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En pleine dynamique de campagne, les insoumis ont réuni plus de 8 000 personnes lors de leurs Amfis d’été. S’estimant en capacité de remporter l’élection présidentielle de 2027, ils appellent à un « changement radical de politique », notamment face à la crise climatique. Et ouvrent la porte à une alliance avec les Écologistes.
Par Rachel GARRAT-VALCARCEL
Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), envoyée spéciale.
Il y avait déjà eu la démonstration de force du 7 juin lors du meeting de Saint-Denis, en voici une nouvelle. Lors de leurs Amfis (« amphis d’été » de la France insoumise), les insoumis ont démarré la rentrée comme ils avaient terminé l’année : à fond.
Le mouvement mélenchoniste revendique d’avoir réuni au moins 8 000 personnes sur les trois jours de débats et « plus de 10 000 » lors du meeting de dimanche. Si le chiffre est bien entendu invérifiable, il y avait de fait beaucoup de monde autour du lac où sont traditionnellement organisées les Amfis, près de Valence. Et nettement plus que les années précédentes.
Alors forcément, les insoumis, des cadres aux militants, ont le sourire. Depuis la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon, le 3 mai, la dynamique autour de leur campagne est incontestable. Les rares polémiques qui l’ont émaillée ne l’ont pas enrayée, les intentions de vote sont bonnes (même si prière est faite de ne pas regarder celles du second tour…). Bref, les insoumis sont heureux. Tellement heureux que certains disent qu’on en a vu marcher sur l’eau, tant ils semblent hermétiques à l’éventualité de ne pas gagner la prochaine présidentielle.
Cyrielle Chatelain pour tenter de raccrocher les écolos
Dans ce contexte, le seul sujet qui a légèrement troublé la quiétude insoumise est la question d’un éventuel soutien des Écologistes à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Venue en éclaireuse, Cyrielle Chatelain, la cheffe de file des députés écologistes, notoirement favorable à discuter d’une alliance, a été chahutée par la base insoumise, impatiente de voir les Verts se rallier. Mais elle ne s’est pas démontée, montrant sa complicité avec Mathilde Panot, son homologue LFI, insistant sur les convergences et les 82 % de votes communs à l’Assemblée.
Elle a également donné des gages : « Nous sommes dans ce moment de bascule où, certes, ce n’est pas la fin du monde, mais si on n’envisage pas la fin du capitalisme, c’est notre capacité de bien vivre et d’habiter la terre qui sera remise en cause. » Sauf qu’à trop dire son accord sur (presque) tout, le public ne comprend pas bien ce qui bloque : « Ben alors ? » ; « Dépêchez-vous ! » ; « Vous allez même pas faire 5 % ! » ont envoyé certains dans la salle.
Cyrielle Chatelain a encaissé, en restant loyale à la décision que les militants de son parti devront prendre. Elle n’a annoncé aucun ralliement, montrant plutôt une volonté de négocier sur le fond, notamment sur les questions internationales et européennes. Forts de leur dynamique, les cadres de LFI se sont montrés plus magnanimes que leur base.
Devant les journalistes, Manuel Bompard, le coordinateur national du mouvement, a redit son respect du débat interne chez les Écologistes et s’est montré ouvert à « discuter programme, partage du pouvoir au gouvernement et élections législatives ». « Mais le préalable, c’est la candidature de Jean-Luc Mélenchon », a-t-il bien pris soin de préciser.
LFI peaufine son programme écologique
Jean-Luc Mélenchon n’a pas directement évoqué le sujet lors du meeting de dimanche. En revenant sur sa proposition de créer des éco-régions sur la base des bassins-versants, pierre angulaire de la survenue d’un « État écologique », ou en annonçant une conscription écologique pour la sécurité civile, le candidat a consacré la majeure partie de son discours à la crise climatique. Logique, après l’été infernal que la France vient de vivre, mais inévitablement du miel aux oreilles des Écologistes qui reprochent parfois au chef insoumis de ne pas assez en parler.
« Ce qui compte et est le plus important, ce n’est pas le nombre de candidatures, c’est le nombre d’électeurs », a néanmoins prévenu Jean-Luc Mélenchon, qui limite la marge de négociation : « Pas de diminution des objectifs, pas de réduction de ce que l’on compte faire. »
Plus tôt encore, lors d’une déambulation sur le site des Amfis, le candidat a aussi averti qu’ils n’allaient « faire la quête nulle part ». « Je préfère que ce soit largement entendu, a-t-il précisé. Après l’heure, c’est plus l’heure. (…) On n’est pas en train de faire un congrès. »
Le leader insoumis semble se mettre au diapason de l’urgence exprimée par sa base. Pourtant, précise Manuel Bompard, la date de péremption de la proposition d’alliance n’arrive qu’à la fin de l’année 2026. « Ce n’est pas un coup de pression, mais nous, on veut gagner les élections, et pour ça, il faut quand même passer le plus de temps à convaincre les gens », explique-t-il. Largement le temps de s’entendre donc. Largement le temps, aussi, de se perdre en « jacassins à perte de vue », pour reprendre les mots du candidat.
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