
La journée s’est ouverte sur une nouvelle action des lycéens, ce vendredi 2 octobre 2026. Les abords du lycée Le-Dantec ont été le théâtre d’affrontements entre des jeunes et la police, dès ce matin, à Lannion (Côtes-d’Armor). Victime d’un malaise, une lycéenne est tombée au sol sous des jets de bombes lacrymogènes des policiers, eux-mêmes ciblés par des jets de pierre. Un lycéen s’est porté à son secours et estime qu’« aujourd’hui, la situation a dégénéré d’un côté comme de l’autre ».
Par la rédaction OF de Lannion
La matinée de cette deuxième journée d’action des lycéens s’est terminée comme elle avait débuté : dans la confusion, ce vendredi 2 octobre 2026, à Lannion (Côtes-d’Armor). Ça n’a rien à voir avec jeudi, où il y avait de vraies revendications
, lâchent plusieurs lycéens. Un sentiment largement partagé : Aujourd’hui, ça a dégénéré d’un côté comme de l’autre…
, résume Lyad, 15 ans.
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Jets de pierre, lacrymo et jeune fille à terre
Élève au lycée Félix-Le-Dantec, le jeune homme s’est retrouvé au milieu d’une scène de chaos, en fin de matinée. J’observais les affrontements entre les jeunes projetant des pierres sur la police, qui répliquait en envoyant du gaz lacrymogène. Tout d’un coup, une jeune lycéenne que je ne connaissais pas s’est mise à convulser. Ses amies la soutenaient avant de la coucher au sol. Sur les conseils d’un copain, on l’a inclinée sur le côté. Sans effet.
La suite est corroborée par plusieurs témoignages : L’une de ses copines est allée au-devant des policiers, mains en l’air, pour les avertir de ce qui se passait. Ils l’ont interpellée. Et une nouvelle salve de lacrymo s’est abattue sur la foule. Y compris autour de la jeune fille toujours à terre, en train de convulser ».
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« Ça part dans tous les sens »
Voyant ses amies dans l’impossibilité de la mettre à l’abri, Lyad fend un épais nuage et se précipite sur la jeune fille victime de malaise. Je n’y voyais rien et c’était irrespirable, mais j’ai quand même foncé pour essayer de la sortir de là
, raconte modestement le lycéen, après avoir réussi à mettre l’élève à l’abri. Très vite, les secours arriveront sur place pour la prendre en charge.
Mais les faits suscitent l’incompréhension chez des jeunes, choqués
. Ils attisent la colère du groupe de manifestants envers la police, mais aussi des lycéens envers les jeunes prenant la police pour cible. Interrogée sur ce moment de fortes tensions, le commandant Pascal Olive, assure de son côté que la situation exigeait cette action. Les gens se dirigeaient de façon massive vers les policiers, vous imaginez la suite, il fallait réagir.
Concernant l’interpellation de la jeune fille, celle-ci est soupçonnée par la police d’avoir jeter des projectiles sur les forces de l’ordre.
La confusion inspire ce commentaire à Lyad et son groupe d’amis : Ça part dans tous les sens aujourd’hui. Et ça ne peut qu’empirer…
Dès 7 h 30, la proviseure du lycée avisait que le mouvement n’avait rien à voir avec celui de la veille : Aujourd’hui, je n’ai aucun interlocuteur. Les jeunes qui menaient l’action jeudi ont été débordés et déçus. En conséquence, ils ont décidé de ne pas reconduire le mouvement ce vendredi.
L’évolution de la situation a renforcé l’impression de la proviseure Pascale Le Flem : Là, il y a des gens qui ne sont pas du tout du lycée. Qu’est-ce qu’ils viennent faire là ?
Quatre blessés chez les policiers
Le mouvement a trouvé des relais ce vendredi, avec des jeunes beaucoup moins bien identifiés et surtout sans aucune revendication. Feux de poubelle et projections d’objets divers ont ponctué un début de matinée sans confrontation directe avec les forces de l’ordre.
C’est la venue d’un adulte, surgi de nulle part et muni d’un tambour, pancarte sur le dos, qui a d’abord mis le feu aux poudres en incitant les jeunes à un face-à-face avec la police, dans le courant de la matinée. Dès lors, la situation a basculé. Entre jets de pierre et lacrymo.
La situation de ce deuxième jour d’action a conduit à trois interpellations et fait au moins quatre blessés dans les rangs de la police dont une policière, victime d’un projectile
, déplore le syndicat Unsa police. Il condamne fermement ces violences
, tout en pointant le manque d’effectifs
de leurs collègues à Lannion, qui ont reçu le renfort d’au moins quinze policiers et gendarmes de Saint-Brieuc. Les événements démontrent la nécessité de disposer de forces suffisantes sur le terrain pour assurer la sécurité de tous.
Peu après 14 h 30, après avoir repoussé la foule des jeunes loin du lycée Le-Dantec, les forces de l’ordre ont annoncé se retirer. Le commandant Olive a donné l’ordre à ses hommes de rentrer au commissariat. Pour le capitaine Sicard, venu de Saint-Brieuc, la mission est terminée : Notre objectif était de reprendre le lycée Le-Dantec et de sécuriser l’établissement.
Pour autant, la ville n’en a pas forcément fini avec la colère lycéenne, qui pourrait s’enflammer à nouveau en début de semaine prochaine.
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