À l’université d’été du Medef, Patrick Martin détaille les exigences du patronat pour détruire le modèle social français (H.fr-26/08/26)

Toute honte bue, Patrick Martin a incité le patronat au courage pour l’année à venir, ce mercredi 26 août lors de la Ref organisée à Roland-Garros. © Thomas SAMSON / AFP

Le numéro 1 du Medef a présenté les priorités de son organisation, à l’approche des scrutins de 2027. Le modèle social français est dans le viseur du patronat, qui ne veut pas remettre en cause la politique de l’offre.

Par Naïm SAKHI

Le cadre avait de quoi impressionner. Les priorités du patronat, elles, étaient connues d’avance. Sous les arches du court Philippe-Chatrier, à Roland-Garros (Paris), Patrick Martin a donné le coup d’envoi de la Ref 2026 (rencontre des entrepreneurs de France), placée sous le signe du « courage », ce mercredi 26 août. Téméraire, le patronat entend peser pour obtenir des garanties quant à la poursuite de la politique de l’offre.

Pour appuyer cette demande, le président du Medef a commencé par dénoncer « les volte-face », dont la conséquence aurait été « le renchérissement du coût du travail au détriment des emplois et des salaires ». Fort de ses convictions libérales, le leader patronal appelle à « faire voler en éclats le carcan qui étouffe notre pays », alors que l’ensemble des candidats à l’Élysée sont attendus, ces 26 et 27 août, à la porte d’Auteuil. Patrick Martin promet un « vrai débat ouvert et contradictoire, mais sans compromission ».

Capitalisation des retraites

Le modèle social français est en ligne de mire. À commencer par les retraites, dont la capitalisation est soutenue par le Medef. À croire son président, « les salariés savent bien quels sont leurs intérêts. Treize millions d’entre eux disposent d’un plan épargne retraite (PER) ». En ce sens, Patrick Martin a rendu un hommage appuyé à Élisabeth Borne, présente en tribune, qui avait imposé la réforme de 2023. D’ailleurs, lors d’une table ronde, l’ex-première ministre a réclamé que le débat sur l’avenir des retraites soit posé « de manière structurelle ».

Quant au financement, Patrick Martin rappelle que « la TVA sociale existe déjà et finance pour 56 milliards par an nos régimes sociaux ». Une allusion directe aux crédits du budget général de l’État dégagés pour compenser en partie les exonérations de cotisations sociales dont bénéficie le patronat.

« Notre pays a besoin de travailler plus », assure le Medef

Alors que l’ensemble des aides aux entreprises se chiffrent à 211 milliards d’euros par an, toute honte bue, le président du Medef demande d’« arrêter » avec « le terme d’aides publiques ». Selon lui, « ces aides sont une compensation partielle de politiques publiques mal conçues, dont les 35 heures, pour commencer ». Sans réclamer la révision de la durée légale du travail effectif par semaine, Patrick Martin prévient que « notre pays a besoin de travailler plus ».

Par ailleurs, le président du Medef a présenté comme un « ovni technocratique » la loi d’application de la directive européenne sur la transparence salariale, qui sera présentée en Conseil des ministres, le 9 septembre. « Nous n’avons pas besoin de cela pour (appliquer) l’égalité (salariale) entre les femmes et les hommes, une égalité que nous voulons pour des raisons de principe et de performance », tente-t-il de se défendre.

Enfin, sur le plan des inégalités, le patron du Medef a une lecture particulière de la situation hexagonale : « La France n’est pas le temple des inégalités mais, au contraire, un des pays les plus égalitaires du monde », assure-t-il. Pourtant, selon l’Insee, 15,4 % de la population vivaient en situation de pauvreté monétaire en 2024, soit 9,8 millions de personnes. Et depuis 2017, ce sont 1,2 million de personnes supplémentaires qui sont passées sous le seuil de pauvreté. Quand, selon Oxfam, la fortune des 32 milliardaires français a doublé.

Des inégalités qui appellent une réponse de la puissance publique et un partage des richesses, qu’importe les mises en garde patronales.

Source: https://www.humanite.fr/social-et-economie/financement-des-retraites/a-l-universite-dete-du-medef-patrick-martin-detaille-les-exigences-du-patronat-pour-detruire-le-modele-social-francais

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