
L’annonce de la fermeture de l’école Edmond-Michelet en début d’été a entraîné une réorganisation en cascade de trois écoles quimpéroises. Les élèves de Michelet ont fait leur rentrée à Émile-Zola, tandis que ceux de Zola ont rejoint Victor-Hugo. Un déménagement préparé en quelques semaines et une rentrée forcément particulière pour les enfants, les parents et les équipes
Par Hubert MARY
L’inquiétude qui se lit dans les regards est vite dissipée lorsqu’ils croisent enfin celui de leur meilleur ami. Mais, ce mardi 1er septembre, jour de rentrée scolaire, ces yeux familiers sont parfois un peu plus difficiles à trouver qu’à l’accoutumée devant l’école Victor-Hugo, rue Alfred-de-Vigny, à Quimper. Aux 130 élèves de l’établissement sont en effet venus s’ajouter les 92 élèves de l’école Émile-Zola.
Un déménagement en cascade provoqué par la fermeture en urgence de l’école Edmond-Michelet au début de l’été. Ses élèves ont été transférés à Émile-Zola, dont les élèves ont, à leur tour, rejoint Victor-Hugo.
Lire aussi : À Quimper, comment la Ville sécurise-t-elle les abords des écoles ?
Pour Mia, en moyenne section, pas vraiment d’inquiétude en revanche. Tout ce qui lui importait, c’était de retrouver ses amies
, raconte sa mère, Audray Machado. Le changement bouleverse davantage les habitudes de la famille, qui habite près de Zola. Victor-Hugo est désormais trop loin pour s’y rendre à pied. Maintenant, nous prenons le bus. Il faut se lever un peu plus tôt.
Dix classes et une école réaménagée
Pour absorber cette arrivée, les cinq classes de Zola ont été redistribuées en quatre et ont rejoint les six de Victor-Hugo. L’école compte désormais dix classes, quatre en maternelle et six en élémentaire, avec une moyenne d’environ 23 élèves.
En élémentaire, les équipes ont cherché à préserver les groupes existants. On a essayé de faire des cours simples. On a évité le brassage pour pouvoir garder des niveaux simples
, explique Jean-Michel Topin, directeur de Victor-Hugo. Deux classes mélangent toutefois les élèves des deux écoles, la priorité ayant été donnée aux niveaux uniques. En maternelle, les enfants ont en revanche été complètement mêlés.
Il a aussi fallu pousser les murs. La salle des maîtres est devenue une salle de classe et a été remplacée par un bâtiment modulaire. À la cantine, des tables, un four et des réfrigérateurs ont été ajoutés. Les deux services sont maintenus et le personnel de Zola est venu en renfort.
La rue Alfred-de-Vigny a également été réaménagée pour ajouter des places de stationnement. Pendant un mois, Cyrille Labat, agent du Pimms de Quimper, est présent devant l’établissement pour orienter les familles. Les premières questions ont surtout porté sur l’aménagement de l’école et le périscolaire.
Des habitudes à revoir
Le périscolaire et la circulation préoccupent justement Séverine, mère d’une élève de 10 ans en CM1 à Victor-Hugo. On va découvrir comment ça s’est organisé. Cela risque de compliquer la circulation.
Elle regrette aussi le calendrier de la décision : Des enfants ne changent pas d’école au dernier moment.
Elle se réjouit néanmoins que les camarades aient pu rester ensemble autant que possible.
Pour Ulysse, 3 ans, le déménagement arrive seulement un an après sa première rentrée à Zola. Ses parents, Morgane Ledoux et David Lecardonnel, avaient choisi l’établissement avec enthousiasme. On avait eu un petit crush pour cette école.
Ils regrettent d’avoir appris le changement pendant les grandes vacances. Ça rajoute deux minutes de route, mais l’option à pied n’est plus possible.
Pour les familles de Michelet accueillies à Zola, la Ville a mis en place une navette depuis la Maison des habitants du Braden, à 8 h le matin et 17 h le soir.
À Zola, « nous voulions rester ensemble »
Un peu plus tard, à l’heure de la première récréation, l’ambiance est légère à Émile-Zola. Alors que la maire Isabelle Assih demande à des enfants ce qu’ils pensent de leur nouvelle école, la réponse fuse : Elle est trop bien !
Le transfert a pourtant demandé un important travail aux équipes. Le diagnostic reçu le 7 juillet avait révélé une accélération de la vétusté de plusieurs éléments structurels de Michelet, déjà fragilisée depuis des années, ainsi que des moisissures et un champignon attaquant la structure en bois. La Ville avait alors décidé qu’aucun élève n’y ferait sa rentrée en septembre.
On savait que l’école était en bout de course et que cela pouvait arriver, mais pas si vite
, raconte Morgane François, directrice de Michelet désormais installée à Zola. Nous avons forcément eu moins de vacances. Le déménagement et la réorganisation nous ont pris beaucoup de temps.
Elle estime qu’il faudra désormais questionner la nécessité de mettre en place un protocole
pour ce type de situation.
Une satisfaction demeure : les sept classes et l’équipe de Michelet ont pu rester regroupées. Nous voulions rester ensemble et c’est ce qui s’est passé.
Toutes les familles n’ont cependant pas suivi. Sur les quelque 140 élèves scolarisés à Michelet l’an dernier, une vingtaine ont choisi une autre école. C’est triste
, confie la directrice.
Après un été mouvementé, elle parvient tout de même à sourire : Mon bureau est nettement plus joli que l’ancien.
URL de cet article : https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=108151&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
