À Quimper, le blocus reprend au lycée de Cornouaille, mais la crainte de manquer les cours monte chez certains élèves (OF.fr-2/11/26)

150 élèves étaient présents dès l’aube pour bloquer le lycée de Cornouaille. | OUEST-FRANCE

Après deux semaines de vacances, quelque 150 élèves du lycée de Cornouaille, à Quimper (Finistère), ont repris le blocus de leur établissement, lundi 2 novembre 2026. Une mobilisation moins suivie, alors que de plus en plus d’élèves souhaitent retrouver les salles de classe, sans pour autant rejeter le mouvement.

Par Hubert MARY

Vous allez bloquer tous les jours jusqu’à décembre ? Devant le lycée de Cornouaille, à Quimper (Finistère), lundi 2 novembre 2026, le ton est monté d’un cran entre le proviseur, Jean-François Jacopin, et les élèves mobilisés. Nous bloquerons autant de temps qu’il faut, lui répond une lycéenne en terminale. Après deux semaines de vacances, le mouvement a repris dès 6 h 30 du matin, à l’initiative de quelque 150 élèves, principalement en terminale. Un blocus filtrant, moins suivi qu’avant les vacances, laisse entrer trois élèves toutes les cinq minutes.

Jusqu’ici, le chef d’établissement avait toléré les blocages, privilégiant le dialogue avec les lycéens. Mais ce lundi, face à une trentaine d’élèves patientant en file indienne pour rejoindre les cours, la discussion se tend. Si ça continue, vous allez au rapport de force, est-ce qu’il va falloir demander à la police d’intervenir ?, interroge-t-il.

Le ton est monté entre Jean-François Jacopin et les lycéens organisant le blocus. | OUEST-FRANCE

 On nous prend pour des gamins 

Le désaccord porte notamment sur les réponses apportées aux revendications des lycéens. Santé mentale, bâti scolaire, Parcoursup, classes surchargées, emplois du temps déconstruits… Toutes les revendications ont été abordées par le gouvernement, défend le proviseur auprès des élèves mobilisés.

Ils nous ont donné des miettes sur certains sujets, on nous prend pour des gamins, lui rétorque une lycéenne. S’ils reconnaissent à leur proviseur une capacité d’écoute et une compréhension de leurs préoccupations, ils restent déterminés à poursuivre le mouvement.

La crainte du décrochage scolaire

Du côté des élèves qui souhaitent reprendre les cours, les revendications ne sont pas nécessairement remises en cause. C’est davantage la crainte d’accumuler du retard, après plusieurs semaines de mobilisation, qui commence à peser.

Véronique Bois de Ferre est venue accompagner sa fille pour s’assurer qu’elle puisse entrer en classe. Ça fait un mois que ma fille est à la maison, elle n’est pas impliquée dans le mouvement mais ce n’est pas une bosseuse, elle s’en fout, comme peuvent l’être certains adolescents. J’ai peur du décrochage scolaire.

Les lycéens la laissent passer. En ressortant, la mère de famille tient à leur adresser un message : Venez jeudi à la manifestation en ville [une nouvelle journée de mobilisation nationale est prévue jeudi 5 novembre, NDLR]. J’y serai, je comprends votre colère, mais laissez entrer ceux qui veulent travailler. Et d’ajouter : Je suis fonctionnaire en crèche, à Kermoysan, je ferai grève.

 Ça commence à être long 

Valise à la main, Kenzo Janpacaud, interne en seconde, patiente depuis une vingtaine de minutes devant l’établissement. Ça commence à être long, je sens que je prends du retard en cours, confie-t-il. Comme lui, de plus en plus d’élèves souhaitent retrouver les salles de classe, tout en comprenant les raisons de la mobilisation.

Des élèves de seconde internes attendent de pouvoir entrer dans l’établissement. | OUEST-FRANCE

À l’issue de cette nouvelle journée de mobilisation, une assemblée générale doit permettre aux lycéens de décider de la suite du mouvement. Les syndicats lycéens appellent, de leur côté, à une nouvelle journée nationale de blocage mardi 3 novembre.

Source: https://www.ouest-france.fr/societe/manifestation/a-quimper-le-blocus-reprend-au-lycee-de-cornouaille-mais-la-crainte-de-manquer-les-cours-monte-chez-certains-eleves-7b9c3932-d69e-11f1-84f3-5611f158a658

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