
Au lycée de l’Harteloire, à Brest (Finistère), les élèves s’organisent. Le mouvement de protestation est présent, mais dans un calme presque exemplaire.
Par Justin PICAUD
Tables, jeux de société, hamac et repas partagé : devant le lycée de l’Harteloire, à Brest (Finistère), le blocage se déroule dans une ambiance bon enfant ce lundi 5 octobre 2026. Derrière cette atmosphère détendue, les élèves défendent leur petit lycée de centre-ville
et ses conditions d’enseignement.
Devant les grilles du lycée de l’Harteloire, les tables et les bancs ont remplacé les cartables, prêtés par la MJC. Un hamac a même été tendu à proximité. Le portail du collège reste, lui, ouvert.
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Les familles des lycéens avaient été informées dès la veille de la tenue du blocage. Certaines ont donc fait le choix de ne pas envoyer leurs enfants en cours.
Autour des tables, l’ambiance est bon enfant. Des élèves de première ont sorti les jeux de société. Quelques-uns s’attaquent à un casse-tête, les pièces passant de main en main. Ça, c’est l’emploi du temps, il est bien rempli
, plaisante l’un d’eux devant le jeu.
Il y en a qui disent que ça fait pique-nique
L’ambiance tranche avec celle observée lors d’autres blocages. Il y a d’autres lycées qui se moquent de nous, qui disent que ça fait pique-nique
, raconte Samuel Châtelet, élève de terminale.
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Mais derrière cette atmosphère détendue, les revendications sont bien présentes. Les élèves disent notamment vouloir défendre leur établissement, qu’ils estiment régulièrement menacé de fermeture ou de fusion avec la cité scolaire de l’Iroise. Ils dénoncent également des classes pouvant atteindre, selon eux, 37 élèves en terminale.
On est un petit lycée de centre-ville avec une grande diversité d’options
, défend Samuel Châtelet. Il insiste sur la proximité permise par la taille de l’établissement entre les élèves, la vie scolaire et les enseignants. Un fonctionnement qu’il juge notamment bénéfique pour la santé mentale des jeunes. Il y a moins de distance entre la vie scolaire et nous. On est un modèle.
Le mouvement n’est pas nouveau à l’Harteloire. Selon le lycéen, trois blocages avaient déjà été organisés l’année dernière.
On veille au grain
Ici, les élèves mettent aussi en avant leurs relations avec la direction. On n’a jamais eu la police qui est venue ici. On a un dialogue très facile avec la direction. Elle nous soutient. On fait ça aussi pour eux
, assure Samuel Châtelet.
Dans la matinée, CPE et quelques professeurs viennent voir comment se déroule le blocage. Une membre d’éducation CPE est également présente aux côtés des jeunes. On veille au grain
, sourit-elle.
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La mobilisation s’organise aussi pour durer. Des lycéens vendent des badges et des carnets consacrés aux droits en manifestation, collecte des dons pour financer les courses du midi : environ 75 € sont récoltés.
Un peu plus tard, plusieurs élèves reviennent devant l’établissement en poussant un caddie rempli de provisions. De quoi donner, cette fois pour de bon, quelques airs de pique-nique
à leur journée de mobilisation.
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