Blocages des lycées. 300 Trégorrois indignés aux portes du commissariat de Lannion en soutien aux lycéens (OF.fr-5/10/25)

Près de 300 Trégorrois sont venus apporter leur soutien aux parents d’élèves. « Utiliser la gazeuse comme moyen d’expression, c’est inadmissible ! » ont-ils clamé aux portes du commissariat. | OUEST-FRANCE

Par leur présence, près de 300 Trégorrois ont relayé l’« incompréhension » et « l’indignation » de parents d’élèves face aux « gazages et aux charges policières » ayant visé les lycéens, lors des manifestations aux abords du Félix-Le Dantec à Lannion (Côtes-d’Armor), jeudi 1er et vendredi 2 octobre 2026. Une manifestation de solidarité importante, venue appuyer la plainte que ces familles entendaient déposer au commissariat de police, ce lundi 5 octobre.

Par Céline MARTIN-DESILLE

Le commissariat de Lannion (Côtes-d’Armor) a-t-il déjà connu pareil rassemblement ? En tout cas, le message est sans appel. En se massant si nombreux à ses portes, ce lundi 5 octobre 2026, les Trégorrois ont relayé avec force l’indignation de parents d’élèves. Lesquels avaient fait connaître dès vendredi leur intention de déposer plainte pour mise en danger de leurs enfants.

« Une violence disproportionnée »

À 18 h, pas moins de 300 personnes ont rejoint ces familles dans leur démarche, aux grilles du commissariat. L’incompréhension est largement partagée face aux gazages et aux charges policières ayant visé les lycéens, lors des manifestations aux abords du lycée Félix-Le Dantec, jeudi 1er et vendredi 2 octobre (1). Certains jeunes ont perturbé le mouvement des lycéens mais la réaction de la police est disproportionnée. Il est hors de question de cautionner une telle violence envers les jeunes !, s’indignent unanimement parents d’élèves et simples manifestants.

C’est simple, en 35 ans d’engagement militant et de manif, j’ai jamais vu ça…, lâche un Trégorrois, lui-même père d’un lycéen. Une grenade GR56 à la main, il brandit ce qui a arraché la main d’un gamin à Lens. Et se questionne plus globalement sur la tournure des événements de la semaine dernière : On nous dit que ce sont des mômes laissés-pour-compte et déscolarisés qui ont joué les perturbateurs. Mais il faut peut-être s’interroger sur ce qui est fait, ou plutôt tout ce qui a été abandonné, en matière de prévention de la délinquance et d’accompagnement de ces jeunes…

Les Trégorrois ne manquaient pas d’inspiration… | OUEST-FRANCE

« Faire cordon sanitaire »

Devant les portes du commissariat qui restent closes, ces parents s’accordent à dire qu’ils déposeront plainte différemment : en rédigeant une lettre au procureur de la République. En guise de soutien, ils reçoivent des applaudissements nourris. Et les mots des syndicalistes trégorrois : Ça fait chaud au cœur de nous voir si nombreux ce soir !, réagit Erwan Trézéguet (CGT). Quelques heures plus tôt, lui-même et son union locale ont déposé un référé liberté contre l’arrêté préfectoral d’interdiction de rassemblement devant le lycée Le Dantec. Une restriction de la liberté de manifester et de se rassembler inacceptable.

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Face à une assemblée très en demande d’informations quant à une éventuelle mobilisation ce mardi, l’intersyndicale fait savoir qu’elle proposera une agora citoyenne de 7 h à 18 h, avec un temps fort sous forme de rassemblement à 11 h 30, sur le quai d’Aiguillon. L’idée émerge, aussi, de constituer un cordon sanitaire autour des lycéens, qui pourraient être mobilisés dès 6 h 30 aux abords de leur lycée. Il faut un maximum d’adultes pour protéger les enfants ! exhortent des militants.

À défaut d’avoir été reçus au commissariat de Lannion, ces parents adresseront une lettre au procureur de Saint-Brieuc. | OUEST-FRANCE

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« On a 17 ans et on voudrait juste être écoutés »

Mais les militants syndicaux se défendent de toute récupération : On n’a pas à dire aux jeunes ce qu’ils ont à faire. Ils n’ont pas besoin de nous pour ça !. Et pour cause : devant cette assemblée imposante, Chloé et Elouan, élèves en terminale à Le Dantec, trouvent les mots pour évoquer leur engagement. Nous condamnons tout type de violences mais en l’occurrence, il n’y a pas eu de casse au lycée et aux abords. Et pour trois ou quatre casseurs, on nous envoie la gazeuse… Alors que nous, on a 17 ans et on voudrait juste être écoutés.

Les Trégorrois ne manquaient pas d’inspiration… | OUEST-FRANCE
Les Trégorrois ne manquaient pas d’inspiration… | OUEST-FRANCE

(1) Le commandant de police a eu l’occasion d’expliquer qu’à ses yeux, l’usage de la bombe lacrymogène était nécessaire pour faire reculer les gens présents, en raison des jets de projectiles.

Source: https://www.ouest-france.fr/education/en-images-blocages-des-lycees-300-tregorrois-indignes-aux-portes-du-commissariat-de-lannion-en-soutien-aux-lyceens-1abe6c46-c0cf-11f1-bc1c-de747933f8a6

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