 17 août 2026. La communauté de communes du pays d’Iroise compte 19 communes qui s’étendent de Plougonvelin à Ploudalmézeau, du Conquet à Milizac-Guipronvel, sans oublier Molène.
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Face à David Carrega, l’étang de Kerescar, à Ploumoguer, a atteint un seuil critique, à cause de la sécheresse. « Il alimente l’usine de Kermorvan, qui est une installation de production d’eau potable située dans la commune de Trébabu. Mais le niveau d’eau étant bas, l’activité de l’usine va être fortement réduite dans une semaine », complète Damien Verdeau, responsable exploitation des installations d’Eau du Ponant.
Un effort collectif
L’étang a un volume de 150 000 m3 habituellement, « c’était d’ailleurs son niveau au début du mois de juillet », confirme Anne-Claire Guillet, directrice générale des services de Pic. Aujourd’hui, son volume est de 50 000 m3. « Dans une semaine, nous prévoyons 30 000 m3 », annonce Damien Verdeau. L’étang de Kerescar ne pouvant être asséché, afin de préserver la biodiversité, la communauté de communes demande aux habitants un effort collectif. « Un foyer de quatre personnes utilise 170 litres d’eau par jour. Si on économise 40 litres, alors cela représente trois piscines olympiques », avance David Carrega.
Les élus parlent de prévention plutôt que de restriction. « On peut réutiliser l’eau qui a servi à laver les légumes pour tirer la chasse d’eau, prendre des douches moins longues, couper l’eau lorsque l’on se lave les dents », liste le maire de Ploudalmézeau. Pic doit aussi composer avec l’affluence touristique. « La saison est bientôt terminée », rappelle l’élu.
« Un automne pluvieux permettrait de recharger l’étang »
Tous se veulent confiants. « On aura de l’eau jusqu’à la fin de l’été mais il faut rapidement de la pluie. Un automne pluvieux permettrait de recharger l’étang », rappelle Damien Verdeau. Ce dernier se souvient qu’en 2022, la situation était comparable « mais la pluie avait permis de remettre l’étang à niveau. Bien sûr, un seul épisode de pluie ne suffit pas. Il faut environ trois mois », prévient-il.
Le pays d’Iroise n’est pas le seul confronté à la sécheresse. Son voisin, le pays des Abers, fait face aux mêmes difficultés. Les châteaux d’eau du pays des Abers ont de la réserve mais alors que le Syndicat des eaux du Bas-Léon appelle son voisin de l’Élorn à la rescousse pour compléter son approvisionnement, Martial Clavier (vice-président de la Communauté de communes du pays des Abers) et Yoann Pervès (chargé d’étude eau et assainissement) recommandent à leur tour de gros efforts de sobriété à leurs concitoyens.
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