Accusation d’opacité par les salariés, conflit avec le bailleur, « plan de relance »… le BHV-Marais demande son placement en redressement judiciaire (H.fr-28/10/26)

Le projet de relance souhaité par la direction « s’appuie sur un plan d’investissement financé notamment par des indemnités contractualisées en échange de la restitution au bailleur au printemps, de plus de la moitié du magasin ». Indemnités qui « n’ont pas été versées », est-il précisé dans un communiqué de presse. © JOEL SAGET / AFP

La direction du BHV-Marais a confirmé, mardi 27 octobre, avoir demandé son placement en redressement judiciaire. Le président du grand magasin parisien, Karl-Stéphane Cottendin, accuse le bailleur de ne pas avoir versé les indemnités dues, alors que les salariés dénoncent depuis plusieurs mois une opacité autour des comptes de l’établissement.

Par la redaction de l’Huma avec AFP

Le BHV-Marais (Paris, 4e arrondissement) demande son placement en redressement judiciaire. Face à de nombreux revers survenus ces derniers mois, le grand magasin parisien a confirmé, mardi 27 octobre, tenter de « sécuriser son plan de relance » et « préserver l’activité et l’emploi ».

L’entreprise a demandé la protection du tribunal des activités économiques de Lyon, a dit sa direction à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information du Figaro. Son président, Karl-Stéphane Cottendin, accuse le bailleur du BHV, le fonds canadien Brookfield, de ne pas avoir versé les indemnités dues en échange de la restitution de la moitié des murs du magasin.

« Brookfield dément devoir une somme au BHV »

Mandaté début septembre par Karl-Stéphane Cottendin, le cabinet d’audit EY a estimé que la dette accumulée par la SEGM BHV – la société derrire les BHV de la rue de Rivoli et du centre commercial de Parly 2 (Yvelines) – s’élevait à plus de 120 millions d’euros fin août, pour une trésorerie de moins d’1,5 million, révèle Libération. Le grand magasin a ainsi cumulé près de 100 millions d’euros de dette auprès de ses fournisseurs, dont plus de 35 millions d’euros d’impayés accumulés auprès des marques et prestataires.

De quoi laisser dire au cabinet EY que « la société était en état de cessation de paiements » au 31 août dernier. Le projet de relance souhaité par la direction « s’appuie sur un plan d’investissement financé notamment par des indemnités contractualisées en échange de la restitution au bailleur au printemps, de plus de la moitié du magasin ». Indemnités qui « n’ont pas été versées », est-il précisé dans un communiqué de presse.

Le propriétaire des murs du BHV-Marais a réfuté ces accusations : « Brookfield dément catégoriquement devoir une quelconque somme au BHV à ce jour », a fait savoir le fonds canadien dans une déclaration transmise à l’AFP. Le grand magasin fondé en 1856 restera ouvert, a précisé la direction de l’enseigne qui emploie 700 personnes, selon des chiffres de septembre.

Karl-Stéphane Cottendin a repris l’enseigne du centre de la capitale en juin mais « ce qui manque aujourd’hui à ce magasin, c’est la trésorerie qui lui est due », selon ce même communiqué. « La relance devait être lancée dès l’été avec ces fonds : réassortir, réaménager le périmètre conservé, reprendre la parole auprès des clients » mais « sans ces fonds, elle n’a pas pu l’être », a souligné la direction.

La direction a aussi tenté de se cacher derrière… « les émeutes qui ont frappé le centre de Paris ces derniers samedis, jusqu’au pillage du rez-de-chaussée du magasin » et qui « ont achevé de peser sur une trésorerie déjà contrainte ». Ainsi, « deux chantiers sont nécessaires : d’une part, les investissements de la relance, d’autre part le traitement du passif ».

Cette procédure « est, pour le BHV, le cadre de la relance, pas son échec », a encore assuré le grand magasin. Début septembre, 700 salariés du grand magasin ont lancé un mouvement de grève à l’appel d’une intersyndicale, pour exiger le départ de sa direction. Cette dernière était accusée de maintenir une opacité autour des comptes du grand magasin.

Depuis sa reprise en 2023 par la SGM, plus de la moitié de sa masse salariale a fondu tandis que son chiffre d’affaires s’est effondré de 90 %. L’inspection du travail suspecte l’établissement – revendu à perte en juin par la Société des grands magasins de Frédéric Merlin, qui exploitait le BHV-Marais depuis 2023 – d’être en cessation de paiements, ce que conteste la direction.

Source: https://www.humanite.fr/social-et-economie/bhv/accusation-dopacite-par-les-salaries-conflit-avec-le-bailleur-plan-de-relance-le-bhv-marais-demande-son-placement-en-redressement-judiciaire

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