La dette des États-Unis dépasse la barre symbolique des 40 000 milliards de dollars (H.fr-20/08/26)

Cette hausse intervient alors que les inquiétudes liées à l’inflation ont porté les coûts d’emprunt à des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis des années. © Viktor Gladkov/Alamy/ABACA

Selon les dernières données publiées par le ministère des Finances états-unien mercredi 19 août, la dette du Trésor américain atteint désormais 40 047 milliards de dollars. Une hausse record qui intervient dans un contexte d’inquiétude d’une reprise de l’inflation sur fond de guerre au Moyen-Orient et ravive les spectres des crises financières passées.

Par la rédaction de l’Huma

La dette du gouvernement états-unien a dépassé pour la première fois la barre symbolique des 40 000 milliards de dollars, selon les données publiées mercredi 19 août par le ministère états-unien des Finances, alors que les coûts d’emprunt augmentent.

Après la dernière émission de bons mardi, la dette du Trésor américain atteint désormais 40 047 milliards de dollars, du fait d’une augmentation à la fois des emprunts liés à la santé et à la sécurité sociale, mais également des intérêts payés. Et la hausse est plus rapide que prévu. Le Bureau du Congrès pour le budget (CBO) anticipait jusqu’ici que l’endettement de l’État fédéral soit de l’ordre de 39 400 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

Cette hausse intervient alors que les inquiétudes liées à l’inflation, notamment avec le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie, ont porté les coûts d’emprunt à des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis des années.

Le rendement des bons du Trésor à long terme (30 ans) a ainsi atteint mardi son plus haut niveau depuis 2007. Une situation qui contraint Washington à dépenser toujours plus pour se refinancer, aggravant par la même occasion son endettement.

« Les Américains méritent mieux »

« Il est bien connu que l’État fédéral a un rythme de déficit qui n’est pas soutenable », a souligné Jessica Riedl, spécialiste du budget pour la Brookings Institution. La dette du pays a plus que doublé depuis la crise financière de 2008 et représente désormais un ratio de près de 125 % du produit intérieur brut (PIB) américain. Alors que des déficits compris entre 3 % et 4 % du PIB avaient autrefois de quoi inquiéter les marchés financiers, Jessica Riedl a souligné que ces niveaux avoisinaient désormais les 6 % à 7 % du PIB. « Cela a rendu les marchés plus nerveux », a-t-elle commenté.

« Le président avait promis de rembourser la dette durant son premier mandat. Nous savions tous que c’était un mensonge. Au lieu de ça, il l’a laissée filer à 40 000 milliards de dollars pendant que lui et sa famille engrangeaient des milliards », a dénoncé le sénateur démocrate de l’Arizona, Mark Kelly, dans un message publié sur X. « Le Congrès doit maîtriser les dépenses et ÉQUILIBRER LE BUDGET. Les Américains méritent mieux », a commenté son homologue républicain de Floride, Rick Scott, également sur X.

Au cours de ses deux mandats, Donald Trump a plusieurs fois promis de couper dans les dépenses et de réduire le déficit annuel. Le ministre des Finances, Scott Bessent, avait indiqué que son objectif était de ramener le déficit américain à 3 % du PIB. Mais le déficit s’est plutôt creusé dans les derniers mois, en raison notamment du remboursement des droits douanes aux entreprises, après leur annulation en février. Les réductions d’impôts et les dépenses militaires, en particulier celles liées au conflit avec l’Iran, ont aussi englouti de nombreux milliards de dollars.

Le spectre des subprimes

Les analystes soulignent qu’il n’existe pas de niveau d’endettement par rapport au PIB qui déclenche automatiquement une crise ; la dette détenue par le public, qui exclut les créances d’une administration fédérale sur une autre, est généralement un indicateur plus suivi que la dette totale. « Mais d’un point de vue psychologique, ce sont ces repères qui alertent les marchés financiers sur la nécessité de se pencher à nouveau sur la hausse de la dette », selon Jessica Riedl.

À l’Agence France-Presse (AFP), le directeur de la politique budgétaire du Bipartisan Policy Center, Caleb Quakenbush, rappelle que les emprunts fédéraux avaient fortement augmenté pendant la crise des subprimes (2007-2009) ou lors de la récession provoquée par le Covid. Selon lui, la trajectoire des dépenses budgétaires américaines n’a pas été abordée par le Congrès ni par les administrations américaines de manière « significative ou durable ». Un manque d’anticipation qui a de quoi poser de sérieux défis en cas de nouvelle crise.

Source: https://www.humanite.fr/monde/dette-publique/la-dette-des-etats-unis-depasse-la-barre-symbolique-des-40-000-milliards-de-dollars

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