À deux jours de l’examen de la loi intégrale, un rapport pointe le coût financier des violences sexuelles pour les victimes (H.fr-30/09/26)

La députée Sandrine Josso, au sortir du procès contre le sénateur Joël Guerriau le 27 janvier dernier, a elle-même témoigné du coût financier des soins dont elle a bénéficié après son agression.
© Jérémy Paoloni/ABACAPRESS.COM

Se soigner, engager un avocat, déménager pour fuir l’agresseur, voir sa vie professionnelle se détériorer au risque de perdre ses revenus… Subir des violences sexistes et sexuelles a un coût. Pour éviter que les victimes trinquent financièrement, les députées Élise Leboucher (LFI) et Sandrine Josso (Mouvement démocrate) présentent un rapport édifiant à l’Assemblée nationale

Par Margot BONNERY

Les victimes de violences sexistes et sexuelles n’ont pas à se ruiner pour être accompagnées. Alors que l’examen de la loi intégrale contre les VSS approche à grands pas à l’Assemblée nationale, Élise Leboucher (La France insoumise) et Sandrine Josso (Les Démocrates) dressent un constat amer : les victimes sont contraintes de débourser des sommes faramineuses de leur propre compte en banque.

Se soigner physiquement et mentalement, engager un avocat, déménager pour fuir l’agresseur, voir sa vie professionnelle se détériorer au risque de perdre ses revenus… Après 125 auditions menées pendant six mois, les députées ont présenté, ce mardi 29 septembre, leur rapport sur le coût de ces agressions et l’accompagnement des victimes.

Parmi les témoignages qu’elles ont recueillis, celui d’une femme qui a confié avoir « vidé tout (son) PEL », rapporte l’AFP. Une autre, dont le parcours judiciaire a duré seize ans, estime avoir dépensé environ 46 000 euros pour quatre avocats. Pour rappel : les séances avec des thérapeutes spécialisés coûtent près de 90 euros et peuvent atteindre 150 euros.

Sandrine Josso, première concernée

Ce parcours de la combattante, Sandrine Josso le connaît. La députée a déboursé 30 000 euros en honoraires d’avocat dans son procès contre le sénateur Joël Guerriau, condamné en janvier 2026 pour avoir utilisé la soumission chimique trois ans plus tôt dans le but de la violer. « Je dois aller chez le psy toutes les semaines, j’ai dû faire du kiné, des radios, me faire retirer quatre dents chez le dentiste, tout ça mis bout à bout, c’est la ruine », témoigne Sandrine Josso à l’AFP.

Dans le texte, présenté devant la délégation aux droits des femmes, les députées exigent donc l’augmentation massive « des moyens financiers consacrés à la lutte contre les VSS » pour les femmes et les enfants. « Ce qu’on n’arrive pas à établir, c’est le coût global [des VSS] au cours d’une vie, notamment des impacts sur le travail, parce qu’il peut y avoir des arrêts longs, des démissions, des incapacités à reprendre un poste », explique Élise Leboucher auprès de LCP.

Malgré cette absence de chiffres, les députées estiment que le coût annuel des VSS s’élève à 100 milliards d’euros. Pour rappel, la Ciivise avait estimé en 2023 que le coût des violences faites aux enfants atteignait 10 milliards d’euros par an.

Prise en charge de l’employeur en cas de violence au travail

Les députées proposent d’ouvrir un droit au congé ou à une autorisation d’absence rémunérée pour les victimes. Elles exigent aussi l’interdiction de licencier les personnes « justifiant d’un état de santé physique ou psychologique dégradé du fait des VSS subies ». Et concernant les personnes victimes de VSS sur leur lieu de travail, Sandrine Josso et Élise Leboucher souhaitent que l’employeur prenne à sa charge les frais de justice et les soins.

En espérant que ce rapport édifiant soit pris en compte dans l’examen de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui arrive ce jeudi 1er octobre à l’Assemblée nationale.

source: https://www.humanite.fr/feminisme/aide-aux-victimes/a-deux-jours-de-lexamen-de-la-loi-integrale-un-rapport-pointe-le-cout-financier-des-violences-sexuelles-pour-les-victimes

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