
Quimper (Finistère) a été, jeudi 8 octobre 2026, le théâtre d’une nouvelle mobilisation lycéenne. Les manifestants regrettent le cadrage médiatique effectué dans l’hexagone et l’absence de réponses politiques à leurs problèmes.
Par Raphaël OUPTIER
Les lycéens de Quimper (Finistère) ont poursuivi leur mobilisation, jeudi 8 octobre 2026. La ville a même été, par deux fois en l’espace d’une semaine, le théâtre d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Les élèves demandent, entre autres, la suppression de Parcoursup et de meilleures conditions d’études, grâce à davantage d’enseignants et des classes plus réduites, entre autres requêtes. Devant les lycées quimpérois, certains regrettent l’angle choisi par les médias. On entend beaucoup parler des poubelles qui brûlent, mais on ne parle pas assez des victimes
, lancent Lélia et Félix.
Beaucoup ont le sentiment que leurs doléances sont effacées par ces images marquantes et la communication gouvernementale. Une télé est venue pendant le blocus. Dans leur sujet, ils n’ont parlé que de l’Agora. Pas de nos revendications
, s’agacent les lycéens. L’Agora est une consultation en ligne organisée par le ministère de l’Éducation nationale, afin de permettre aux lycéens d’exprimer [leurs] attentes, [leurs] difficultés et [leurs] propositions
, indique-t-il. Pourtant, nos revendications sont claires, répondent Lélia et Félix. Ils nous prennent pour des enfants. Sauf quand il faut nous envoyer les CRS nous taper dessus. Là, ça va, on est des adultes
.
« Il faut continuer, ne pas s’essouffler »
La déclaration effectuée par le Premier Ministre la veille ne calme pas la colère. En tout cas, pas celle de Lyna, 18 ans, et de sa mère, Marina. Venues s’engager en famille, elles regrettent l’absence de réponse
du gouvernement. Je suis en accord avec les principes et les valeurs des jeunes
, indique Marina. Au niveau local également, toutes les deux regrettent l’absence de solutions. Mardi, notre délégation a été reçue par la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale. Ils les ont juste gardés deux heures, le temps que le mouvement se dissipe, abonde Lélia. Ils ont dit qu’ils nous entendaient, qu’ils nous écoutaient, mais c’est faux
. Nous sommes également déçus que la maire de Quimper ne s’exprime pas sur le sujet
, souffle un autre élève.
J’ai l’impression que les mouvements pacifiques ne servent à rien
, acquiesce Félix. Il y a une colère qui n’arrête pas d’enfler
, confirme Lélia. À Quimper, beaucoup souhaitent une poursuite du mouvement. C’est historique ! Il faut continuer, ne pas s’essouffler
, assure Lélia. Une nouvelle journée d’action est d’ores et déjà prévue lundi.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=110385&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
